les notes que je m’adresse (mes cimetières)
13 juin 2013




Dans la fuite, terrible, du temps entre mes doigts, juste une heure entre deux heures (et connexion minuscule dans ce café, j’écris cela entre deux coupures : image parfaite du jour : je ne sais donc pas si j’arriverai au bout de cette note jetée là) où prendre part sans rien y comprendre à l’organisation sociale du réel (et la tentation du retrait, grande, dans le cheminement), reprendre les courtes notes déposées en passant depuis trois semaines sur le bloc-mémo de mon téléphone : notes que je m’adresse pour plus tard [1], ce plus tard qui n’est jamais venu (ou que je n’ai pas vu passé), notes qui m’apparaissent désormais pour la plupart illisibles (sauf celle avec la date limite que j’ai, évidemment, dépassée) ; notes qui auraient pu donner lieu à tout, et par exemple à cela : d’être recopiées dans un coin de mes carnets sans logique (et sans ordre) – comme des bocaux de formol avec ces corps à peine nés, qui flottent, et qu’on regarde comme on s’observe à distance des âges : soi-même vivant tandis qu’on ne l’était pas encore, des cimetières d’enfance.

- le père à son fils, dans l’avion, derrière moi, qui commente le vol. Il explique le mur du son, mach un mach deux mach trois : "c’est tellement vite que si l’avion parlait, le mot à peine dit resterait derrière lui."

- mon rêve récurrent : celui qui assemble en lui TOUTES les cartes du tarot

- le clochard (céleste) au milieu de la place : il tend une branche de bois et autour une petite foule de touristes amassée, des passants qui s’ennuient, ou sont en avance, lui est magnifique et hurle en anglais, il y a du vent, je n’entends pas tout : "in dutsch, it’s called [xxx], in english, it’s called [xxx], in french, they said : BÂTON DU PEUPLE"

- ce qu’on appelle "peindre à l’essence" (Vang Gogh) – et écrire à l’essence ?

- impôts sur le revenu : avant le 09 juin.

- avant (bien avant) souffrir par le corps et se sauver par la jouissance de la pensée ; maintenant (la jeunesse de nos villes), tout faire pour jouir par le corps, et comme la pensée les accable. (le pessimisme de la raison, l’optimisme de la volonté)

- 18-46

- Jean Mermoz

- les cheveux ne sont pas blancs, il sont noirs mais notre vue faiblit

- rue de l’épée de bois (vite)

- Lettre aux Éphésiens, 5, 22-24 (l’horreur)

- La défense, bus 144 : l’enfant au chat, les mots qu’elle lui disait.

- le café Paris-Orléans, le tableau au mur, l’homme de dos qui voit un train entrer en gare, mais sur l’autre quai, et au loin, une femme en rouge entourée de deux hommes ; au loin, qui avance vers le train, un jeune homme. Chercher qui je suis sur l’image. Le train peut-être. (Non, la verrière) (je ne sais pas, je ne sais vraiment pas).


arnaud maïsetti - 13 juin 2013

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[1choses vues, idées venues en passant, idées volées, idées volantes, fictions, références, liste de course, le tout venant du réel que je m’applique à saisir pour m’en dessaisir, faire provisions de tout, feu de tout, vent de tout

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