The National | Light Years
15 mai 2019



Tu m’attendais dehors au soleil (peut-être qu’on n’a pas besoin de traduire, et pourtant : quand on glisse d’une langue à l’autre, les soleils soudains se plantent juste sous la fenêtre, et ils réchauffent davantage les matins froids), allongée, pour prendre toute la lumière dont nous aurions besoin avant de nous mettre à courir (mais parfois, il faut remplir les vides, ceux qui existent entre nous et la vie), j’étais toujours trois mètres derrière toi dès le début (à peine la distance de deux corps, évidemment), je ne savais pas que tu étais partie jusqu’à ce que nous soyons dans la voiture (j’imagine que c’est une métaphore : d’ailleurs, c’est moi qui conduis)

Oh, j’avais entièrement perdu la gloire de tout cela (le mot gloire : on ne s’en sert pas assez, ou trop pour les bêtises pompeuses des pouvoirs : il faudrait pouvoir s’emparer de nouveau de ce mot pour pleurer sur lui), jusqu’à ce que que je vois combien il serait difficile de te rejoindre (cette histoire de trois mètres d’avance aurait dû me mettre sur la voie), et je serai toujours à des années-lumière de toi (oui), des années lumières, des années lumières de toi (le redire ne fait qu’allonger les distances)

je pensais avoir vu ta mère le week-end dernier au parc (je ne sais pas ce que fait ta mère dans cette chanson), ça aurait pu être n’importe qui, c’était après la tombée de la nuit (surtout si c’est n’importe qui : je préfère m’attarder sur l’image de la nuit dans le parc), tout le monde s’éclairait dans l’ombre seuls (j’imagine les écrans des téléphones fabriquant un chemin de lumière dans la nuit noire), tu aurais pu être juste à côté de moi et je ne l’aurai pas su (satanée nuit, satanée tombée de cette satanée nuit partout tout le temps)

Oh, j’avais entièrement perdu la gloire de tout cela (c’est donc le retour du refrain), jusqu’à ce que que je vois combien il serait difficile de te rejoindre (comme si on apprenait rien des chansons, que le refrain ne pourrait dire que la cruauté du retour, de la perte, ô Orphée), et je serai toujours à des années-lumière de toi (oui), des années lumières, des années lumières de toi (le redire ne fait qu’allonger les distances : et le redire encore : le redire : remettre la chanson au début)



You were waiting outside for me in the sun Laying down to soak it all in before we had to run I was always ten feet behind you from the start Didn’t know you were gone til we were in the car

Oh, the glory of it all was lost on me
’Til I saw how hard it’d be to reach you
And I would always be light years, light years away from you
Light years, light years away from you

I thought I saw your mother last weekend in the park
It could’ve been anybody, it was after dark
Everyone was lighting up in the shadows alone
You could’ve been right there next to me, and I’d have never known

Oh, the glory of it all was lost on me
’Til I saw how hard it’d be to reach you
And I would always be light years, light years away from you
Light years, light years away from you
Light years, light years away from you
Light years, light years away from you...


arnaud maïsetti - 15 mai 2019

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

The National _À la musique _joie & douleur _Marseille _soleil