<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
	<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?id_mot=492&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
		<url>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/banniere_site.jpg?1748268196</url>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
		<height>81</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Michel Houellebecq | &#171; Jacques Pr&#233;vert est un con &#187;</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/michel-houellebecq-jacques-prevert-est-un-con</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/michel-houellebecq-jacques-prevert-est-un-con</guid>
		<dc:date>2013-08-08T21:11:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_pages</dc:subject>
		<dc:subject>_Michel Houellebecq</dc:subject>
		<dc:subject>_Jacques Pr&#233;vert</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tout cela fait beaucoup de bonnes raisons pour d&#233;tester Jacques Pr&#233;vert&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/" rel="directory"&gt;Pages | Arrach&#233;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_pages" rel="tag"&gt;_pages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_michel-houellebecq" rel="tag"&gt;_Michel Houellebecq&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_jacques-prevert" rel="tag"&gt;_Jacques Pr&#233;vert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1161.jpg?1375996313' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Soit donc Michel Houellebecq. &#192; cause de certains passages dans &lt;i&gt;Plateforme&lt;/i&gt;, des derni&#232;res pages de &lt;i&gt;La Possibilit&#233; d'une &#238;le&lt;/i&gt; &#8211; ou cette mani&#232;re radicale d'utiliser le langage de la platitude du langage informationnel contemporain pour traiter des m&#234;mes th&#232;mes que les pr&#233;-romantiques. Je ne sais pas si cela me rend plus obsc&#232;ne encore le discours des publicitaires et des commerciaux, ou plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s encore les pr&#233;-romantiques, mais c'est en tout une forme de path&#233;tique qui &#224; mes yeux rend Michel Houellebecq aimable, et son &#233;chec, absolu, incontestable, pas m&#234;me contest&#233; par ses livres et leur auteur : livres qui me semblent comme ces suicides r&#233;p&#233;t&#233;s qui perdent espoir en eux-m&#234;mes &#224; mesure qu'on les sauve. Il y a aussi certains textes de Michel Houellebecq qui le sauvent de lui-m&#234;me (qui sauvent la tendresse que j'ai pour lui serait plus juste : je n'ai finalement rien &#224; dire sur l'&#339;uvre de Michel Houellebecq, quelle qu'elle soit, s'il en est une, et si consid&#233;rable et d&#233;risoire qu'elle soit, consid&#233;rable parce que d&#233;risoire peut-&#234;tre) : quelques passages dans &lt;i&gt;Interventions&lt;/i&gt;. Celui-ci notamment, et en raison pr&#233;cis&#233;ment d'une courte remarques sur Artaud &#8211; qu'aucun Michel Houellebecq n'aurait pu formuler, sauf Michel Houellebecq lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;Cet article est paru dans le num&#233;ro 22 (juillet 1992) des &lt;i&gt;Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;.