<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
	<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?id_rubrique=192&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
		<url>http://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/banniere_site.jpg?1748268196</url>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
		<height>81</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;crire pour le th&#233;&#226;tre ?</title>
		<link>http://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/dramaturgie-ecrire-la-scene/notes-sur-la-dramaturgie/article/ecrire-pour-le-theatre</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/dramaturgie-ecrire-la-scene/notes-sur-la-dramaturgie/article/ecrire-pour-le-theatre</guid>
		<dc:date>2025-11-22T11:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Impossible&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/dramaturgie-ecrire-la-scene/notes-sur-la-dramaturgie/" rel="directory"&gt;Notes sur la dramaturgie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/img_6975.jpg?1764244585' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&#192; l'occasion de la &lt;a href=&#034;https://ebmk.univ-lorraine.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remise du Prix &lt;i&gt;Bernard-Marie Kolt&#232;s &#8211; Prolonger le geste&lt;/i&gt;,&lt;/a&gt; en novembre 2025 &#224; l'Espace BMK &#224; Metz, le directeur artistique du lieu Baptiste Girard m'a demand&#233; d'&#233;crire un mot pour accompagner la proclamation du prix, en tant que parrain et membre du comit&#233; de s&#233;lection. Le voici. &lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire du th&#233;&#226;tre, vous n'y pensez pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la chose est impossible : je ne parle pas seulement des raisons aust&#232;res, celles qui pr&#233;sident &#224; toutes les aust&#233;rit&#233;s &#224; l'&#339;uvre, aux politiques d'aust&#233;rit&#233; qui tiennent lieu de politique tout court (m&#234;me s'il faut en parler, chaque fois qu'on parle de th&#233;&#226;tre : de ces aust&#233;rit&#233;s-l&#224;) : je parle de ces r&#232;gles compliqu&#233;es, de ces fa&#231;ons bizarres de parler &#8212; trop fort, ou trop doucement (parle-t-on jamais trop doucement, ou trop fort) &#8212;, de ces corps qui vont et disparaissent brutalement, de ces r&#234;ves tram&#233;s dans d'autres r&#234;ves, de ces raisons insens&#233;es de croire l'impossible, et du froid qu'il fait quand on sort, qu'on est seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible, la chose l'est o&#249; qu'on la prenne et on peine &#224; la saisir : raconter des fables qui exc&#232;dent le monde jusqu'&#224; lui tourner le dos, ou dire le monde tel qu'il est et se laisser &#233;craser par sa r&#233;alit&#233;, d&#233;vor&#233; par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun sens, vraiment d'&#233;crire, alors que &#171; la seule chose qui aurait un sens &#8212; confiait Bernard-Marie Kolt&#232;s &#8212; ce serait d'aller en Afrique soigner des gens, mais (ajoutait-il) il faudrait &#234;tre un saint : tout le reste n'ayant aucun sens (c'est toujours lui qui poursuit, qui dit, et il faut imaginer la douleur alors, et le sourire), prenons la chose la plus futile qui soit, le faux, la fiction, et faisons-la parfaitement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous y revenons. La perfection impossible, le soin rageur &#224; parfaire des machines de rien o&#249; mettre le tout du monde. Impossible, mais comme le serait un enfant, t&#234;tu, r&#234;veur, plein de rage, dont on dirait qu'il est, d&#233;cid&#233;ment, impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons-la parfaitement : malgr&#233; la douleur, et dans ce sourire terrible, cela veut dire aussi le contraire de se r&#233;fugier dans l'&#233;criture pour oublier le monde, et le contraire de consid&#233;rer qu'on soignera le monde dans l'&#233;criture. &#171; Alors je sens des deux c&#244;t&#233;s &#8212; dit encore Bernard-Marie Kolt&#232;s, &#224; la fois du c&#244;t&#233; de l'existence et &#224; la fois du c&#244;t&#233; de l'&#233;criture, une attirance pour vivre l'un et l'autre d'une mani&#232;re enti&#232;re et je sais tr&#232;s bien que ce n'est pas possible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'on &#233;crit peut-&#234;tre, ce qui s'&#233;crit. Des histoires pour de faux devant quoi de vraies larmes coulent, et des rires vengeurs qui renversent l'Histoire, la grande, qu'on peut toiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabriquer &#224; mains nues, &#224; bout portant, de la beaut&#233; impensable, insens&#233;e, et impossible. &#171; Je vois aussi de si belles choses, avouait Bernard-Marie Kolt&#232;s devant les couchers de soleil sur l'Hudson River quand on tourne le dos &#224; Manhattan, si invraisemblables de beaut&#233;, que j'esp&#232;re avoir un jour assez de talent pour m'en approprier une parcelle ; si j'y arrivais, je pourrais &#234;tre le plus grand &#233;crivain de ma g&#233;n&#233;ration. Mais les choses belles sont secr&#232;tes et jalouses, et il faut de la patience &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste : ce &#224; quoi on est livr&#233;, comme en p&#226;ture : cette beaut&#233; qui ne console de rien, qui fait davantage rager peut-&#234;tre, parce qu'on sait, devant elle, comment elle nous arrive trou&#233;e, emp&#234;ch&#233;e par le monde &#8212; et que l'&#233;crire est une fa&#231;on de l'arracher &#224; elle-m&#234;me et de dire tout ce qui nous emp&#234;che d'y toucher pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah oui, c'est vrai je ne supporte pas le th&#233;&#226;tre &#8212; c'est encore Bernard-Marie Kolt&#232;s qui parle, qui r&#226;le, et qui sourit, qui dit : on s'emmerde au th&#233;&#226;tre quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps. Pour que je ne m'y emmerde pas, il faut que je sois saisi par une beaut&#233; ravageuse et indiscutable, et combien de fois cela vous arrive dans la vie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien ? Et combien de fois pourtant on refait ce pari, l'hypoth&#232;se, de l'impossible beaut&#233; qui ravage, rend vivant malgr&#233; tout, fait honte &#224; ceux qui tuent, rend digne pour un temps la t&#226;che de vivre dans ce monde et de vouloir le raconter autrement ? Merci donc &#224; vous, qui &#233;crivez aujourd'hui, de tenir le pas gagn&#233; &#8212; d'affronter cet impossible avec vos mots, vos silences, vos col&#232;res, vos tendresses : de tenir t&#234;te au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire du th&#233;&#226;tre ? Impossible, oui, et c'est pour cela qu'on y donne sa vie, une part de sa vie, l'impossible part qui rend l'autre possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
