comment respirent le ciel et le sable
6 avril 2014




Le désert, c’est le vide avec sa poussière. Au cœur de cet univers pulvérisé, dans son absence intolérable, seul le vide conserve sa présence ; non plus comme vide, mais comme respiration du ciel et du sable.

Jabès

si dans cette chair bouleversée qui est pourtant dans la continuité d’une vie singulière, je peux croire encore au ciel (vide), c’est à cause de la route — et du bouleversement à traverser, de la continuité à chercher, de la vie peut-être à inventer, je cherche les signes : elle est dans ma chair, peut-être — l’interruption pour chercher les reliances —, et dans celle d’un monde en lequel je voudrais me confondre.

je ne trouve aucune correspondance pour nommer la couleur de cette blessure. L’accepter.

Écrire sur du sable — on écrit toujours sur du sable. Mais parfois on l’oublie. Maintenant que je ne l’oublierai plus, maintenant que j’écris vraiment sur du sable (que derrière l’épaule, dans le prolongement de mon bras, aucun visage), le geste évidemment de mes doigts dans la terre pour dessiner les visages, je le trace pour la raison de la terre, parce qu’étendue devant moi, je ne lui connais pas d’autres usages — ou plutôt, la savoir étendue devant moi appelle à ce geste, pour en poursuivre le mouvement rond qui l’achève sans cesse.

Ce qui efface les visages dans le sable — au milieu de ces barres d’immeuble, rue andré gide, le sol est jonché de cendres roses. Je lève la tête pour recevoir le signe adressé dans le silence.


arnaud maïsetti - 6 avril 2014

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