La Ville écrite | like
24 juillet 2016


Nos contemporains explorent la ville en chassant des animaux invisibles sur leurs téléphones : les Historiens du Futur nous regarderont avec tendresse. Autour de nous, ils chassent dans les recoins infinis du monde le vide qui manque au réel. Les Historiens n’auront peut-être pas de mot, cacheront la vérité à leur propre contemporain. Nos semblables, nos frère en humanité courent par les villes et les champs pour emprisonner des bestioles virtuelles. Les Historiens pleureront peut-être de dépit. Un jour, ils découvriront ces inscriptions sur les parois de nos villes : l’inscription qui aura fini par dater ce moment où tout avait basculé.

Les LIKE qu’on s’adressait par écran interposé, on avait fini par les déposer directement sur les murs de la ville.

C’était une énigme : est-ce que c’était comme sur le réseau : l’acquiescement intransitif ; le salut ; la pensée joyeuse. Ou est-ce que c’était l’outil de comparaison, le signe d’une analogie recherchée et retranchée, la métaphore absolue posée sur le monde elle-même, sans comparé ?

On ne savait pas : et au juste : personne ne s’en était aperçu.

Puis, rien n’avait empêché la suite : on avait habité le temps comme un réseau social, par pur désœuvrement.

Alors l’amour avait pris des formes inattendues : le désir aussi, pour les corps et les destins arrachés à quelques nuits brûlantes – oui, inexplicablement, l’amour et le désir demeuraient, puissamment intacts.


arnaud maïsetti - 24 juillet 2016

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