Grenoble | NoWayOut
17 mai 2013



c’était encore des départs, sous des hangars bordés d’aucun fleuve

et à l’arrivée, la même gare, seulement la nuit disait : c’est une autre

la chambre sans fenêtre, sans bureau, comme une cabine de bateau (mais là encore, la mer nulle part ne venait battre)

au matin, cerné de partout : la montagne

les abris-bus en forme d’abri-bus, perplexe

et l’attente dans la fac, une allégorie


sur le campus, des passerelles là depuis mille ans, qui tenaient de tout l’ennui qui les avait inventées


j’ai cherché l’arbre rouge qui est au centre de chaque jardin quand on attend quelque chose si lent à venir, et je l’ai trouvé, au-dessus du banc, du seul banc du monde

le plan était clair, c’était par là, si on voulait mieux comprendre la situation

il suffisait de suivre la route (il n’y en avait qu’une)


et les lignes qui reliaient les montagnes

NoWAyOut (traduire : sens unique ? non, sens dans tous les sens, et sur les murs surtout, apprendre la ville par les noms qui s’y écrivent et la nomment)




du petit berger et de sa brebis morte, faire le tour avec tendresse, comprendre comme la vie ne cesse de s’y éteindre et de se raviver (c’est notre marche qui la maintient en vie), danser avec lui la mélancolie

des rues étroites comme pour mieux lever les immeubles de couleurs hautes, sous le ciel bas


et qui s’enfoncent loin


no way, no way, no way out


à droite, l’enfance à bout de bras


puis à gauche, l’enfance grandie soudain, qui marche (mais la poussette au cas où)

enfin, l’enfance oubliée, d’un garçon assis sur les marches à la recherche de sa disparition

le théâtre face à l’église, et de part et d’autre, le sacré veillé par les arbres

gudule, au poids

j’ai oublié le nom des montagnes, elles en ont toutes un, magnifiques

ce pont qui ressemble à tous les ponts, qui est unique

et cette vue sur Bayonne qui ressemble à celle de Grenoble

les rayures avant la pluie qui va tomber plus fort que nous


la lumière, plaque sensible du ciel, d’une ville qui allait s’effacer sous mes yeux en pleurs (je ne pleurais pas)

la vieille ville, ses rides, ses mains coupées, son dos courbé

ses symboles de fleuve, qu’un serpent désigne l’ancien courant, et le lion, domptant les ruisseaux, l’emporte

libre expression, oui, mais de quoi

le très fameux système jouvin, connu de tous

grandes crues, lacrimosa

oui, si libre

non, jamais trop


arnaud maïsetti - 17 mai 2013

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