<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
	<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?id_mot=398&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
		<url>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/banniere_site.jpg?1748268196</url>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
		<height>81</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>la nuit d'apr&#232;s (pour garder le chemin)</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/la-nuit-d-apres-pour-garder-le-chemin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/la-nuit-d-apres-pour-garder-le-chemin</guid>
		<dc:date>2012-10-20T23:27:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_aube</dc:subject>
		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_vies</dc:subject>
		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_dieu</dc:subject>
		<dc:subject>_routes &amp; chemins</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_arbre</dc:subject>
		<dc:subject>_mama</dc:subject>
		<dc:subject>_tree of life</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est d'avoir rang&#233; tous les livres, toute la journ&#233;e, qui a tout termin&#233;. Ranger tous les livres a fait passer la journ&#233;e, d'un bout &#224; l'autre (il y avait beaucoup de livres partout, sur la table, sur le sol, aux moindres recoins de poussi&#232;re : il a fini par y avoir plus de livres que de poussi&#232;re, c'&#233;tait une conqu&#234;te de chaque jour). Ces trois derniers mois, un livre sorti ne pouvait revenir &#224; sa place, il fallait le poser ici, pr&#232;s de l'&#233;cran ; parfois, ce n'&#233;tait que pour une phrase (un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_aube" rel="tag"&gt;_aube&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies" rel="tag"&gt;_vies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_solitudes" rel="tag"&gt;_solitudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_dieu" rel="tag"&gt;_dieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_routes-chemins" rel="tag"&gt;_routes &amp; chemins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cheveux" rel="tag"&gt;_cheveux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_arbre" rel="tag"&gt;_arbre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_mama" rel="tag"&gt;_mama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_tree-of-life" rel="tag"&gt;_tree of life&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2012-10-20_20-01-41.jpg?1350773649' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est d'avoir rang&#233; tous les livres, toute la journ&#233;e, qui a tout termin&#233;. Ranger tous les livres a fait passer la journ&#233;e, d'un bout &#224; l'autre (il y avait beaucoup de livres partout, sur la table, sur le sol, aux moindres recoins de poussi&#232;re : il a fini par y avoir plus de livres que de poussi&#232;re, c'&#233;tait une conqu&#234;te de chaque jour). Ces trois derniers mois, un livre sorti ne pouvait revenir &#224; sa place, il fallait le poser ici, pr&#232;s de l'&#233;cran ; parfois, ce n'&#233;tait que pour une phrase (un mot (m&#234;me pas : parfois, c'&#233;tait simplement pour l'avoir aupr&#232;s de moi, au sein de ce champ de forces que je dessinais dans le d&#233;sordre le plus grand, la pr&#233;cision la plus s&#251;re)).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; : toute cette journ&#233;e, ranger les livres a &#233;t&#233; une mani&#232;re de clore ces trois mois aussi, de terminer d'&#233;crire (je n'ai pas ouvert l'ordinateur pourtant aujourd'hui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas eu le temps de r&#234;ver beaucoup sur le jour d'apr&#232;s &#8212; quand on travaille sans lever les yeux, l'horizon de l'&#233;cran est le seul, il porte les mots qu'on dresse comme un voile. Ainsi, quand le jour d'apr&#232;s est venu, qu'il n'&#233;tait pas un lendemain, lointain, mais ici et maintenant l'heure qu'il faisait au poignet, alors il n'y avait plus rien &#224; faire que de ranger les livres comme on enterre un corps, qu'on jette sur lui de la terre avec les mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je range m&#234;me les couvertures de certains arrach&#233;es, aussi pr&#233;cautionneusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne dirai rien sur mardi, qui a suivi samedi, dimanche et lundi (ces trois jours n'en ont form&#233; qu'un seul, de veille affol&#233;e, de nuits blanches continues o&#249; pencher sur le travail, traquer les mots l&#224; o&#249; ils se cachaient) ; lundi midi (il &#233;tait midi pile, oui), j'envoyais ces trois ann&#233;es &#224; l'impression (le point de non-retour : j'aurais pu envoyer cela une heure apr&#232;s, la semaine prochaine, dans dix ans : le terme est arbitraire), c'&#233;tait aussi cinq ans de travail, et sept ann&#233;es en tout (un travail qui commen&#231;a de plus loin, aussi, est-ce qu'on peut le finir ? Oui, on le finit : c'&#233;tait lundi, midi, pr&#233;cis&#233;ment). J'ai alors pens&#233;, en regardant par la fen&#234;tre &#224; ce moment-l&#224;, au geste de la main, r&#233;p&#233;t&#233; deux fois, de la m&#232;re orpheline, et &#224; la phrase qu'elle prononce au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix que j'ai pay&#233; pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la semaine, c'est ensuite tomber de si haut du fil tendu soigneusement depuis ces ann&#233;es pour qu'il soit ainsi tranch&#233; ; et c'est traverser ces jours avec des obligations (toutes ces aberrations sociales qui me d&#233;passent)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sauf mardi, oui, mardi matin, o&#249; je me suis trouv&#233; au lieu d'un rendez-vous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , et jeudi et vendredi, loin de Paris, c'&#233;tait aussi mani&#232;re de continuer de terminer ce travail (il faudra que je redise, dans ces pages, comme il m'a fallu prononcer le nom de mama, comme j'ai entendu le nom de mama prononc&#233; sur sc&#232;ne le soir aussi). J'imagine comme ces phrases doivent para&#238;tre obscures si on devait tomber sur ces pages &#8212; mais c'est parce que cela ne compte pas ; ce qui importe, c'est comment, ce matin, il a fallu se lever, et que c'&#233;tait fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers gestes qu'il faut apprendre &#224; faire, les gestes dont il faut se d&#233;faire ; tout ce qui commence quand la fin est arriv&#233;e. Je pourrais tr&#232;s bien dire : oh, faisons comme si une t&#226;che avait &#233;t&#233; accomplie, un poids enlev&#233;, un temps pass&#233;, et continuons. Mais c'est qu'il ne s'est agi ni d'une t&#226;che, ni d'un poids (au contraire), ni d'un temps &#8212; plus simplement d'une part de la vie : en prendre mesure est une mani&#232;re de lui rendre gr&#226;ce, et de se ressaisir dans la part de la vie qui s'ouvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher longtemps ce soir, et tourner autour de l'immeuble qui se construisait, &#224; l'ombre duquel j'ai &#233;crit, et qui s'&#233;levait en m&#234;me temps que la th&#232;se. Lui est encore en construction, presque achev&#233;, mais presque seulement. Est-ce que j'ai gagn&#233; cette course, au moins ? Je ne sais pas. Je souris en levant les yeux sur lui, et prenant la photo (en l'adressant). Voil&#224; l'&#233;tat de mon travail aussi : aussi inachev&#233; que des ruines qui n'ont pas encore &#233;t&#233; habit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel livre je peux lire, ce soir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapable d'en ouvrir un, ce soir &#8212; mais ces phrases de la Gen&#232;se (livre 2). Je me demande comment, puisqu'il n'y a que deux arbres, l'un des deux peut se trouver au milieu. S'il y avait trois arbres, il y aurait un arbre du milieu, mais avec deux arbres (&#224; moins que le Livre ne parle du milieu du jardin ? Mais le milieu est toujours o&#249; l'on se trouve, dans le jardin, puisqu'il n'a ni bord, ni terme, ni dehors). Je comprends : si sur une page, on dit que l'arbre de vie est au milieu, sur l'autre, ce sera l'arbre de la connaissance &#8212; les deux arbres se trouvent au milieu l'un et l'autre, mais jamais confondus (sauf quand, au moment de la Chute, ils s'assemblent pour former l'objet de la qu&#234;te d&#233;sormais qui commence).&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;&#171; pour garder le chemin de l'arbre de vie &#187;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Je pense &#224; Eurydice qui marche derri&#232;re Adam, &#224; la nuit qu'il fait autour d'elle, comme peut-&#234;tre ils se tiennent la main tous deux, sans se voir (ce geste qu'on lance derri&#232;re soi quand on traverse la route au feu rouge et qu'il faut se presser, qu'on tend la main derri&#232;re pour dire : viens, vite, traverse avec moi &#8212; mais cette fois la route est longue comme des larmes) ; je pense &#224; Eurydice, au bruit de ses pas qui sont les miens ; je pense &#224; sa voix, qui ne sait nommer Orph&#233;e d'un autre nom qu'Adam, et prononce d'autres noms encore : oui, c'est ainsi qu'elle lui parle, juste en disant son nom, son nom &#224; lui qui se trouve ainsi nomm&#233; tandis qu'elle porte le mien, et lui, devant, porte celui que ses cheveux lui donnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense aussi, maintenant que la table de travail est nette, qu'aucun livre n'est plus repos&#233;, &#224; la nuit qui tombe ou qui se l&#232;ve, au poids du rideau rouge comme le d&#233;sir, aux corps qui, derri&#232;re, commencent &#224; bouger d&#233;j&#224;, sans que je sache si ces mouvements appartiennent au th&#233;&#226;tre ou &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense : demain, la lumi&#232;re qui viendra se poser est &#224; cet instant sur le visage d'un autre de l'autre c&#244;t&#233; du monde &#8212; elle m'appartient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2012-10-20_21-48-11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2012-10-20_21-48-11.jpg?1350773652' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;sauf mardi, oui, mardi matin, o&#249; je me suis trouv&#233; au lieu d'un rendez-vous fix&#233; de sept ans en arri&#232;re, et dont je ne parlerai pas, sauf en marges, comme ici&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
