P. P. Pasolini | « Où sont les armes ? »
17 février 2017


Victoire, 1964



Où sont les armes ? Je ne connais,
pour moi, que celles de la raison :
et ma violence ne fait nulle place
ne fût-ce qu’à l’ombre d’une action
qui ne soit pas intellectuelle.

Qui songe à rire, si maintenant, sous l’emprise du rêve,
par ce matin gris que virent des morts,
et que d’autres morts verront, mais qui
pour nous n’est qu’un matin de plus,
je crie des mots de lutte ?

J’ignore, bien sûr, ce qu’il en sera de moi à midi,
mais le vieux poète est « ab joy »
qui parle comme l’alouette ou l’étourneau
– et qui, comme un jeune, voudrait mourir.

Où sont les armes ? Les jours passés
Ne reviendront plus, je le sais, le rouge avril
De la jeunesse est révolu pour toujours.
Seul un rêve, un rêve de joie, peut ouvrir
Une saison, de douleur armée.

Et moi qui fus un partisan sans armes
– un mystique, un imberbe Chevalier sans nom -
voici que je sens dans la vie la semence,
à l’horrible parfum, de la Résistance.


arnaud maïsetti - 17 février 2017

Tweet




arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

_écritures & résistances _Interventions _pages _Pier Paolo Pasolini _politiques & commune