arnaud maïsetti | carnets

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III.

vendredi 24 septembre 2004


jetée

dans un fleuve à 16 ans encore vierge de caresses je crois voir une question posée à travers les mots qui cerne l’évidence de son acte et mes yeux impuissants alors en retard d’un siècle se pose sur le souvenir de sa peau transparente qu’aucun homme n’a traversée et qui a vu chaque nuit passée devant elle dans l’attente qu’un soir une parmi ces nuits s’arrêterait pour déposer sur ses draps un jeune et beau garçon d’au moins une fois sa taille et qui la prendrait dans ses mains dans ses bras dans son corps dans son haleine dans ses jambes imprégnés de sueurs et de larmes et de sang coulés sous son ventre oh rien qu’une fois une dernière fois vécue comme une première à l’étouffée rejouée dans le désir happé des corps à corps embaumé de cris haletants appelant la nuit l’implorant de ne pas passer pour une fois une première fois une dernière fois

je pense tout à coup à ses mains elle pour qui rien ne demeure en moi qu’une voix cassée et douce souffle sur les braises humides de mes enfances.


IV.