le maître est là, et il t’appelle : je me retourne, il n’y a pourtant personne que moi.
il t’appelle et la porte est fermée. je frappe, j’entends le vide qu’il fait à l’intérieur, et puis beaucoup de silence.
le maître t’appelle encore : quand on viendra répondre présent, il répétera le nom, dans tout le vide qui s’est bâti depuis le temps qu’il lance ton nom, ton nom qui lui revient dans le vent, qui a fini par creuser ce lieu de toutes nos absences.
il faudrait peut-être croire en (…)
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_Journal | contretemps
Articles
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le maître est là (et il t’appelle)
2 septembre 2012, par arnaud maïsetti -
Marseille est une ville impossible
8 janvier 2016, par arnaud maïsettiMarseille est une ville impossible. Ils lèvent cette ville comme du ciel. Par pelletées de nuages et en écrivant sur tous les murs des lettres dans le désordre. La mer touche un peu de la montagne, ou est-ce l’inverse ? Il y a des routes qui longent des routes, et plusieurs centres que rien ne relie. Il y a ce type près d’ici, tout près de l’endroit où je prendrai l’image de cette grue par-dessus l’arbre qui retient les dernières feuilles de l’automne, au cœur de l’hiver, ce type qui dort (…)
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terrifiance
17 août 2011, par arnaud maïsettiFear Of Flying (The Auteurs, ’After Murder Park’, 1995)
You may be wary of ghosts of the past / Sexless and incorrigible in the dark / They’re making an ariel map of abuse / All of the a-roads leading to home
Et en même temps le regard de Minos, Éaque et Rhadamante (regard dans lequel je plongeai mon âme dépouillée, comme dans un inconnu où plus rien ne la protégeait) me fut jeté sévèrement par des messieurs qui, peu versés peut-être dans l’art de « recevoir », portaient le titre de « (…) -
quel passeur – pour quelles rives ?
14 août 2011, par arnaud maïsettiApres Moi (Regina Spektor, ‘Begin To Hope Rock’)
Be afraid of the lame / They’ll inherit your legs / Be afraid of the old / They’ll inherit your soul
XLII And they are gone : ay, ages long ago These lovers fled away into the storm. That night the Baron dreamt of many a woe, And all his warrior-guests, with shade and form Of witch, and demon, and large coffin-worm, Were long be-nightmar’d. Angela the old Died palsy-twitch’d, with meagre face deform ; The Beadsman, after thousand aves (…) -
chemin de cairns
23 août 2011, par arnaud maïsettiSea Of Love (Cat Power)
Celui qui peint l’amer au front des plus hauts caps, Celui qui marque d’une croix blanche la face des ré Saint-John Perse (Amer)
Sur les champs des cairns, les directions multiples. Mais sur le sol, pas de chemin. Et de l’autre côté de la ligne de crête, l’horizon n’est que du ciel, éparpillé. C’est le temps incertain, celui des nouveaux projets, des rentrées par centaines, des routes qui s’ouvrent. Comment s’orienter.
Amer, c’est le long de la côte le sommet (…) -
est serment
15 décembre 2018, par arnaud maïsetti15 décembre 2018
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en coup de vent
23 novembre 2010, par arnaud maïsettiIdiot Wind (Bob Dylan, ’Blood on the Tracks’ (NY Sessions), 1975)
La chaussée est très large, en sorte Que l’eau jaune comme une morte Dévale ample et sans nuls espoirs De rien refléter que la brume, Même alors que l’aurore allume Les cottages jaunes et noirs. P. Verlaine (Romances sans paroles, ’Streets’)
J’aurais passé moins d’une révolution de soleil à Paris — pied posé sur la grande ville un peu avant midi, et à six heures du matin le lendemain, j’étais parti : j’aurais vu le (…) -
De Cerisy à Tours, sans passer par ici
24 mai 2018, par arnaud maïsetti(vo-ia-j’ ; quelques-uns disent voi-iaj’ ; au XVIIe siècle, plusieurs prononçaient veage, ce qui est condamné par Vaugelas et par Chifflet, Gramm. p. 201) s. m. 1.Chemin qu’on fait pour aller d’un lieu à un autre lieu qui est éloigné. 2. Terme de marine. Campagne, navigation plus ou moins longue. 3. Relation des événements d’un voyage (on met une majuscule). Ces Voyages sont fort intéressants à lire. 4. Allée et venue d’un lieu à un autre. 5. Course, commission d’un homme de peine. (…)
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Paris, le froid et l’exil
26 novembre 2015, par arnaud maïsettiC’est le froid soudain. L’entrée dans une saison qu’on sait déjà infinie, celle de la nuit dès cinq heures, des manteaux lourds, de la neige bientôt et des cafés brûlants, de la guerre et des raisons qu’on nous trouvera pour l’accepter, du cadavre du premier homme tombé dehors dans la rue, de l’annonce à la radio du premier mort de froid, de son nom qui restera inconnu, c’est la ville quand elle rentre chez elle et qu’elle allume les lumières dans son ventre, et que le dernier ferme la (…)
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Paris, sur certains reflets (Rimbaud et ses chutes)
14 août 2013, par arnaud maïsettiCe qu’on est, c’est ce qu’on pense involontairement, et qui nous guide au moment où nous nous croyions perdus. Pensées-oiseaux.
