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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>ce qui tient lieu de royaume (la voix d'Eurydice)</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_deuil</dc:subject>
		<dc:subject>_spectres et fant&#244;mes</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;vidences &amp; accords</dc:subject>
		<dc:subject>_vingt-deux ans</dc:subject>
		<dc:subject>_joie &amp; douleur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;aire d'autoroute, pr&#232;s de Valmy, samedi (2000&#232;me image du site) &lt;br class='autobr' /&gt;
c'est mille mani&#232;res de se taire, et l'&#233;cran de la machine qui soudain ne s'allume plus depuis une semaine en est une, imparable ; pendant une semaine, sans machine, sans rien pour &#233;crire : se taire est une nouvelle langue ; mais ce n'est pas ce qui compte &#8212; ce qui importe est l'espace que cette langue ouvre, c'est o&#249; le silence vient, en soi, et c'est comment garder le silence aupr&#232;s de soi ; il faut parfois le garder comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_joie-douleur" rel="tag"&gt;_joie &amp; douleur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-02-23_15-33-12.jpg?1361797272' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;aire d'autoroute, pr&#232;s de Valmy, samedi
&lt;br/&gt;(2000&#232;me image du site)&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;c'est mille mani&#232;res de se taire, et l'&#233;cran de la machine qui soudain ne s'allume plus depuis une semaine en est une, imparable ; pendant une semaine, sans machine, sans rien pour &#233;crire : se taire est une nouvelle langue ; mais ce n'est pas ce qui compte &#8212; ce qui importe est l'espace que cette langue ouvre, c'est o&#249; le silence vient, en soi, et c'est comment garder le silence aupr&#232;s de soi ; il faut parfois le garder comme un enfant, pr&#234;t de s'enfuir mais qui reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;alors on s'arr&#234;te sur autres choses que ses propres mots ; je voudrais aller au mus&#233;e, rien que pour cela, regarder en moi le mouvement des paroles sur les murs, et courir de salles en salles ; je ne le fais pas ; je reste devant les livres, tous me tombent des mains &#8212; dehors il neige sans s'arr&#234;ter et rien sur le sol : j'ai longtemps cru la neige inutile ces derniers jours, puis je me suis rendu compte que je me trompais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la neige est pour le ciel, comme le silence est pour la parole, voil&#224; tout &#8212; et dans les jours pass&#233;s, sans rien &#233;crire, d'&#234;tre seul comme avec ce silence (oh l'envie de tout br&#251;ler, mais au lieu de cela : les grandes lessives de midi, et les cheveux tomb&#233;s sur le sol : mesure le temps qui est pass&#233; &#224; ces boucles), le pire (le mieux) est peut-&#234;tre dans tous ces renversements int&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;oui, &#224; se croire &#233;cho, on n'&#233;tait que narcisse, mais sans lac, et sans reflet ; et &#224; s'&#234;tre voulu orph&#233;e marchant vers la neige, on n'est que son ombre, on n'est que cette silhouette voil&#233;e derri&#232;re lui qui est maintenant au fond des ombres et ne doit pas se tromper d'ombre justement : si orph&#233;e avance &#224; distance de soi et dans le silence, je vois, au loin, dans mes souvenirs et mes promesses, sa silhouette qui est comme le monde, &#171; Le monde, toujours panique &#8211; toujours alert&#233;, alertant &#8211; le monde comme quelqu'un derri&#232;re la fen&#234;tre qui vous tourne le dos, qui regarde ailleurs, et dont on voit seulement la nuque obs&#233;dante qui, par instants, bouge. &#187; ; alors, de loin, et en silence, suivre la nuque noire de cheveux lentement tiss&#233; d'&#233;chos, ces pas qui sans doute remontent : qui ne vivent que de lumi&#232;re alors en suivant ces pas, dans le silence et la distance, savoir que c'est vers la lumi&#232;re qu'on se trouvera, &#224; l'endroit o&#249; elle na&#238;t (j'ai trop cherch&#233; &#224; savoir o&#249; la nuit tombait, assez maintenant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je pense &#224; la voix d'Eurydice quand elle a cri&#233;, la voix que dans l'&#233;puisement, au fond de ma gorge atrocement nou&#233;e, je porte comme un corps au-dessus de mes &#233;paules (mon corps) &#8212; cette