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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>en attendant le bateau (folie des assauts)</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
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		<dc:subject>_George Perros</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'y a que l'eau, les femmes et la mort, qui nous prennent dans notre nudit&#233;. Nous changent. &lt;br class='autobr' /&gt;
G. Perros &lt;br class='autobr' /&gt;
La rentr&#233;e comme une grande retraite au large. Dans les regards des gens, je le voyais, c'&#233;tait aujourd'hui : aujourd'hui qu'on conc&#233;derait sa vie &#224; la vie r&#233;elle. Me suis assis au m&#234;me caf&#233;, au m&#234;me endroit, &#224; la m&#234;me table, repris la ligne l&#224; o&#249; je l'avais laiss&#233;e hier, l'ai tir&#233;e l&#224; o&#249; je l'ai pu ce soir, l&#224; o&#249; je la reprendrai demain matin ; j'avais oubli&#233; qu'il pouvait faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_george-perros" rel="tag"&gt;_George Perros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_17-51-34.jpg?1377534348' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=false&amp;width=700&amp;height=80&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=65446365&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;80&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que l'eau, les femmes et la mort, qui nous prennent dans notre nudit&#233;. Nous changent.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;G. Perros&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;rentr&#233;e&lt;/i&gt; comme une grande retraite au large. Dans les regards des gens, je le voyais, c'&#233;tait aujourd'hui : aujourd'hui qu'on conc&#233;derait sa vie &#224; la vie r&#233;elle. Me suis assis au m&#234;me caf&#233;, au m&#234;me endroit, &#224; la m&#234;me table, repris la ligne l&#224; o&#249; je l'avais laiss&#233;e hier, l'ai tir&#233;e l&#224; o&#249; je l'ai pu ce soir, l&#224; o&#249; je la reprendrai demain matin ; j'avais oubli&#233; qu'il pouvait faire froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu, &#224; la radio, t&#233;moignages de la folie des hommes au front dans les tranch&#233;es : les cas o&#249; les types &#233;taient pli&#233;s (le nom de la maladie &#233;tait horrible, je l'ai oubli&#233;e) en deux sans signe de blessure, ou alors, ils restaient au contraire raides avec les bras le long du corps, certains &#233;taient sourds (alors qu'ils pouvaient entendre), aveugles (alors qu'ils pouvaient voir) &#8211; des cas d'hyst&#233;rie, on ne pouvait le concevoir, la race &#233;tait forte qui devait l'emporter sur la d&#233;bilit&#233; des esprits, et c'&#233;tait aussi pour cela qu'elle faisait la guerre, la race, pour prouver qu'elle &#233;tait sup&#233;rieure ; mais les types revenaient du front terrifi&#233;s, et non pas hauss&#233;s dans leur &#234;tre et la virilit&#233; de l'esp&#232;ce : c'&#233;tait incompr&#233;hensible. Quand on passe des mois sous le feu continu, qu'on se l&#232;ve pour tuer, et qu'on tue, et, myst&#233;rieusement, qu'on n'est pas tu&#233;, on devient fou au lieu de mort. Les m&#233;decins pensaient que la folie avait cause dans le corps, des particules invisibles d'obus qui tranchaient les nerfs &#8211; les corps &#233;taient intacts, comme apr&#232;s des attaques au gaz, et pourtant atteint, plus loin que les nefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange ce temps dehors, comme s'il venait de pleuvoir, mais il n'a pas plu. Et un vent comme s'il allait venir, mais qu'il ne viendrait que de loin. Le vent du boulet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu, &#224; la radio, t&#233;moignages de la folie des hommes au front, le syndrome de Damocl&#232;s : certains pr&#233;f&#233;raient mourir plut&#244;t que d'avoir peur de mourir, tant la peur &#233;tait plus forte que la mort elle-m&#234;me. Et ensuite, l'effarement de se dire qu'on est les survivants de cela, qu'on est issue de cela, qu'on en est les h&#233;ritiers &#8211; que le monde autour de moi est celui qu'ils nous ont laiss&#233;, ces hommes fous de n'avoir pas &#233;t&#233; morts, plut&#244;t que fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'apr&#232;s-midi, de nouveau des t&#226;ches impossibles (les coups de t&#233;l&#233;phone aux administrations qui accablent, j'aurais pu les faire il y a dix jours : je comprends pourquoi je ne l'ai pas fait). Se dire que tout ce qui a pris le pas sur la sauvagerie, l'organisation sociale, est une r&#233;ponse aux f&#233;rocit&#233;s, peut-&#234;tre, et pr&#233;serve de la folie furieuse, pour mieux l'organiser aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit qu'au moment de l'assaut sur les citadelles de Verdun, apr&#232;s des heures de canonnades au plus lourd comme on n'a pas id&#233;e, comme on n'aura jamais plus id&#233;e, les allemands ont trouv&#233; les soldats fran&#231;ais dans leurs trous, qui dormaient. Le sommeil est le meilleur abri du corps pour traverser la folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du ciel que j'aurais regard&#233; toute la journ&#233;e en esp&#233;rant une accalmie, je n'ai rien trouv&#233; que ce temps d'avant les orages, ou d'apr&#232;s. Et moi au milieu, attendant ce qui n'arriverait pas, ici, devant la masse de papiers &#224; ranger &#8211; me r&#233;fugie dans le sommeil des filles du feu. Dans nos combats minuscules, qui n'ont rien des gestes insens&#233;s d'avant, sauf le sens peut-&#234;tre que la bureaucratie pr&#234;te aux vaincus, j'ai des pens&#233;es immenses, de grand large et de ciels enfin nets de temp&#234;te aux pr&#232;s. J'ai ces pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de l'assaut, on raconte les larmes de ceux qui &#233;taient revenus, ivres, de rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas le choix du monde auquel on appartient, ces guerres tranquilles qu'on nous impose, sans cadavre visible, sans assaut et sans horreur (il y a les journaux pour cela, les regarder salit &#224; la fois de ne pas &#234;tre l&#224;-bas, et de penser qu'on est sali en se r&#234;vant l&#224;-bas) &#8211; j'ai crois&#233; ce type, un fou encore, on en croise tous les jours, sorti de quelle guerre, lui ? &#201;chapp&#233; de quel assaut, survivant d'o&#249; ? Et je me suis demand&#233; s'ils me regardaient comme &#233;chapp&#233; d'un assaut aussi, mais lequel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens qu'apr&#232;s le r&#234;ve des feuilles mortes &#8211; les enfants levaient des bonhommes de feuilles mortes tant il y en avait sur le sol &#8211;, j'ai vu un bateau minuscule s'&#233;loigner, avec moi seul &#224; bord, qui me faisait signe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2555 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_18-22-54.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_18-22-54.jpg?1377534353' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le temps aura pass&#233; (comme une d&#233;chirure)</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
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		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_George Perros</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Noyer le pr&#233;sent. Nous sommes les poissons de l'air. &lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Perros, Papiers coll&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'air, la possibilit&#233; arr&#234;t&#233;e de ce qui va venir, la possibilit&#233; des autres qui autour s'&#233;loignent, il est si tard, le matin n'a d&#233;j&#224; plus dans le ciel trace de lune ou d'&#233;toile, un seul nuage pos&#233; justement entre moi et le soleil, fatalement, arbitrairement, cette phrase qui se laisse &#233;crire pour laisser croire qu'il n'y aura qu'une seule phrase, qu'un seul moment pour la fixer alors qu'elle est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies" rel="tag"&gt;_vies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_solitudes" rel="tag"&gt;_solitudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cheveux" rel="tag"&gt;_cheveux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_george-perros" rel="tag"&gt;_George Perros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-19_00-11-56.jpg?1376926020' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=false&amp;width=700&amp;height=80&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=62968736&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;80&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Noyer le pr&#233;sent. Nous sommes les poissons de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Georges Perros, &lt;i&gt;Papiers coll&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans l'air, la possibilit&#233; arr&#234;t&#233;e de ce qui va venir, la possibilit&#233; des autres qui autour s'&#233;loignent, il est si tard, le matin n'a d&#233;j&#224; plus dans le ciel trace de lune ou d'&#233;toile, un seul nuage pos&#233; justement entre moi et le soleil, fatalement, arbitrairement, cette phrase qui se laisse &#233;crire pour laisser croire qu'il n'y aura qu'une seule phrase, qu'un seul moment pour la fixer alors qu'elle est venue de si loin, de tellement loin qu'elle viendra ici s'&#233;chouer pour dire qu'ici elle s'est &#233;chou&#233;e, &#224; l'endroit pr&#233;cis o&#249; je regardais la lune hier qui n'est pas l&#224; quand je voudrais qu'elle soit, et dise : je suis l&#224; aussi, et la morsure de la mer reflux dans le lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la solitude, je porte surtout celle des autres ; je m'en souviens. Dans ces jours qui se r&#233;p&#232;tent, et qui appellent d&#233;j&#224; au manque &#8211; et qui pourtant disent enti&#232;rement l'&#233;t&#233; deux mille treize, comment je l'aurais v&#233;cu, et ce qu'il aura marqu&#233; en moi : dans ces jours qui ne sont jamais les m&#234;mes et dans lesquels je fixe le rituel comme une m&#234;me blessure sur un corps toujours changeant, je vais comme en moi-m&#234;me, aucun recours possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par poign&#233;es de cheveux, le pass&#233; comme une d&#233;chirure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;les cheveux ne sont pas d&#233;chirure mais flux, comme le pass&#233;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;ve de cette nuit : une histoire de voyage dans le temps, o&#249; du futur, je revenais dans le pass&#233; pour m'emp&#234;cher d'aller dans le futur aller dans le pass&#233; &#8211; au r&#233;veil, je n'avais toujours pas compris. Il y avait un long tunnel, je ne voulais pas entrer, avais tellement sommeil, m'allongeais, et j'&#233;tais incapable de dormir (au r&#233;veil, j'avais compris pourquoi : parce que je dormais d&#233;j&#224;). Il faut porter ces myst&#232;res jusqu'&#224; la nuit prochaine, qui se creuseront d'autres tunnels (&#233;trangement, je suis fier de moi, de m'&#234;tre allong&#233; l&#224;, au pied de ce tunnel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans trois semaines, le temps aura pass&#233;, et c'est incompr&#233;hensible. D'ici l&#224;, tout ce qui doit advenir, comme chaque mois, est consid&#233;rable. Je pense au vieil homme qui tout le matin comme moi vient &#224; cette table de caf&#233;, toujours la m&#234;me (la mienne est de l'autre c&#244;t&#233; de la terrasse). Il apporte un livre, le m&#234;me, qu'il n'ouvrira pas, il boit son caf&#233;, regarde les nuages se poser entre le soleil et sa peau, et quand il a fini, il s'en va. Je ne sais pas ce qu'il a fini. Sur l'&#233;cran de l'ordinateur, quelques phrases qui disent tout ce temps pass&#233; &#224; lui trouver des raisons de passer et de nommer ce passage. Je pense ensuite &#224; mon visage, allong&#233; au soleil au pied du tunnel, les temps qui circulent. Les r&#234;ves qu'il faudra faire pour pouvoir l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le ciel ce soir, peut-&#234;tre la m&#234;me lune, et moi, peut-&#234;tre le m&#234;me, pos&#233; entre le sol et la surface de cette lune. Et moi marchant ici, pour l&#224;-bas, rejoignant, infiniment, ce qui me s&#233;pare, ici, de l&#224;-bas, l'&#233;crivant peut-&#234;tre le lendemain, pour n'avoir pas &#224; le r&#234;ver.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-19_00-11-48.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-19_00-11-48.jpg?1376926024' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;les cheveux ne sont pas d&#233;chirure mais flux, comme le pass&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paris, sur certains reflets (Rimbaud et ses chutes) </title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/paris-sur-certains-reflets-rimbaud-et-ses-chutes</link>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_vies</dc:subject>
		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_Arthur Rimbaud</dc:subject>
		<dc:subject>_routes &amp; chemins</dc:subject>
		<dc:subject>_George Perros</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qu'on est, c'est ce qu'on pense involontairement, et qui nous guide au moment o&#249; nous nous croyions perdus. Pens&#233;es-oiseaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Perros &lt;br class='autobr' /&gt; Vivre dehors, du lever au coucher du soleil. Le matin, assis &#224; la m&#234;me table chaque matin, savoir par habitude o&#249; le soleil vient se poser sur soi, &#224; partir de quelle heure il dispara&#238;t derri&#232;re l'immeuble, et quand il va revenir. Les serveurs me chassent &#224; midi. Le temps est compt&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une forme de rite. J'avais fini par trouver la semaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies" rel="tag"&gt;_vies&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/jrn_1408.jpg?1376499722' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on est, c'est ce qu'on pense involontairement, et qui nous guide au moment o&#249; nous nous croyions perdus. Pens&#233;es-oiseaux.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Georges Perros&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Vivre dehors, du lever au coucher du soleil. Le matin, assis &#224; la m&#234;me table chaque matin, savoir par habitude o&#249; le soleil vient se poser sur soi, &#224; partir de quelle heure il dispara&#238;t derri&#232;re l'immeuble, et quand il va revenir. Les serveurs me chassent &#224; midi. Le temps est compt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une forme de rite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Et les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l'espace. Car (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'avais fini par trouver la semaine derni&#232;re aupr&#232;s de &lt;a href=&#034;http://jeremiescheidler.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J.&lt;/a&gt; (qui aide toujours &#224; dire, &#224; approcher au plus pr&#232;s de l'intuition premi&#232;re) : si le th&#233;&#226;tre m'est si important, c'est &#224; cause de cela, qu'il est un rite sans destination, sacrifice de lui-m&#234;me, du temps peut-&#234;tre (j'avais d&#251; ajouter : une machine &#224; fabriquer du pr&#233;sent). Ce matin, j'y repense, arr&#234;t&#233; sur cette page pendant deux heures (le d&#233;but de la deuxi&#232;me partie de cette pi&#232;ce) (pourquoi faut-il que je fasse des parties ?). Oui, d&#233;cid&#233;ment &#233;crire (pour) le th&#233;&#226;tre est impossible. Puis, deux mots plus tard apr&#232;s deux heures, cinq pages en vingt minutes, c'est trop injuste. Le soleil d&#233;j&#224; &#224; midi, il faut partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;jeuner avec D. &amp; &lt;a href=&#034;http://http://ariane-revel.blogspot.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A.&lt;/a&gt; qui revient de terre sainte &#8211; je dis toujours J&#233;rusalem pour dire Isra&#235;l. C'est comme New York, qui est pour moi tout entier de l'autre c&#244;t&#233;, cet autre c&#244;t&#233; enti&#232;rement confondu dans cette ville. (Ai regard&#233; dans l'apr&#232;s-midi des photos de New York au d&#233;but du XX e si&#232;cle, impression d'une ville b&#226;tie avec des maisons de poup&#233;e). Elle me dit que le Jourdain est un mince courant d'eau. Comme le Rubicon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais vu le Rubicon. Je n'ai jamais vu le Jourdain. Je n'ai jamais vu New-York. C'est comme apprendre &#224; lire et &#233;crire : un jour on apprend &#224; lire et &#233;crire, et c'est jusqu'&#224; sa mort. Un jour, on voit une ville qu'on ne verra plus jamais comme une ville qu'on n'aura jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure cette apr&#232;s-midi &#224; suivre la seconde fugue de Rimb. sur une carte &#8211; entre Charleville et Bruxelles, tous les villages o&#249; il s'arr&#234;te pour visiter les copains : Fumay, Vireux, Landrichamps, Givet. Je suis avec le doigt. C'est loin, c'est tout pr&#232;s. La route doit &#234;tre d&#233;sormais goudronn&#233;e ; sur les bas-c&#244;t&#233;, il suffit de gratter la terre pour trouver des munitions, des fourreaux de ba&#239;onnettes, des masques &#224; gaz, des corps en poussi&#232;re mal enterr&#233;s depuis 1917. Rimb. ici marchant &lt;i&gt;les poings dans les poches&lt;/i&gt; enjambe dans ma m&#233;moire les herbes hautes, passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accumuler des notes, qui ne seront que des chutes, avant m&#234;me le texte : oui, c'est cela : les chutes qui pr&#233;c&#232;dent le texte, couper avant m&#234;me de commencer, et n'avoir entre ses doigts, que des coupes pour seul texte. Ce n'est pas tant que tout a &#233;t&#233; &#233;crit sur Rimbaud (tout a &#233;t&#233; &#233;crit), c'est que, s'agissant d'une vie men&#233;e &lt;i&gt;ainsi&lt;/i&gt; dans la pr&#233;cipitation de la vie, la vie &#233;chappe, imm&#233;diatement, s'il faut l'&#233;crire &#8211; surtout s'agissant d'une vie imaginaire qu'il faut &#233;crire. Il faudrait pouvoir commencer ces &lt;i&gt;Vies imaginaires de Rimbaud&lt;/i&gt; par un commencement pris de plus loin, s'envelopper dans un texte toujours d&#233;j&#224; entrepris en arri&#232;re de soi, et qu'on &lt;/i&gt;prendrait en route.&lt;/I&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, sur le ciel, du vent dans les nuages gris, noirs, des nuances. Rue Pascal, des gens en terrasse. Les couples regardent les voitures passer sans un mot. Sur certains reflets, on peut voir l'&#233;t&#233; basculer vers le soir, les jours plus courts, moins denses, l'air de septembre d&#233;j&#224;, comme une fragilit&#233;. Je ne m'y attarde pas. Au pli du mois d'ao&#251;t, Paris est vide, on peut prendre toute la place, traverser Ch&#226;telet &#224; six heures du matin et se sentir de ce temps-l&#224;, au pr&#233;sent. Apprendre l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi, sur ces reflets, cesser de chercher son propre reflet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH670/jrn_1408_2-2-25d48.jpg?1769998349' width='500' height='670' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Et les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l'espace. Car il est bon que le temps qui s'&#233;coule ne nous paraisse point nous user et nous perdre, comme la poign&#233;e de sable, mais nous accomplir. Il est bon que le temps soit une construction. Ainsi je marche de f&#234;te en f&#234;te, et d'anniversaire en anniversaire, de vendange en vendange, comme je marchais, enfant, de la salle du conseil &#224; la salle du repos, dans l'&#233;paisseur du palais de mon p&#232;re, o&#249; tous les pas avaient un sens. &#187; Saint-Ex.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>en restant vivant (ma place sous le ciel)</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/en-restant-vivant-ma-place-sous-le-ciel</link>
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		<dc:date>2013-08-08T19:30:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
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		<dc:subject>_th&#233;&#226;tre</dc:subject>
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		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>
		<dc:subject>_George Perros</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il suffit, &#224; trente ans, de penser qu'on aurait pu mourir &#224; quinze ans, et de voir ce qu'on a perdu, gagn&#233;, en restant vivant, pour trouver ridicule tout effroi de la mort. &lt;br class='autobr' /&gt;
