plusieurs garçons parmi les herbes folles
18 janvier 2013



et aucun parmi eux pour voir dans les herbes la folie que c’était cette vie entière à recouvrir la vie de nos pas, aucun, pour dire, oh arrêtons-nous ici, c’est là qu’est notre vie, non, personne et bientôt, eux, les autres, ils vont venir, bientôt agrandir le sol dans la terre et monter des immeubles pour ne plus jamais le voir, le sol, ni l’herbe qu’ils mettront quelque part dans des enclos réservé pour elle afin qu’on ne marche plus jamais sur elle et nos corps allongés seulement dans nos lits jusqu’à la mort, ou les trottoirs quand il n’y a plus que cela à courir, aucun, non, de ces garçons qui courraient dans les pentes sous la lumière de mars ou dans la neige pour dessiner les anges, aucun d’entre eux pour voir la ville qui venaient déjà là où ils courraient, et même pas moi qui courrais plus vite jusqu’à ne plus pouvoir et seulement rire et alors m’allonger de tout mon long à cet endroit où plus tard, ils creuseront la ville et écriront : plusieurs garçons de la campagne qui cherchaient des champignons parmi les herbes folles, la phrase interrompue, suspendue au verbe qui ne viendra pas, peut-être caché dans l’herbe ancienne, bien enfoui et mieux que nous qui ne cherchions les champignons que pour nous enfoncer encore plus loin dans la folie bientôt oubliée — folie dont il ne restera que cette phrase, pas même une phrase, la signature d’un plus fou que nous


arnaud maïsetti - 18 janvier 2013

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