voix qui est la mienne, maintenant que j'apprends &#224; marcher en arri&#232;re de cette silhouette qui elle continue de suivre la lumi&#232;re, et le ciel ; &#233;crire cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'&#233;crire cela, d'avoir toute cette matin&#233;e recherch&#233; des &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/parcours-d-images/article/eurydice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;images d'enfers&lt;/a&gt; me fait comprendre mieux &#8212; comment le dire autrement &#8212; le &lt;i&gt;r&#244;le&lt;/i&gt; que je joue dans ce th&#233;&#226;tre, au milieu des lumi&#232;res et des ombres quand elles jouent en soi leur d&#233;mesure, dans les deuils qui construisent patiemment ce qui tient lieu de royaume, ici, tandis que d&#233;sormais au loin devant moi, je suis pas &#224; pas, &#224; distance, la silhouette qui sait la lumi&#232;re, et les voies et les secrets qu'elle emprunte pour na&#238;tre &#224; sa propre merveille qui saura &#234;tre la n&#244;tre, oui.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>mille nuits (et une nuit)</title>
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		<dc:date>2013-01-29T23:25:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_villes</dc:subject>
		<dc:subject>_nuit</dc:subject>
		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_aura &amp; ailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>_amour</dc:subject>
		<dc:subject>_1001 nuits</dc:subject>
		<dc:subject>_vingt-deux ans</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La nuit, l'amie oh ! la lune de miel Cueillera leur sourire et remplira De mille bandeaux de cuivre le ciel. A. Rimb. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vue du ciel, rien que du ciel qui mord jusqu'o&#249; ne plus le voir et seulement l'esp&#233;rer encore, qu'il soit le m&#234;me peut-&#234;tre : et soi-m&#234;me l&#224;-bas, oui : soi-m&#234;me y &#234;tre aussi ; c'est &#234;tre ici une mani&#232;re de conjurer l'absence et de dire : je suis l&#224;-bas aussi puisque je le veux ; mais non, je suis l&#224;, d'ici d'o&#249; je peux voir le ciel mordre l&#224; o&#249; je ne suis pas, pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_solitudes" rel="tag"&gt;_solitudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies-des-morts" rel="tag"&gt;_vies des morts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cheveux" rel="tag"&gt;_cheveux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_aura-ailleurs" rel="tag"&gt;_aura &amp; ailleurs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_1001-nuits" rel="tag"&gt;_1001 nuits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vingt-deux-ans" rel="tag"&gt;_vingt-deux ans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-01-28_11-53-01-2.jpg?1359501598' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La nuit, l'amie oh ! la lune de miel&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;Cueillera leur sourire et remplira&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;&#8232;De mille bandeaux de cuivre le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;A. Rimb.&lt;/center&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Vue du ciel, rien que du ciel qui mord jusqu'o&#249; ne plus le voir et seulement l'esp&#233;rer encore, qu'il soit le m&#234;me peut-&#234;tre : et soi-m&#234;me l&#224;-bas, oui : soi-m&#234;me y &#234;tre aussi ; c'est &#234;tre ici une mani&#232;re de conjurer l'absence et de dire : je suis l&#224;-bas aussi puisque je le veux ; mais non, je suis l&#224;, d'ici d'o&#249; je peux voir le ciel mordre l&#224; o&#249; je ne suis pas, pas encore, et le voir aller ne suffit pas pour me savoir l&#224;-bas, quand ici derri&#232;re la vitre qui se dresse comme un rideau de lumi&#232;re entre moi et la lumi&#232;re qui tombe je suis l&#224; de ce c&#244;t&#233;-ci de la vitre et de la lumi&#232;re tomb&#233;e sur tout cela qui me permet de voir la lumi&#232;re et la ville en all&#233;e dans les voitures qui passent et les trains qui s'&#233;loignent et la fum&#233;e plus haut encore dans mon reflet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-01-28_11-53-12.jpg?1359501613' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8230; H&#233;las, Lui, comme&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;mille anges blancs qui se s&#233;parent sur la route,&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;s'&#233;loigne par-del&#224; la montagne ! Elle, toute&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;froide, et noire, court ! apr&#232;s le d&#233;part de l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;A. Rimb.