travelling Marseille – longer la mer sans la voir
2 avril 2015





Série Les Visions Continues : films, dans le défilement du dehors
— sommaire de la série


Depuis Aix, la route plonge dans le cœur de la ville – sortie d’autoroute près du centre, aberration qui ne fait plus sursauter, seulement un tremblement à se dire que les collines ici ont été rasées, on les voit de part et d’autre de la route (et aujourd’hui, on creuse sous la ville pour passer de l’autre côté, l’histoire ne nous jugera pas).

À gauche, la pleine terre ; à droite, la mer qui vient battre tout près du port industriel, et du nouveau quartier d’affaires : skyline neuve dressée au-dessus des vieilles maisons à deux étages qui bordent l’autoroute, puis les immeubles qui grandissent, dans l’anarchie d’un plan sans ordre ; enfin face à soi, Notre-Dame, mais loin, et comme en surplomb de toute cette lumière.

Mais on ne verra qu’à peine la mer ; et par moment, le premier plan des bordures de la route, les tags, les maisons fracassés, à demi abandonnés (elles ne le sont pas), viennent sauter au visage ; et puis revient la tour au loin au pied des vagues, immobiles, et c’est comme si on tournait autour pour rejoindre ce point où on ne la verra plus.

Trajet fait mille fois, cette année passée – et jamais sans regarder le long de cette dernière ligne droite vers la gare, la mer qui vient battre aux flancs de la ville, et comme si la longer serait en partie intercepter son courant.

Sur tout cela, l’indifférence des vagues.


arnaud maïsetti - 2 avril 2015

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