Du corps
13 avril 2009




photographies de la lecture du journal contretemps _Bagnolet, février 09,
par Pierre Coutelle


Revenu vendredi soir de la lecture à Mycroft, rédiger avant-hier quelques notes sur ce que j’y avais entendu : y revenir ce soir, à la faveur de ces quelques photographies de Pierre Coutelle adressées aujourd’hui)


Devant quoi l’on se tient : on ne sait pas ; et sur quoi l’on repose — ce qui sous les pieds est mouvant et tremblant mais qui fait tenir le monde. À partir de quoi on parle, un peu d’air, et dans le ventre, le corps creusé par ce qui s’expulse.

Vers quoi on parle — de l’adresse comme projet, comme possibilité recommencée : de la question de l’adresse comme nécessaire à la mise en tension de soi, de la langue (comme du flux : comme d’une prise magnétique, électrique sur les choses - liaison violente, le point de folie qu’on touche, qu’on cherche).

Et ce que l’on dit : combien l’espace reconfigure tel texte — combien l’agencement envisage différemment la phrase, et ce qui se dit remodèle peu à peu sa place au milieu du réel (ou entre lui : l’intercepte, intercepte ses éléments plus lents, plus solides)

Pour soi : de la respiration tenue, d’une seule haleine, une seule respiration posée — ce qu’on essaie de chercher, ce qu’on fabrique dans le noir de ce noir qui se sécrète : des contours qu’on arrache aux silhouettes devant soi posées qui écoutent (aux autres en soi qui hurlent) : un peu de ce silence qu’on échange, monnaie de passage.


arnaud maïsetti - 13 avril 2009

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