La Ville écrite | j’existe
7 septembre 2016


Bob Dylan, ”God Knows” (Under The Red Sky, 1990)


Que faire d’autre ? Il avait tout essayé. Les buissons brûlés et les mers fendues, les chuchotement dans le désert et les massacres de villes, les gestes dans le ciel et même prendre visage d’homme, jeter des langues de feu, puis longtemps se cacher pour qu’on le désire mieux : évidemment, après le désir était venu le remord et l’oubli, bien vite l’oubli, sans haine, et son cadavre jeté par dessus notre épaule. De son cadavre, certains allaient se repaître et le dépecer même pour prétendre parler en son nom, visages d’hommes retournés sur lui pour mieux le défigurer. Au pied de la gare Saint-Charles, personne n’avait vu qu’il avait déposé un mot pour dire aux hommes, malgré eux – et peut-être pour s’en convaincre aussi, peut-être –, qu’il existait encore.


arnaud maïsetti - 7 septembre 2016

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