dogme (de la lumière)
3 juin 2010





Callous Sun (Shannon Wright & Yann Tiersen, 2004)

The Sun is out
And it’s callous and stout

Le soleil allonge la perception des choses : quand on le regarde en face, c’est comme après une nuit blanche — les objets ralentissent autour de soi et réfléchissent une sorte de matière mate qui perfore le crâne.

Fichée dans l’œil, la lumière devient une appréhension seconde des silhouettes et des façades ; dans ces moments là, j’invente pour moi une école de peinture qui aurait pour dogme de fixer le soleil pendant de longues minutes avant de peindre. Jusqu’à se brûler la cornée, voir les traces du noir quand elles se fragmentent, et segmentent l’œil.

Je n’ai pas encore trouvé le nom de cette école. Mais quand je photographie à contre-jour, c’est moins pour capter la lumière, que pour m’aveugler des formes qu’elle laisse en arrière d’elle.

Fixer le soleil quelques minutes avant d’écrire : c’est une idée. Et le mouvement du poignet qui poursuit après lui les spectres jamais effacés de l’œil tente de voir formes et informes des objets intérieurs.

arnaud maïsetti - 3 juin 2010

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