L’Impossible 3 | Le Cercle [JUIN]
19 juin 2012




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Texte extrait du numéro de juin de La Revue de L’Impossible
par Suzanne Doppelt.


l’abeille se pose volontiers sur les figures ouvertes mais évite le carré et le cercle et pourtant elle tourne en rond pour montrer le chemin un peu comme les véhicules pris dans la boucle infinie des carrefours autoroutiers, dans sa circonférence le début et la fin se confondent, ni angle ni repli, on repasse cent fois au même endroit, on a tout vu, autour de soi le cours des heures, l’ordre des années et des mondes. Ou plus rien, c’est la rotation folle du derviche, extase et oubl, ou encore la ronde des esprits, la ghost dance se tient sur la poussière séculaire d’un rond-point de la largeur d’un pied, un gazon pelé aux alentours mais bien vert au milieu, la nature aimes les ronds, une perfection géométrique, à plusieurs il provoquent un formidable tourbillon, la cause de tout. L’air dans l’air et l’eau dans l’eau forment un mouvement si tournoyant alors que celle qui dort n’en fait aucun, l’œil tourne, la matière tourne jusqu’au vertige et la table à la dérive virevolte, c’et autant à travers elle qu’ils reviennent : qu’est-ce que l’inconnu ? le vide plein, un cercle impeccable, le canon des figures, bien fermé sur soi et qui est tel qu’on le voit, plus ce qui n’apparaît pas. Un escalier mécanique par exemple, qui file vers le haut jusqu’à la lune et retour, ce cercle 19 fois plus grand que la terre — même fin et petit il est toujours complet mais le sien ne dure qu’une seule nuit, et qui roule autour telle la roue d’un char sa lumière livide, une révolution sans fin. Parce qu’ils hantent l’espace, le ciel façonné en rond, à l’égal des nombres, il en suffit de 34 pour expliquer la structure de l’univers et la danse répétée des planètes. Vous qui passez votre vie à chercher la vérité, venez donc consulter la somnambule italienne, il y aussi le mage rêveur, car lorsqu’il s’épaissir il devient un joli support de clairvoyance, une sacrée boule magique ou alors un beau volume capable de rebondir, une balle élastique, un très gros ballon, bien mieux qu’une tomate mûre qui elle reste sur place. Et quand il s’ouvre, il trace des lignes, de fuite ou pas, des courbes et des contre-courbes, ça varie et s’étend, certaines serpentent, d’autres bifurquent et finissent par composer une pelote, un drôle d’écheveau


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