Friedrich von Schiller | Colomb, « toujours au couchant »
6 février 2014





Friedrich Schiller

KOLOMBUS

Steure, mutiger Segler ! Es mag der Witz dich verhöhnen,

Und der Schiffer am Steur senken die lässige Hand.
Immer, immer nach West ! Dort muß die Küste sich zeigen,
Liegt sie doch deutlich und liegt schimmernd vor deinem Verstand.
Traue dem leitenden Gott und folge dem schweigenden Weltmeer,
Wär sie noch nicht, sie stieg’ jetzt aus den Fluten empor.
Mit dem Genius steht die Natur in ewigem Bunde,
Was der eine verspricht, leistet die andre gewiß.



Traduction de Gérard de Nerval

COLOMB

COURAGE, brave navigateur ! La raillerie peut attaquer tes espérances, les bras de tes marins peuvent tomber de fatigue… Va toujours ! toujours au couchant ! Ce rivage que tu as deviné, il t’apparaîtra bientôt dans toute sa splendeur. Mets ta confiance dans le Dieu qui te guide, et avance sans crainte sur cette mer immense et silencieuse. — Si ce monde n’existe pas, il va jaillir des flots exprès pour toi, car il est un lien éternel entre la nature et le génie, qui fait que l’une tient toujours ce que l’autre promet.



Traduction de X. Marmier, 1854

COLOMB.

Vogue, courageux navigateur ! qu’importe que les critiques te raillent et que le gouvernail échappe à la main fatiguée du pilote ? Marche, marche vers l’occident ! c’est là que le rivage doit apparaître ! c’est là qu’il se montre déjà clairement à ton intelligence ! Fie-toi au Dieu qui te conduit, poursuis ta course sur l’Océan silencieux. Si le rivage n’était pas là, il surgirait du sein des ondes. La nature est alliée au génie par un pacte éternel : ce que le génie promet, la nature l’accomplit toujours.



arnaud maïsetti - 6 février 2014

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