Quand la nuit vient | La jungle #51
6 août 2019



Il pouvait difficilement s’en empêcher : à la moindre fleur qu’il voyait, poussée entre deux trottoirs, à la moindre mauvaise herbe surgie sur les pierres d’une façade, au moindre minuscule insecte inconnu, il y pensait. Que la jungle finirait par tout recouvrir, un jour ou l’autre.

Il pensait que ce serait plutôt l’autre.

Quand il levait les yeux sur les tours d’aciers et de verre, il pensait aussi à la quantité de sable et d’eau qu’il avait fallu. Il pensait à la quantité de sable qui se répandra partout et qui sera recouvert d’arbres entre lesquels viendront s’entre-dévorer les animaux sauvages, bientôt.


arnaud maïsetti - 6 août 2019

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