Vietnam #3 | dans les hauteurs des Hmongs
30 octobre 2015




7 octobre.
Entre Xã San Sá Hõ, Xã Lao Chái et Thį Trãn Sa Pa. .

Le pays des Hmongs. Ceux qu’on nomme ici ethnies minoritaires et qui sont là majoritaires. Ici, au cœur de ces réserves, ils vivent dans une protection qui les maintient en ces minorités sans âge et sans privilège. Ils puisent dans la terre entre le ciel et les fleuves de quoi vivre depuis des siècles et teindre leurs vêtements de noir avec les plantes. On croise des animaux sauvages sortis des légendes les plus naïves. On voit rarement des hommes : on dit qu’ils sont en forêt, loin, abattre des arbres et des animaux plus sauvages encore. La main de l’homme, on la voit partout dans les terrasses sculptées à flanc de montagne : terrasses qu’une pluie suffit à féconder. Ces jours-ci, le riz vient d’être coupé, ne reste que la paille qu’on brûle. Sur chaque photo, il faut imaginer l’odeur de la paille brûlée. Le guide soudain lève la main et désigne un point dans la montagne, il prononce quelques syllabes : c’est le nom d’un village. Quelques maisons de bois et de tôle suffisent pour cela. Parfois des formes bougent à la surface de la montagne : ce sont des femmes qui battent la paille. Parfois des cris qui se rapprochent : des enfants qui rentrent de l’école à toute heure. Il n’y a pas que ces enfants, il y aussi le ciel qui se rapproche à mesure de la marche. Sous les pieds au loin, des ponts gigantesques et la vallée qui fraie. Des torrents ou des routes. Et l’odeur de paille brûlée.


la main de l’homme, sa caresse




















la trace et le signe



seuls les tigres et les enfants savent les mener




le nom du torrent portait celui de la frontière




battre la terre tant qu’elle est là





l’école du peuple apprend au peuple sa docilité




institutrices sur le champ de bataille


l’école buissonnière : fusil à la main


dans les cris de joie, qui s’approchent et s’éloignent





changer le torrent et la paille et l’herbe en vêtement noir




des feux


rouge ici aussi


c’est la récréation


des missionnaires perdus jusque là ont voulu dressé la statue de leur perte et de leur perdition, pour le salut des âmes et le repos des corps




aucun chemin ne mène ici, mais tous en repartent


une parabole



dernier pont ; ou la tâche des pêcheurs








de Sa Pa, le montagne gravie, franchie, traversée






arnaud maïsetti - 30 octobre 2015

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