ombre et trace_
Christine Jeanney
5 mars 2010


parce que je ne sais pas voir qui fait l’ombre et la trace, du moins n’ai pas envie, l’immuable me lasse, et parce que les longs doigts dans l’herbe se reposent on dirait, parce que les signes les courbes les lignes les frontières sont belles de bouger, parce que la tête levée, parce que la tête baissée, parce que regarde bien ça va disparaître, parce qu’un bec un bossu une traine un serpent blanc, parce qu’un canevas couches se superposent, parce que terre feuilles herbes brindilles lumière branches un peu noires, parce que ciel au-dessus si tu l’oses, au-dessous se retourne et puis dans tous les sens, parce que c’est bien trop grand pour se limiter à, et trop petit à prendre, parce que c’est compliqué, simplement compliqué, et simple, parce que je ne sais pas voir si elles, l’ombre et la trace, pourraient se faire toutes seules, et si ombre-de-rien et trace-de-nulle-part existaient, sans béquille, le réel transparent retiré, inutile, parce que

Christine Jeanney


Le premier vendredi du mois, depuis juillet 2009, est l’occasion de Vases communicants : idée d’écrire chez un blog ami, non pas pour lui, mais dans l’espace qui lui est propre. Autre manière d’établir un peu partout des liens qui ne soient pas seulement des directions pointant vers, mais de véritables textes émergeant depuis.

Pour les Vases communicants #7, j’accueille Christine Jeanney — entre ses tentatives qui cherchent (et trouvent) la justesse des mots sur fragments de récits dérobés, et son pages à pages, espace critique largement ouvert aux textes numériques, Christine Jeanney travaille écriture et lecture d’une même exigence, d’une même générosité. On peut la lire sur publie.net : Voir B. et autour

Et merci de son accueil


D’autres vases communicants ce mois

- Michel Brosseau (kill that marquise) et Anthony Poiraudeau (futiles et graves)
- Michel Brosseau (à chat perché) et Juliette Mezenc (je plie et déplie)
- Frédérique Martin (mon carnet) et Denis Sigur (sigur Cyrano)
- Pierre Ménard (liminaire) et Anne Savelli (fenêtre open space)
- Eric Dubois (tribulations) et Patricia Laranco (patrimages
- Luc Lamy (le blog à Luc) et Anna Desandre (biffures chroniques)
- Hublots et Cécile Portier (Petite racine)
- Pendant le week-end et quelque(s) chose(s)
- François Bon (tiers livre) et Pierre Coutelle (commettre)
- lignes électriques et chroniques d’une avatar
- Christophe Sanchez (fut-il ou versa t-il ?) et Yzabel (aedificavit)
- Juliette Zara (enfantissage) et Kouki Rossi (kouki stories)
- Nathanaël Gobenceaux (les lignes du monde) et Jean Prod’hom (les marges)
- Florence Noël (pantareil) et Lambert Savigneux (aloredelam)
- Hervé Jeanney (RV) et Brigitte Célérier (Paumée)
- Anita Navarrete Berbel (le jardin sauvage) et Anna Angeles (effacements)
- Marianne Jaeglé (décablog) et Gilles Bertin (lignes de vie)

arnaud maïsetti - 5 mars 2010

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