quelle boussole
19 avril 2014




imaginez un brin d’herbe qui pousse par le milieu…
(Kafka)

Le site est ma boussole ; non pas vers le nord, mais l’ouest (et cette phrase de Christiane Singer : dans une perte totale, tu touches ce qu’est ton être véritable).

L’adresse est folle, folle de folie, douce aussi — à la dispersion les cendres, être une part du vent ; et puisque le jour doit s’écrire comme le vent, être cela qui jette dans le vent soi-même, plein ouest toujours.

des herbes folles poussées en sagesse sur le sol dans les villes qu’on ne piétine pas assez ; des mots comme ton corps qui repose, des mots qui ne disent pas assez ce que tu n’es pas, ce que je ne suis pas encore ; un site comme des herbes poussées toujours, et imagine qu’au milieu de ton corps, c’est là qu’est ton corps premier, là qu’il prend naissance, et que l’aube se lèverait, se lèvera puisqu’elle s’est levée en toi dans le désir de la voir se lever, à l’ouest.

le monde ouvert en deux comme sur les anciennes cartes, un fruit plein de sa propre soif, ou deux mains à plats, qu’il s’agirait de saisir pour nommer les noms et des mers, et des terres et du ciel qui est dans tes yeux quand tu te penches pour le voir et en nommer la force d’aller (et de lier les sacrés des jours, avec ceux des ailleurs qui se passeront de mots, et de site et de boussole, puisqu’ils seront sous tes pas la poussière emportée par la fatigue toujours repoussée de tes pas).


arnaud maïsetti - 19 avril 2014

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