de ce côté du mur
6 août 2006



Si je me dirige de ce côté du mur, je ne sais pas. Je n’entends plus rien. Sans doute mon ombre s’élancera sur la paroi pour finir par gratter fatalement le plafond. Pour finir en haut du mur par ne plus pouvoir avancer. Et pour finir reculera avant de disparaître à mes pieds quand je me retournerai. Ton visage éparpillé sur le bureau traîne dans ma mémoire. Depuis tout à l’heure je voudrais m’en saisir et le porter comme un masque. Immanquablement le souvenir vient s’échouer sur un autre, et rien ne se forme sous mes yeux qu’un peu de regret, le goût acide dans la bouche de madeleine vomie. Je voudrais savoir encore reconnaître ta voix, camarade. Mais quand je parle pour la faire renaître, je m’avance et tends les mains – je touche le mur et je ne sais pas. Dès que je dis un mot pour entendre à nouveau ta voix dans la mienne, c’est alors précisément qu’elle s’éteint et je me retrouve plus profondément encore et toujours dans le noir.


arnaud maïsetti - 6 août 2006

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