&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces nuits qu'il aura fallu pour &#233;crire toutes ces nuits, on l'ignore, sinon on ne se l&#232;verait jamais le matin pour passer le jour et voir o&#249; il tombe ; cheveux blancs sur tous, sauf un, si jeune, qui passe et qui pourrait avoir les l&#232;vres en sang de les avoir serr&#233;es comme des poings dans les poches, je le vois de loin, c'est comme s'il avan&#231;ait vers moi et quand il passe &#224; ma hauteur, qu'il s'en va, j'ai cette image de lui dans son lit de mort qui ne me quitte pas &#8212; je pense aux photographies anciennes, au temps glorieux o&#249; la photographie &#233;tait une science jeune, ou un art, on l'ignorait, et les sourires d'enfants : je pense &#224; cette pens&#233;e que j'ai devant les sourires d'enfants de ces photographies jeunes, cette pens&#233;e que tous sont morts maintenant et que j'ai peine, moi qui suis si jeune et si vieux de l'&#234;tre dans ce si&#232;cle qui n'en est m&#234;me pas encore un, &#224; lire leur nom aujourd'hui dans le cimeti&#232;re Montparnasse au milieu des chats, maintenant que les pierres des ces vieillards sont &#224; louer, je pense &#224; cela, et dans ma folie je me mords les l&#232;vres davantage quand je passe &#224; la hauteur de ce jeune gar&#231;on que je ne verrai plus que mort ; et que suis-je d'autre pour lui qui ne pense pas du tout &#224; cela, au contraire, lui qui ne pleure pas, lui qui n'est pas fou, lui qui habite ici.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-01-28_15-21-34.jpg?1359501631' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce pour nous, Mon C&#339;ur, que les nappes de sang&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;&#8232;Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;&#8232;De rage, sanglots de tout enfer renversant&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;Tout ordre ; et l'Aquilon encor sur les d&#233;bris&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;A. Rimb.&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai oubli&#233; &#8212; comme j'oublie tous mes r&#234;ves, sauf quelques images, celle-ci par exemple, cette nuit : qu'il &#233;tait jour, et que je n'avais pas froid, je disais c'est le miracle que j'attendais, les gens autour de moi, quel miracle, on le savait bien que le froid ne durerait pas, alors tous partaient et j'attendais dans le coin de soleil o&#249; je me trouvais jusque'&#224; ce que la mer monte jusqu'&#224; moi alors autour tous &#233;taient engloutis, et se formait jusqu'&#224; moi comme une langue de terre qui me prot&#233;geait, pourquoi moi ; du ciel, toute la ville, d'o&#249; je vois toute la ville, il aura fallu combien de nuits pour l'&#233;crire celle-l&#224;, celle-l&#224; seule qui nommera l'endroit o&#249; portent mes pas, et les corps choisis pour les allonger aupr&#232;s, et dire : c'est jusqu'ici que le soleil est tomb&#233; et nous fermons les yeux comme dans la nuit pour cette fois le voir, et dire : le ciel est parmi nous, dont nous sommes issus, et ses enfants sont les n&#244;tres aussi.&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; mille loups, mille graines sauvages&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;Qu'emporte, non sans aimer les liserons,&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;Cette religieuse apr&#232;s-midi d'orage&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br/&gt;Sur l'Europe ancienne o&#249; cent hordes iront !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;A. Rimb.