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William Blake | « Londres »
mardi 24 mars 2026

Traduction personnelle des Chants d’innocence et d’expérience
— ici le sommaire des poèmes
— là les carnets de la traduction
Un homme traverse le Londres de 1794, dont chaque rue et chaque fleuve ont été concédés au pouvoir marchand. Blake fait tenir ensemble la vision prophétique et le constat cru : les ramoneurs sont des enfants, les soldats meurent pour le Palais, la syphilis circule du bordel au berceau. Allégorie, symbole et description à nu — tout à hauteur d’épaule du désastre.
LONDON
I wander thro’ each charter’d street,
Near where the charter’d Thames does flow.
And mark in every face I meet
Marks of weakness, marks of woe.
Près d’où coule la Tamise franchisée,
Et marque chaque visage rencontré
Des marques de faiblesse, des marques de pitié.
In every cry of every Man,
In every Infants cry of fear,
In every voice : in every ban,
The mind-forg’d manacles I hear
Dans chaque cri apeuré de nouveau né,
Dans chaque voix : dans chaque loi,
J’entends les fers que forge la pensée,
How the Chimney-sweepers cry
Every blackning Church appalls,
And the hapless Soldiers sigh
Runs in blood down Palace walls
Fait pâlir de nuit chaque église,
Et le soupir des soldats abandonnés
Ruisselle en sang sur les murs du Palais.
But most thro’ midnight streets I hear
How the youthful Harlots curse
Blasts the new-born Infants tear
And blights with plagues the Marriage hearse.
Comment l’insulte maudite de la jeune putain
Dessèche la larme du nouveau-né,
Et flétrit de pestes le corbillard du mariage.
