ensuite, une grande ville
16 avril 2013




à l’est de l’est, rien que de l’est encore, et il faudra se souvenir fort des mots que la ville écrivait comme des secrets lancés à chacun de nous, à l’est encore elle disait et dans nos têtes on se répèterait : à l’est, et le mot ferait advenir l’autre, ensuite, car le mot ensuite était là qui nous portait, lui qu’on portera plus précieux que nos corps, le mot ensuite qui dira la survie de la vie après elle, et la fatigue d’après l’épuisement, et la terre conquise, oh, les cheveux d’or plein les yeux, oh encore ensuite tout qui se confond dans les mirages de chaleur, alors lentement se laisser faire, se laisser conduire par la folie, c’est là qu’elle viendra nous trouver, oui se mettre nus et aller nus, et se laisser découvrir comme des indiens par des pharaons noirs, aller aux pentes douces de sable que des hommes avaient élevées là pour qu’ensuite on les voit, se dire que ce sont eux, ces hommes, qui sont notre désir et notre suite, que ces hommes depuis longtemps sans doute transformés en poussière de sable, ce sont eux qui portent nos pas dans le désert formé de leurs cadavre séchés aux soleils, et soudain, ensuite, quand on a posé nos pas sur chacun d’eux, brûlé le visage à toutes ces lumières et qu’on s’est enfoncé si loin dans cette terre sans ville et sans eau, lever la tête, voir la ville de pierres levées jadis pour qu’on la voit aujourd’hui ; et aujourd’hui aura lieu, ce sera là, ensuite, qu’il faudra s’allonger, et boire ensuite tous nos reflets, faire l’ange de nos bras battus sur le sol d’ambre, lentement comme pour appeler quelqu’un qui viendra, ensuite, s’allonger contre nous, embrasser nos lèvres sèches, boire à notre corps plongé en lui.


arnaud maïsetti - 16 avril 2013

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