Climbing up the Walls (Radiohead — ’OK Computer’, 2007)
I am the key to the lock in your house / That keeps your toys in the basement And if you get too far inside / You’ll only see my reflection Le grand mur qui se lève, matin après matin, une pierre après l’autre dans la nuit, est percé de portes qu’on ne franchit pas — ou plutôt qu’on traverse dans un sens seulement ; et quand on se retourne, c’est terminé : on est passé.
L’aube édifie ainsi lentement l’oubli, nécessaire, essentiel, (…)
Accueil > Mots-clés > _Catégories > _Journal | contretemps
_Journal | contretemps
Articles
-
emmuré
20 juillet 2010, par arnaud maïsetti -
entr’ouvert
11 février 2011, par arnaud maïsettiA Wolf At The Door (Radiohead, ’Hail To The Theif’, 2003) Je dévie. Le bon chemin passe par un fil qui n’est cependant pas tendu en hauteur mais ras du sol. ll semble plus destiné à faire trébucher qu’à être emprunté.
Franz Kafka (Journal, Cahier G., 19 octobre 1917)
Longtemps qu’au proverbe vieilli et de bon sens, celui qui veut qu’une porte soit ouverte ou fermée, j’oppose les aberrations intimes qui le démente : tout ce mouvement des choses autour de moi cette semaine (sans doute la (…) -
ce qui ne marche pas
18 mai 2017, par arnaud maïsetti18 mai 2017
-
Marseille ville urbaine traitée néfastement
27 février 2015, par arnaud maïsettiLes villes sont faites pour arrêter, déterminer, interrompre, séparer ; on le sait depuis toujours ; depuis le soc de la charrue autour de la colline qui disait ce sera là, et au-delà seront les menaces et les guerres. Et commença la guerre menée dans la ville, avec des rues tracées pour fabriquer autant de frontières, de dedans et de dehors qui attribuent les menaces et justifent ces combats. Des bannis aux banlieues, on le sait depuis toujours, que la ville fabrique la matière de sa (…)
-
la mort, mais pas celle-ci
4 avril 2020, par arnaud maïsetti4 avril 2020
-
tenir le fil
22 mai 2019, par arnaud maïsetti22 mai 2019
-
de ce qui est inéluctable
2 décembre 2017, par arnaud maïsettiJe ne voudrais pas rater ce livre si intimement impersonnel.
Blaise Cendrars, correspondance à Jacques-Henry Lévesque, lettre de 1945 The Troublemaker, Get Misunderstood
la voix de Jean-Pierre Léaud,
Personne ne sait ce qui se passe aujourd’hui parce que personne ne veut qu’il se passe quelque chose, en réalité on ne sait jamais ce qu’il se passe on sait seulement ce que l’on veut qu’il se passe, et c’est comme ça que les choses arrivent. En 17 Lénine et ses camarades ne disaient (…) -
une image de la fin
14 juillet 2010, par arnaud maïsettiEn passant devant un immeuble de verre, je suis pris de douleur : un mal au cœur violent comme un dégoût du reflet qui déforme en le produisant le monde en son abîme. En progressant plus péniblement, courbé en deux contre le vent, je remarque une tache, à droite, qui avance, et coulisse le long des vitres à mesure que je m’approche.
Quand je traverse, elle me fait face, et s’immobilise à un mètre de moi : elle tend la main quand je pose la mienne sur elle, et le reflet qui se dessine, (…) -
les marcs des nuages
30 janvier 2010, par arnaud maïsettiEnfin il faisait nuit dans l’appartement, je me cognais aux meubles de l’antichambre, mais dans la porte de l’escalier, au milieu du noir que je croyais total, la partie vitrée était translucide et bleue, d’un bleu de fleur, d’un bleu d’aile d’insecte, d’un bleu qui m’eût semblé beau si je n’avais senti qu’il était un dernier reflet, coupant comme un acier, un coup suprême que dans sa cruauté infatigable me portait encore le jour.
M. Proust, Albertine disparue Heure transparente : quand (…) -
ces jours singuliers (qu’on retient comme des caresses)
23 janvier 2014, par arnaud maïsettiLe réveil ajusté au lever du soleil, il est presque huit heures et pourtant le jour était déjà répandu à grandes eaux sur les trottoirs et griffait sur la rue en bas ; la pensée soudaine en moi à ce qui vient de naître avec ce jour est une adresse ; une immense bouffée, oui, de tout ce qui me dépossédait d’ici et de maintenant, et me reliait plus loin à ce qui est, donne sens, me traverse — du vent peut-être.
Du journal que je tiens ici, je reste fidèle à la dictée du temps, simplement (…) -
l’heure prime
11 janvier 2012, par arnaud maïsettiDe prime face, qu’on rejoigne le jour d’un bout à l’autre de lui-même, de minuit à minuit, et cela produit dans le corps cette continuité faible du courant qui maintient la lumière dans la pièce, d’après le silence qu’il fait, on peut entendre le courant, la vibration infime qui traverse, jette les ombres qui recouvrent les fissures sur le mur ;
chaque jour, j’apprendrai ainsi comment c’est de mourir chaque jour de le vivre, comment c’est de le naître intérieurement, et de saisir en chacun (…) -
la destinée du Paradis
17 avril 2017, par arnaud maïsetti17 avril
-
porte condamnée
10 février 2010, par arnaud maïsettiPorte trop étroite et trop haute ; sans fond, sans largeur et sans horizon. Porte si faible de vie qu’on passerait dessous sans y entrer ; porte condamnée.
On se tient devant telle rue — porte qui est à elle-même sa rue et sa hauteur, son ciel tout entier, sa ville en circulation unique, dépourvue de maisons, juste du sol et des murs autour — et c’est comme entendre une rime jamais entendue, ce mot qui grince dans la mâchoire et qu’on ne reconnaît pas mais qui laisse le monde vide après (…) -
dans la direction de l’inconnu
25 décembre 2019, par arnaud maïsetti24 décembre 2019
-
nuit ensauvagée
16 avril 2019, par arnaud maïsetti16 avril 2019
-
où respirer la puissance
17 mars 2014, par arnaud maïsettiLe jeune Creighton restait appuyé au bastingage, l’œil rêveur plongeant dans la nuit orientale. Il y voyait la perspective d’un chemin creux paysan, des rais de soleil dansant sur des feuilles bougeuses. Il voyait frémir des rameaux de vieux arbres dont l’arche encadrait le tendre et caressant azur d’un ciel d’Angleterre. Et, sous l’arceau des branches, une jeune fille en robe claire souriant sous son ombrelle, semblait debout au seuil même du tendre ciel.
Conrad, Le Nègre du Narcisse (…) -
ramasser le jour
16 janvier 2010, par arnaud maïsettiDans ces lieux de passage qu’on fabrique dans tous le pays à l’identique (de sorte qu’il m’arrive de les confondre, et quand le train s’arrête dans une gare, puis repart, je reste quelques instants persuadé d’avoir manqué l’arrêt, d’être emporté dans un lieu en avant de moi et de me retrouver dans l’impossibilité absolue de jamais revenir), on ne fait que traverser, suivre automatiquement les panneaux, les quais, les heures, les voitures, suite de chiffres qui décident pour nous de la marche (…)
-
dans la matière réfractaire que je suis
8 mai 2020, par arnaud maïsetti8 mai 2020
-
et au soleil et toujours
4 juin 2018, par arnaud maïsetti4 juin 2018
-
couleur passée des jours
26 mars 2020, par arnaud maïsetti26 mars 2020
