arracher à la vitesse son secret
14 juillet 2021



Quelque part au pied des Alpilles, vingt-et-une heure trente sonnantes et trébuchantes, trébuchantes surtout et s’effondrant à la vitesse de sa lumière, arrachant au passage ces fragments de ciels décharnés qui au passage hurlaient dans le silence, l’indifférence de ce qui s’effondrait bien seul, sans besoin d’aucun ciel, mais comme un trader qui aurait jeté son corps dans le vide et qui, dans sa chute, aurait misé les tendances haussières des lois qui entraînaient la terre à la rencontre de son crâne. Le ciel ne tombe pas à cette vitesse, mais plus rapidement encore. On le regarde en retour avec précipitation, mesurant bien que chaque seconde vient de l’emporter ailleurs, et l’efface. On salue le coup de pinceau. On se dit que c’est un soir comme celui-là semblant hurler la fin de toute chose qui a dû fait naître les récits de la création, autant dire la pensée nostalgique. On est face à la pensée nostalgique toute crue. Dans un instant il n’y aura plus rien, et j’écrirai enfoncé dans cet instant-là, celui qui, depuis la lumière de ce soir a eu lieu, et qui n’aura plus de fin.







arnaud maïsetti - 14 juillet 2021

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets