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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>au touchant du monde (paume contre paume)</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'image, c'est &#224; cause du nom &#8212; des nouvelles stations de tram ont pouss&#233; partout et c'est comme si on avait &#233;t&#233; &#224; court d'id&#233;es pour les nommer. Les grands hommes manquent sans doute, et les lieux des batailles, je me suis dit. La Poterne des peupliers. Devant un nom comme Poterne des peupliers, on r&#234;ve, on imagine des peupliers &#224; la potence, des peuples &#224; lanterne qui passent sous les portes minuscules de l'Histoire. On ne pense pas longtemps, on est d&#233;j&#224; loin : le tram. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cause de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_merleau-ponty" rel="tag"&gt;_Merleau-Ponty&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-03-26_19-46-10.jpg?1364423160' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'image, c'est &#224; cause du nom &#8212; des nouvelles stations de tram ont pouss&#233; partout et c'est comme si on avait &#233;t&#233; &#224; court d'id&#233;es pour les nommer. Les grands hommes manquent sans doute, et les lieux des batailles, je me suis dit. La Poterne des peupliers. Devant un nom comme &lt;i&gt;Poterne des peupliers,&lt;/i&gt; on r&#234;ve, on imagine des peupliers &#224; la potence, des peuples &#224; lanterne qui passent sous les portes minuscules de l'Histoire. On ne pense pas longtemps, on est d&#233;j&#224; loin : le tram.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de l'image j'ai pens&#233; : je suis loin d'ici, o&#249; j'habite. Pourtant, c'est en bas de la rue, &#224; trois cent m&#232;tres de la chambre, toute une autre rue (la mienne) avec des magasins, des laveries automatiques, des boulangeries, et la ceinture du p&#233;riph&#233;rique, oui &#224; trois cent m&#232;tres : et le tram, donc. Dans ce bas de la rue, je n'y suis jamais all&#233;, &#233;videmment &#8212; puisque c'est tourner le dos &#224; la ville, alors non. Tout est en haut de la ville, et d'abord la ville elle-m&#234;me. Mais ils ont ouvert une voie de tram, en bas, et j'ai d&#233;couvert tout cela. C'est comme dans les r&#234;ves quand on se met &#224; ranger la chambre et qu'on y d&#233;couvre une porte qui ouvre sur les montagnes : c'&#233;tait donc si pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, ce ne sont pas des montagnes, seulement un bord de ville et une route qui la longe lentement. Je la regarde au loin de moi, cette ville, comme si mon corps parvenait &#224; coulisser contre elle ; j'apprends &#224; la voir et mon visage sur la vitre soudain comme on rompt le charme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;e &#224; ce que m'a dit &lt;a href=&#034;http://ariane-revel.blogspot.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ar&lt;/a&gt;., hier, autour de ce caf&#233; : elle me parle de Merleau-Ponty, son &#233;blouissement. Le mien suivra, dans la journ&#233;e, le temps que je comprenne. Moi, d'habitude, je ne peux me tenir au monde que dans ce vis-&#224;-vis qui m'isole de lui, sujet / objet, et dans ce rapport, c'est moi le sujet, lui l'objet : entre je n'ai que ma langue, le verbe qui entre le sujet et l'objet articule l'un &#224; l'autre pour rendre l'un et l'autre &#224; sa place, &#224; sa lisibilit&#233;. Ma position face au r&#233;el, je n'y &#233;chappe pas, c'est de me tenir comme devant une porte entr'ouverte au seuil de laquelle j'assiste aux choses et les note &#224; la vol&#233;e avant le courant d'air. Comme un voleur, &lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article963&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;oui, et&lt;/a&gt;, et souvent &lt;i&gt;nu dans ce monde noir sans regard sans image au fond de la nuit&lt;/i&gt;. Souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merleau-Ponty, ce renversement des perspectives. C'est dans &lt;i&gt;Le Visible et l'invisible&lt;/i&gt;, pourtant jadis lu, aucun souvenir, qu'il est. Ari. me dit, en faisant le geste lentement, ce renversement : qu'on est plut&#244;t au monde dans un rapport touchant / touch&#233;, comme deux mains se posent l'une sur l'autre (c'est l&#224;, le geste) : je pense au sonnet de Rom&#233;o, et la r&#233;ponse de Juliette, paume contre paume voil&#224; la vraie langue des p&#232;lerins (et le baiser leur langage). Je comprends, je pense &#224; la route, au chemin de la route, aux villes des p&#232;lerinages qu'on ne rejoint que parce que la route porte le nom de la ville au loin, aux cheveux coll&#233;s &#224; la sueur des nuques qui avancent, lentement, dans cette pr&#233;cision-l&#224;, lumineuse comme l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la le&#231;on de ce jour, je l'apprends peu &#224; peu et comment la rejoindre. Cela fait plusieurs mois d&#233;j&#224; que ce rapport en moi fore son &#233;vidence : oui, dans un tel rapport enfin, non plus en regard du monde mais dans l'acquiescement de sa force, on accepte l'alt&#233;ration de soi puisqu'on est soi-m&#234;me celui qui vient alt&#233;rer le monde, on accepte qu'on est soi-m&#234;me une part de la naissance du monde puisque c'est nous qui lui donnons naissance de notre regard et de nos mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est un long chemin d'apprendre ce risque &#8212; que l'alt&#233;rit&#233; est dans l'alt&#233;ration (que l'enjeu du d&#233;sir est celui de la soif &#224; &#233;tancher, et non du manque qui ass&#232;che) de tout ce qui manque au r&#233;el pour qu'il s'exauce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne s'agit pas de se fracasser au r&#233;el, ou de s'y ab&#238;mer, ou, non, d'y plonger les mains sales dans sa salet&#233; pour s'en dire quitte : non. Mais d'y prendre sa part, et sur la page lui inventer des espaces d'affranchissement pour qu'en retour dehors ces espaces aient un nom, et qu'on dise : je leur appartiens, je suis n&#233; d'eux parce qu'ils sont issus de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience du monde, j'ai cru longtemps que c'&#233;tait de le voir, et parfois d'en faire l'&#233;preuve &#8211; je comprends peu &#224; peu, maintenant que je suis pr&#234;t &#224; m'y offrir, que c'est de pr&#233;parer sa place en soi pour lui, afin qu'en soi il grandisse, renouvelle le d&#233;sir qu'on lui pr&#234;te, qu'on lui vole bient&#244;t pour courir lui rendre, &lt;i&gt;Comme la preuve d'&#234;tre embrumant le miroir, Si fragile bonheur qu'&#224; peine on peut y croire au fond de la nuit&lt;/i&gt;. Qu'&#224; peine et pourtant, c'est &#224; cette croyance qu'on se livre, qu'on s'y livre enti&#232;rement pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi, c'&#233;tait le Salon du livre, la foule, les livres partout, et rien pour att&#233;nuer le bruit ; seulement&lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/pour-la-voix-lectures-publiques/article/lecture-autour-de-ce-que-nous-sommes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;quand j'ai lu, &#224; cette table ronde,&lt;/a&gt;, j'ai eu besoin de parler fort au micro (trop fort, pardon encore) pour entendre un peu les mots qui se disaient de moi ; et quand je me suis tu, le bruit encore, le bouhaha encore, et si les visages devant moi disaient : on a entendu, est-ce qu'une part du bruit de fond a &#233;t&#233; emport&#233;e, et qui l'a emport&#233; sur l'autre, de ma voix et de ce flot-l&#224; ? Et je pense &#224; Janis Otsi&#233;mi, &#224; lui que je ne connais pas et au souvenir de ses livres, &#224; moi qui suis l&#224; et pas lui, et pourquoi cette injustice ici qui fait violence &#224; ma pr&#233;sence l&#224; : je pense &#224; cela, c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le jour du mardi, c'est l'abrutissement de cette vie sociale, des dossiers incompr&#233;hensibles qui ob&#233;issent &#224; des lois inconnues. Rien &#224; dire. Dans les pages de mon site de toute mani&#232;re, je ne veux pas faire &#233;tat &lt;i&gt;des moments nuls de la vie.&lt;/i&gt; C'est la r&#232;gle, la seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi, c'&#233;tait au th&#233;&#226;tre le soir, Ch&#226;tillon dans le retard, je cours : la ville est tellement vide, ce n'est pas la ville, c'est une excroissance morte. &lt;i&gt;Je suis aupr&#232;s de toi le guetteur qui se trouble, A chaque pas qu'il fait de l'&#233;cho qui le double au fond de la nuit.&lt;/i&gt; Le th&#233;&#226;tre est plein, j'arrive pour le d&#233;but. Le texte est immense, long comme cette nuit, et le corps devant moi qui les dit, &#224; bout portant, long comme la nuit aussi est profonde et longue. Au matin, j'aurai dormi pour la premi&#232;re fois depuis des semaines ; il n'est pas tard, mais c'est comme d'un long sommeil que je sors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, je r&#233;alise que j'arrive enfin &#224; fermer le poing, parfaitement ou presque ; je fais le geste plusieurs fois, mille fois, comme un enfant prononce un mot qu'il vient de d&#233;couvrir, mille fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je me l&#232;ve enfin, le ciel grand dehors derri&#232;re les rideaux tir&#233;s (depuis un mois (j'ai mes raisons)), je pense aux peupliers, &#224; leur poterne, &#224; la ville qui habitait jadis cette ville et qui a disparu jadis avec les peupliers, aux mains qu'on touche et qu'on serre pour qu'elles prennent forme de nos mains ferm&#233;es sur elles, aux voix des songes quand le th&#233;&#226;tre vient s'en prendre &#224; elles, et aux terres qui poussent avec de la vie sur elles, aux mains qu'on y plonge et qu'on ressortira lav&#233;es de toute cette terre, un jour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2027 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH667/2013-03-26_19-46-24-0b2f6.jpg?1769979408' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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