Amor fati (changer le passé)
10 février 2014




Le vent immense, dont je mesure la force aux arbres sur les routes, arrachées, éparpillées.

La pluie si forte en torrents minuscules pentes sur les routes, qui dévalent ; j’attends à l’abri-bus qu’elle se calme, elle redouble, je sors alors et pendant une demi-heure affronte le déluge (je suis vaincu), je rejoins la salle où pendant six heures je parlerai de Quai Ouest, quand j’arrive la pluie cesse.

La phrase de l’étudiante dans son dossier : Changer le passé.

Rentrer, sans voix dans la gorge épuisée, par le chemin qu’indique le téléphone par l’itinéraire automatique : découvrir des routes inconnues dans cette ville qui ne l’est déjà plus : quand on emprunte tous les matins et tous les soirs les mêmes trajets, on l’épuise vite ; ce sont là cependant des murs vierges, où je m’enfonce.

Sur le sol une ombre gigantesque répandue à mes pieds qui recule à mesure que j’avance, dans ma nuque un souffle, je presse alors le pas, l’ombre toujours là, qui semble s’approcher puis s’éloigner, je presse davantage, cours, cours ; c’est la mienne, et le vent.

Avoir prolongé l’hébergement du site il y a trois jours ; recevoir un message disant qu’il expire demain.

La voix du maire de cette ville qui a vu une montagne s’effondrer sur un train qui passait là toutes les trois heures : c’est simplement le destin

Cette chanson de Damien Rice dans les oreilles ce soir (Rootless Tree)

Une phrase dans le dossier d’une étudiante : Changer le passé.

Écrire ici une première fois un texte et le perdre entièrement en raison d’une coupure de connexion. Le sentiment d’avoir tout perdu ; tout réécrire — chasser le fantôme du texte premier, ne jamais le trouver, sauf l’inconsolable perte qui a permis de réécrire.


arnaud maïsetti - 10 février 2014

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