Hong Kong #1 | la Ville Monde d’en haut
8 décembre 2015



14 octobre
Hong Kong.

Que le Vietnam paraît loin. L’aéroport est un sas démesuré. Puis l’hôtel la nuit. Le matin, il faut prendre la mesure de la situation. La ville est invisible quand on est entre elle, lâché au milieu de la pierre et de l’acier. Ici, la densité de gratte-ciels est telle que le ciel lacéré part en lambeaux de brume. Sur les hauteurs de Victoria Peak, la ville est à nos pieds, jaillissante. Ici, le « Port aux Parfums » n’a l’odeur que des arbres en hauteur. Impossible de tout voir, le regard coulisse sur la mer et s’arrête sur les pics fragiles des quartiers au nord. Impossible de tout comprendre. Impossible d’admettre que c’est une ville : impossible de ne pas reconnaître que c’est là, peut-être, l’image ultime, parfaite dans sa réalisation anarchique, précise dans l’arbitraire de ses courbes, de la Ville. Image réelle de la ville des civilisations d’occident, au point le plus oriental du monde. Hong Kong, ce rêve d’ailleurs qui fiche les herses de l’ici et maintenant, flèche plantée là en mille flèches et qui cherchent à s’étendre seulement comme de l’herbe, en poussant par le milieu. Il faut regarder lentement le monde se lever vers nous, et imaginer le bruit infernal des mouvements invisibles qui partout s’enfuient et convergent.
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arnaud maïsetti - 8 décembre 2015

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