La Ville écrite | fuite ?
3 octobre 2016



Fuir ne serait pas seulement une pulsion – mais une question.

Ce serait par là : par là, au pied du mur, que fuir aurait un sens, et après ? Creuser peut-être, ou se fracasser contre le mur de la réalité en espérant une anfractuosité, une fente à travers laquelle sortir, s’échapper par le haut, par le bas, traverser les apparences que dresse la ville.

Ou ce serait pure provocation : tu veux fuir ? Va t’en. Le mur te renverra ici. C’est l’enjeu de notre époque. Récuser absolument notre monde en effet insoluble et abject, et se réfugier à l’abri dans les pensées sublimes, intouchables – ou au contraire, faire avec ce qui est là, avec ceux qui sont là maintenant. S’acharner à affronter les murs à mains nues.

On n’a peu d’autres recours. Car il n’y a pas d’autres mondes, il y a d’autres manières de vivre (disait Mesrine). Ici et maintenant, fuir est une autre manière de ne pas vivre, peut-être : ou fuir, pour rejoindre, et recommencer ce qui est mort autour de nous.

La vie est de brûler des questions, hurlait Artaud : que le feu ne nous console jamais de les poser encore et encore, pour mieux marcher sur les braises.


arnaud maïsetti - 3 octobre 2016

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