André Breton | « sacrée ce que tu es »
24 décembre 2015



André Breton, Arcane XVII

Une main de femme, ta main dans sa pâleur d’étoile seulement pour t’aider à descendre, réfracte son rayon dans la mienne. Son moindre contact s’arborise en moi et va décrire en un instant au-dessus de nous ces voûtes légères où aux vapeurs du tremble ou du saule le ciel renversé mêle ses feuilles bleues. À quoi puis-je bien devoir, pour ma part, cette rémission d’une peine que d’autres endurent sans se sentir plus coupables que je ne le suis aujourd’hui ? Avant de te connaître j’avais rencontré le malheur, le désespoir. Avant de te connaître, allons donc, ces mots n’ont pas de sens. Tu sais bien qu’en te voyant la première fois c’est sans la moindre hésitation que je t’ai reconnue. Et de quels confins les plus terriblement gardés de tous ne venais-tu pas, quelle initiation à laquelle nul ou presque n’est admis ne t’avait pas sacrée ce que tu es ?


arnaud maïsetti - 24 décembre 2015

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