Nijinski | « vers une étoile qui ne m’a pas dit bonsoir »
29 janvier 2014




Nijinski, Carnets, p. 58 - 59


Parti un soir faire une promenade en montagne, je m’arrêtai sur le Mont Sinaï. Il faisait froid, je m’étais éloigné. Alors hâtivement sentant que c’était indispensable, je me suis agenouillé.

Je sentais aussi qu’il me fallait mettre la main sur la neige, tout de suite. J’éprouve aussitôt une douleur qui me fait crier et je retire la main. Mon regard se porte vers une étoile qui ne m’a pas dit bonsoir. Elle me refusait ses scintillations.

Pris de peur je veux m’enfuir, mais retenu par mes genoux qui s’enfoncent dans la neige, je me mets à crier : personne n’entend mes cris, personne ne vient à mon secours.

En général, je trouve de l’agrément aux promenades mais celle-ci ne m’apporte que de la terreur car je ne parviens pas à découvrir la raison de mon impuissance et n’arrive pas à me dépêtrer.

Des minutes passent, je me retourne enfin et j’aperçois une maison aux volets fermés, et puis une autre un peu plus loin dont le toit est recouvert de neige.

À nouveau la peur me saisit – et de ma voix la plus aiguë je crie : « Mort ! » Un peu de chaleur qui monte alors en moi me réconforte, je réussis à me redresser et je marche vers la maison.


arnaud maïsetti - 29 janvier 2014

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