Georges Perros
Vivre dehors, du lever au coucher du soleil. Le matin, assis à la même table chaque matin, savoir par habitude où le soleil vient se poser sur soi, à partir de quelle heure il disparaît derrière l’immeuble, et quand il va revenir. Les serveurs me chassent à midi. Le temps est compté.
C’est une forme de rite. J’avais fini par trouver la semaine (…) -
le point de sursaut et d’éveil
20 mars 2019, par arnaud maïsetti20 mars 2019
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recommencer, rétablir le contact entre nos devenirs
9 septembre 2019, par arnaud maïsetti9 septembre 2019
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l’envers du deuil
14 septembre 2019, par arnaud maïsetti15 septembre 2019
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Hors jeu_
Jean Prod’hom
7 mai 2010, par arnaud maïsettiAve Verum Corpus, Lodovico da Viadana ("Missa solemnis pro defunctis") Il ouvre les yeux sur un jour sans attrait. Alors il baisse les paupières qu’il glisse sous l’oreiller et il se terre. Forclos, rideaux tirés, chassé dès le réveil, c’est clair il n’en sortira pas. L’éprouver et le dire n’y change rien, la lumière insiste, il remue à peine, incapable d’en appeler au courage. Ce matin le jour est fané.
On devra se rendre à l’évidence, aucune transaction n’écartera le soleil de sa course, (…) -
des lieux comme des secrets
20 juin 2017, par arnaud maïsetti20 juin 2017
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impossible en passant
11 mai 2014, par arnaud maïsettiCes flèches qui désignent sur les pancartes que personne ne lit plus des hauteurs inimaginables — pancartes dévorées par les herbes, dévorées par le ciel ; impossible en passant de ne pas, suivant l’ordre de la flèche, lever la tête, et le centre-ville ainsi pointée, c’est la lune entre deux arbres qu’on trouve, voilée, la lune qui tourne et tourne encore.
La ville, on y est déjà, on y est toujours — l’accès y est contrôlé, les flèches latéralisent les expériences, forment comme une (…) -
trois images du temps
11 mai 2016, par arnaud maïsetti11 mai 2016
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histoire de lignes
7 mars 2010, par arnaud maïsettiJ’ai fini par me rendre sur la ville de l’autre côté de la rive, par dessus le fleuve noir, passé par le pont qui surmonte ces emblavures de courant agité sur la base des colonnes — aurais aimé avoir été chargé de ces trois derniers jours comme d’un sac, et combien j’aurais donné pour le laisser glisser de mes épaules et le voir tomber, là, en bas.
Dans ce sac, il y aurait les pages impossibles à écrire, à lire, sans se brûler. Il y aurait la vie comme de la peau morte mais encore sous les (…) -
le fleuve continue de passer (dans l’éloignement)
10 février 2013, par arnaud maïsettiet derrière l’église saint-nicolas, ou est-ce le temple (les masques de théâtre, ce matin-là) : strasbourg de l’autre côté de l’Ill, moi de part & d’autre de ce passé et de son devenir (les voix passent encore en moi et s’éloignent)
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où sommes nous
17 janvier 2019, par arnaud maïsetti17 janvier 2019
