alors qu’autrefois
9 décembre 2012




évidemment cela changeait tout, pas seulement la densité de l’air dans l’air, ou le poids des mots qu’il aurait fallu prononcer, mais aussi la seconde qui passait devant moi et que je laissais passer devant moi puisque liberté avait été concédée au mouvement des corps tombés librement, mais aussi l’espace de cette seconde qui se dilatait, autrefois devenait soudainement autrefois, le temps archéologique des cheveux attachés tenus tirés : maintenant commençait, le temps comme autrefois le temps où les vieillards et les enfants avaient les cheveux si longs qu’on aurait dit qu’ils habitaient un temps encore antérieur à la découverte de la terre, et ce temps-là était celui qui à présent débutait en moi, désormais que je comprenais que le temps n’était plus mesurable qu’en cheveux poussés hors du temps, oui puisque le temps qu’on tenait à soi, en soi, n’existait plus, cela changeait tout, tout en apparence était semblable à soi, et pourtant, l’axe se dérobait, et dans le désordre du visage de ce monde auquel je m’initiais je n’appartenais plus qu’au présent,


arnaud maïsetti - 9 décembre 2012

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