pour rideaux l’ombre de la colline
15 décembre 2012



l’ébat des anges ; la ville écrit avec ses doigts d’aveugle des phrases qu’elle vole à des noirceurs plus avancées en elle et cela forme des tristesses autour de nous qui n’appartiennent à personne et sur lesquelles on marche, qui sont les trottoirs qui appartiennent à tous, et sur lesquels on dort, parfois ; — Non... le courant d’or en marche, alors se lever, les yeux morts aux combats menés des monstres dans nos rêves et perdus puisque nous sommes là, réveillés de ce rêve et continuant le rêve de la ville aux yeux toujours clos, et nous, poings toujours aussi fermés pour les luttes, les yeux cousus par trop de lumière après avoir traversé trop de noirceur, on avancerait en tendant les doigts au ciel fermé lui aussi, et c’est là qu’on va,
meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d’herbe. Elle, elle ne dit rien, la ville, la jeune femme aux doigts pour tisser les toiles, filer la laine, les bas, rien, elle nous laisse des mots sur le sol, des obscurités lumineuses qui pourraient guider nos pas, mais nous, nous, dans le noir de nos vies d’hommes trop de jours ont succédé aux jours, alors, quand on avance, on dégage les routes, les trottoirs, les bureaux de nos chambres encombrés de trop de corps, de trop de livres, de feuilles qu’on aurait crues mortes, toute une vie sombre, avant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle et tu entends le cri, tu appelles en retour et tu reçois l’écho, et ce n’est pas ta voix, ce n’est jamais ta voix elle est toujours si différente, c’est quelques mots sur le sol, sur la blancheur d’une feuille blanche allongée au milieu des mots et des cheveux éparpillés du réel, et ce que j’en pense, quand on sauve le temps d’un seul mot, et que la lumière frappe aux yeux pour mieux les guérir, les ouvrir, ce que j’en pense, je ne le dirai pas, cela appartient à la lumière si blanche qu’elle aveugle davantage ; je regarde par la fenêtre, les rideaux rouges et blanc et au delà : pour rideaux l’ombre de la colline et de l’arche.


arnaud maïsetti - 15 décembre 2012

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