G. Perros, Papiers Coll&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt; Que le pass&#233; est comme le malheur, qu'il est partout. (Ce n'&#233;tait pas cela, la phrase, entendue au r&#233;veil, est-ce dans le r&#234;ve, ailleurs ?) &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la journ&#233;e d'hier, compl&#232;tement accabl&#233; de fatigue &#8211; premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es : dormir avant la nuit, de pur &#233;puisement. Se r&#233;veiller (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_adolescence" rel="tag"&gt;_adolescence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_theatre" rel="tag"&gt;_th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-06_18-41-15.jpg?1375990151' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il suffit, &#224; trente ans, de penser qu'on aurait pu mourir &#224; quinze ans, et de voir ce qu'on a perdu, gagn&#233;, en restant vivant, pour trouver ridicule tout effroi de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;G. Perros, &lt;i&gt;Papiers Coll&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Que le pass&#233; est comme le malheur, qu'il est partout. (Ce n'&#233;tait pas cela, la phrase, entendue au r&#233;veil, est-ce dans le r&#234;ve, ailleurs ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e d'hier, compl&#232;tement accabl&#233; de fatigue &#8211; premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es : dormir avant la nuit, de pur &#233;puisement. Se r&#233;veiller mille fois, s'endormir imm&#233;diatement &#224; chaque fois, mais avoir vu s'afficher toutes les heures ou presque. La fen&#234;tre ouverte dans les bruits de la rue. Je note cela aussi, parce qu'il faudrait &#233;crire un journal des nuits, et qu'on en est incapable, on n'&#233;crirait seulement s'&#234;tre r&#233;veill&#233;, jusqu'&#224; perdre le sens des interruptions, du r&#234;ve ou de la veille, lequel remplace quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, une travers&#233;e du th&#233;&#226;tre - a&lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1158&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ccompagner un parcours,&lt;/a&gt;un trajet des corps. Savoir qu'on y jette tout, sur une parcelle m&#234;me, infime, que le th&#233;&#226;tre peut cela : qu'on peut tout y jouer, sa vie, la vie elle-m&#234;me, que tout s'y jouera, et qu'on lui succ&#233;dera, h&#233;b&#233;t&#233;, accabl&#233; de fatigue, debout encore, dans le th&#233;&#226;tre vide (j'aime tant les th&#233;&#226;tres vides, les plateaux vides, les murs qu'on peut toucher n'ont pas le m&#234;me rapport au temps, la m&#234;me distance aux corps qu'ailleurs). Voir les corps aller d'un bout &#224; l'autre du plateau, conduit par des forces &#233;tranges, et belles, et secr&#232;tes, et &#224; distance de moi pour toujours sans doute. J'&#233;crirai cela seul, tant pis pour moi, m&#234;me si c'&#233;tait pour les corps eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, le ciel a sa place, moi dessous &#8211; je regarde une carte comme tous les jours, des endroits du monde o&#249; il fait encore nuit : un journal de cela, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecture des notes de Perros &#8211; je hais habituellement la terrible aridit&#233; des aphorismes, l'intelligence hautaine et d&#233;finitive que prennent la plupart du temps ces pens&#233;es de sagesse qui n'admettent aucune r&#233;plique, tout entour&#233;s de l'arrogance de celui qui les a pens&#233;es pour nous, et qu'il nous faut accepter, et non comprendre : ici pourtant, quelque chose qui d&#233;borde, d&#233;figure, devant lequel je me tiens sans accepter ni comprendre, et qui retourne sur tout le gant des apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quinze ans, je n'ai aucun souvenir de moi, ou de ma propre mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain, le ciel sous lequel j'irai sera du m&#234;me c&#244;t&#233; de la mer que moi. Demain, je serai rest&#233; vivant jusqu'&#224; aujourd'hui, c'est tout ce que je peux accepter, et comprendre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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