autoportrait à la flaque
29 juillet 2012


c’est mon visage plus qu’un autre de Narcisse à la ville, je tends les mains dans le lac et ne retire de la profondeur de l’eau que sa surface, les reliefs coupants de mon visage ; et dans l’absence d’écho, je ne dis rien : c’est mon visage qui ne dit rien à personne, on ne m’y reconnaît que de contours, c’est donc moi, je n’ai pas de visage en dehors de ma silhouette, un plein et délié vide de tout ce qui pourrait me donner, à moi, trace d’une reconnaissance, je voudrais changer de visage (j’en change), mon visage au secours ; je le regarde comme un enfant perdu, et je peux en arrière voir le ciel — c’est mon visage qui réponds à ce désir : ô, je voudrais voir comment je suis les yeux ouverts : et la réponse, implacable : il pleut


arnaud maïsetti - 29 juillet 2012

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