dans l’air la sécheresse
20 janvier 2013



avant de s’échapper, reste de vie qu’il abandonne peut-être à qui, au premier venu au premier qui, ne demandant rien, reçoit ce qui reste de la vie quand un martin-pêcheur l’abandonne pour rien, après avoir voltigé lentement au-dessus d’elle, et tout ce rien qui accable jusqu’à ne plus savoir qu’en faire, alors me voilà premier venu, ne réclamant rien d’autre qu’un peu plus de ma vie pour passer, qui tends simplement les bras et reçois le reste de vie qui resterait pour ne pas franchir, c’est dans mes bras maintenant, et la sécheresse changée soudain : oh la fraîcheur entière des rues, et je lèverai la tête le lendemain matin, et sur chacun de mes cheveux le froid tombé sous la mitraille, et je regarderai longtemps le temps venu jusqu’à moi lui aussi pour réclamer sa part, et moi qui dirai, non, cette fois c’est pour moi, et je poserai un genou sur le sol, et d’une main je noterai vite le nom du martin-pêcheur, lui déjà de l’autre côté de la mer cherchant affolé le reste de vie qu’il m’a confié, pour quoi à moi, et je dirai à cela, à cela seul, d’accord


arnaud maïsetti - 20 janvier 2013

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