Contre | performance, vers l’homme (François Bon, Philippe De Jonckheere, Dominique Pifarély)
27 avril 2013



c’était ce soir, à la médiathèque de Suresnes, organisé par Julien Pauthe, dans ces lieux qu’on n’imagine pas : vaste salle pour accueillir des murs et sur eux, des images grandes comme eux, et du son fort pour n’entendre que lui, dans le noir, tout prêt à recevoir les mots qui se lancent sur les murs et sur le son, on les entendra aussi.

c’est trois corps devant soi, l’un avec ses mains sur l’ordinateur (trois) lance les images sur ces murs, l’autre avec ses doigts sur les cordes, tire les sons d’un manche de bois, et les accords justes comme des cris, et comme des chants à plusieurs gorges poussés, et le troisième, c’est de sa voix nue (et de tout l’élan du corps) : les trois, c’est appuyé sur l’instrument des deux autres qu’ils cheminent, et cela une heure, un peu plus.

c’est contre, des textes de Philippe De Jonckheer adossés à ce mot, contre, qui permet qu’on se redresse dans l’ordre figé du réel, ou contraint d’une vie qu’on refuse parce que, et c’est donc l’élan vital qui donne naissance à une autre vie, une puissance de conversion, essentielle : c’est ce que j’ai entendu, c’était juste devant moi. Il y avait des textes de François Bon, et ce final, époustouflant, en route vers l’homme de Michaux, sa dignité exemplaire par laquelle nous a été rendu la force des choses de nouveau vives.

Il y avait sur tout cela, la musique de Dominique Pifarély qui à présent nous relie.

contre, c’était ce soir, et dans l’amitié aussi (les regards ajustés des trois, devant nous, comme pour aller ensemble, à leur inconnu qu’ils partageaient, et dont ils nous confiaient aussi une part, la nôtre). Le mur d’images, leur vertige fixé ; le mur de la musique, tendu comme un rideau déchiré ; le mur de la voix, souffle scandé dressé découpé dans la matière même de tout ce qui en constitue le vif : nous, devant, comme dedans cela, et enveloppés.

Et ces mots sur les rêves : la discipline du rêve (contre, c’est écrire ses rêves tous les matins), les cadrages du rêve, le refus de noter ses rêves certains matins (contre, c’est être contre aussi la raison d’être contre)

Ci-dessous, des images volées, au désordre majestueux du lieu, au livre tiers dicté sous la pression d’un doigt, au tracé provisoire des cordes qui de cordes en cordes dansaient les contreventements de ces phrases – à la fin, l’image s’absorbe dans l’image, il faut l’imaginer dans le bruit, dans la colère, dans le sursaut des bêtes sauvages aux inclinations tumultueuses, vers l’homme.
















arnaud maïsetti - 27 avril 2013

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