dans la chaleur
19 août 2009


Les murs se rapprochent à mesure qu’on avance dans la ville : ce n’est pas une image, c’est ce qu’on éprouve quand, dans la chaleur, on essaie d’atteindre son coeur.

Les battements réguliers irriguent tout le corps, on se sent tomber — on se trompe ; c’est le corps qui tombe sur lui-même. Qu’on appelle ça marcher, c’est le mystère : mais enfin, ça fonctionne pour le moment.

Quand on fait silence, c’est toujours elle qu’on entend : la ville et dans la chaleur, les roulements souples de la machine : une rue, une voiture, une affiche qui hurle, les volets fermés qui se ferment encore sur la façade plus fermée que le poing. On fait silence et c’est la ville qui parle dans notre gorge.

On avance, on appelle ça continuer.

On l’écrit en retour, on est soi-même le battement et soi-même le cri produit par le battement ; aux tempes, ce qui bat, c’est un autre pouls que le sien. Et ce qui s’écroule sur la page, c’est la chute de la ville sur elle-même. Quand on cherche à rejoindre ce mouvement, on appelle ça écrire.

À la fin, le nom qu’on lui trouvera, à la ville, on l’attribuera au texte ; les murs fermés ouvriront une porte qu’on fermera derrière soi : et quoi devant ensuite ?

arnaud maïsetti - 19 août 2009

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