&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Mille nuits pour arriver &#224; cette nuit seule &#8212; de la premi&#232;re comme un serment, et l'une apr&#232;s l'autre comme les vagues, jusqu'&#224; la derni&#232;re qui les r&#233;p&#232;te toutes et les d&#233;place, continue de les mouvoir, mille nuits et une nuit comme on se pencherait pour boire, tous les soleils mir&#233;s, et au miroitement de soi on ne verrait plus que deux visages approch&#233;s pour approcher le d&#233;sir et avec lui tout le d&#233;sir des hommes tomb&#233;s jusqu'&#224; nous pour que nous puissions nous pencher au-dessus du fleuve ou de nos vies ou de cette promesse de se tenir devant cette vie comme devant la nuit qui suivrait la mille et uni&#232;me nuit, combien sommes-nous, d'y croire et de simplement faire de cette vie la croyance en cette vie ; que le fleuve passe importe moins que sa vitesse ; et comme il emporte les &#233;toiles, oh, je le vois aussi, je sais qu'il emporte aussi mon corps de vingt-deux ans, je le sais aussi fort que je sais que jamais je n'aurai mille ans, jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tous ces continents &#224; enjamber pour voir la terre, sous le ciel, et dire : je suis ici.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-01-10_17-43-37-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-01-10_17-43-37-3.jpg?1359501581' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>pr&#233;lude</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aurore/article/prelude</link>
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		<dc:date>2004-09-24T12:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Po&#235;sies</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_aurore</dc:subject>
		<dc:subject>_vingt-deux ans</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;du si&#232;cle pass&#233;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aurore/" rel="directory"&gt;aurore&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_poesies" rel="tag"&gt;_Po&#235;sies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_fiction" rel="tag"&gt;_Fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_aurore" rel="tag"&gt;_aurore&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vingt-deux-ans" rel="tag"&gt;_vingt-deux ans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;small&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Souvent je pense &#224; la Russie je pense aussi le monde a quarante ans j'y pense tout le temps je sais c'est idiot mais je pense tout le temps que le monde est nouveau qu'il est tellement nouveau et tellement vieux en m&#234;me temps maintenant tout le monde dit qu'il faut vendre la Russie qu'il n'y a rien &#224; vendre que mon p&#232;re s'est tromp&#233; tout le monde fait comme si &#231;a allait bien se passer mon p&#232;re je sais pas a construit un monde et c'est comme si on lui laissait pas sa chance c'est comme si tout le monde avait oubli&#233; que nos p&#232;res voulaient faire un monde qui ressemble &#224; un mausol&#233;e aujourd'hui on n'a plus de respect pour les morts la guerre a fait autant de morts qu'il y a de vivants en France on vit sur un milliard de morts et c'est comme si on leur crachait dessus on voudrait tout oublier je pense tout le temps &#224; des charniers j'en ai plein dans la t&#234;te je pense &#224; celui-ci ou &#224; celui-l&#224; c'est bizarre &#231;a aurait tellement pu se passer autrement &#187;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Sentinelle&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; (arnaud despleschin)&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
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&lt;p&gt;Du si&#232;cle pass&#233;, l'image effac&#233;e du ciel aux horizons de brume ressurgit, s'impose, stri&#233;e de silence en &#233;chos sous la lune. Elle, vie de vertige et d'aube, visage de rose, rivage, eau claire et jeunesse &#233;clat&#233;e, si belle. Tant de mots pos&#233;s, th&#233;&#226;tre mental qui ose se taire ce soir &#233;teint d'hiver &#233;ternel, d&#233;vers&#233;s sous son corps incertain. L'ombre &#233;close de ta pr&#233;sence nue au bord de moi se m&#234;le &#224; l'effort de veiller, la transparence rose de ta peau diaphane au sang qui l'ach&#232;ve. Et quel silence alors et quelle douce mort se pose enfin. Et, d&#233;livr&#233;e de nous, cette heure est celle qui d&#233;chire le temps, et le fonde ; et la cause de cette seconde-ci isol&#233;e, ombelle, liminale, secr&#232;te et d&#233;laiss&#233;e. J'oppose l'instant &#224; l'image effac&#233;e du ciel stri&#233;e de l'absence d'&#233;cho et qui s'impose en moi, th&#233;&#226;tre mental des folies aux ailes d'aurore. Ce soir. Qui fut le premier.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aurore/article/152' class=&#034;spip_in&#034;&gt;I.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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