&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Jacques Pr&#233;vert est quelqu'un dont on apprend des po&#232;mes &#224; l'&#233;cole. Il en ressort qu'il aimait les fleurs, les oiseaux, les quartiers du vieux Paris, etc. L'amour lui paraissait s'&#233;panouir dans une ambiance de libert&#233; ; plus g&#233;n&#233;ralement, il &#233;tait &lt;i&gt;plut&#244;t pour&lt;/i&gt; la libert&#233;. Il portait une casquette et fumait des Gauloises ; on le confond parfois avec Jean Gabin ; d'ailleurs c'est lui qui a &#233;crit le sc&#233;nario de &lt;i&gt;Quai des brumes,&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;Portes de la nuit&lt;/i&gt;, etc. Il a aussi &#233;crit le sc&#233;nario des &lt;i&gt;Enfants du paradis&lt;/i&gt;, consid&#233;r&#233; comme son chefd'&#339;uvre. Tout cela fait beaucoup de bonnes raisons pour d&#233;tester Jacques Pr&#233;vert ; surtout si on lit les sc&#233;narios jamais tourn&#233;s qu'Antonin Artaud &#233;crivait &#224; la m&#234;me &#233;poque. Il est affligeant de constater que ce r&#233;pugnant &lt;i&gt;r&#233;alisme po&#233;tique&lt;/i&gt;, dont Pr&#233;vert fut l'artisan principal, continue &#224; faire des ravages, et qu'on pense faire un compliment &#224; Leos Carax en l'y rattachant (de la m&#234;me mani&#232;re Rohmer serait sans doute un nouveau Guitry, etc.). Le cin&#233;ma fran&#231;ais ne s'est en fait jamais relev&#233; de l'av&#232;nement du parlant ; il finira par en crever, et ce n'est pas plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, &#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque que Jean-Paul Sartre, Jacques Pr&#233;vert a eu un succ&#232;s &#233;norme ; on est malgr&#233; soi frapp&#233; par l'optimisme de cette g&#233;n&#233;ration. Aujourd'hui, le penseur le plus influent, ce serait plut&#244;t Cioran. A l'&#233;poque on &#233;coutait Vian, Brassens... Amoureux qui se b&#233;cotent sur les bancs publics, babyboom, construction massive de HLM pour loger tout ce monde-l&#224;. Beaucoup d'optimisme, de foi en l'avenir, et un peu de connerie. &#192; l'&#233;vidence, nous sommes devenus beaucoup plus intelligents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les intellectuels, Pr&#233;vert a eu moins de chance. Ses po&#232;mes regorgent pourtant de ces jeux de mots stupides qui plaisent tellement chez Bobby Lapointe ; mais il est vrai que la chanson est comme on dit un &lt;i&gt;genre mineur&lt;/i&gt;, et que l'intellectuel, lui aussi, doit se d&#233;tendre. Quand on aborde le texte &#233;crit, son vrai gagne-pain, il devient impitoyable. Et le &#171; travail du texte &#187;, chez Pr&#233;vert, reste embryonnaire : il &#233;crit avec limpidit&#233; et un vrai naturel, parfois m&#234;me avec &#233;motion ; il ne s'int&#233;resse ni &#224; l'&#233;criture, ni &#224; l'impossibilit&#233; d'&#233;crire ; sa grande source d'inspiration, ce serait plut&#244;t la vie. Il a donc, pour l'essentiel, &#233;chapp&#233; aux th&#232;ses de troisi&#232;me cycle. Aujourd'hui cependant il rentre &#224; la Pl&#233;iade, ce qui constitue une seconde mort. Son &#339;uvre est l&#224;, compl&#232;te et fig&#233;e. C'est une excellente occasion de s'interroger : pourquoi la po&#233;sie de Jacques Pr&#233;vert est-elle si m&#233;diocre, &#224; tel point qu'on &#233;prouve parfois une sorte de honte &#224; la lire ? L'explication classique (parce que son &#233;criture &#171; manque de rigueur &#187;) est tout &#224; fait fausse ; &#224; travers ses jeux de mots, son rythme l&#233;ger et limpide, Pr&#233;vert exprime en r&#233;alit&#233; parfaitement sa conception du monde. La forme est coh&#233;rente avec le fond, ce qui est bien le maximum qu'on puisse exiger d'une forme. D'ailleurs quand un po&#232;te s'immerge &#224; ce point dans la vie, dans la vie r&#233;elle de son &#233;poque, ce serait lui faire injure que de le juger suivant des crit&#232;res purement stylistiques. Si Pr&#233;vert &#233;crit, c'est qu'il a quelque chose &#224; dire ; c'est tout &#224; son honneur. Malheureusement, ce qu'il a &#224; dire est d'une stupidit&#233; sans bornes ; on en a parfois la naus&#233;e. Il y a de jolies filles nues, des bourgeois qui saignent comme des cochons quand on les &#233;gorge. Les enfants sont d'une immoralit&#233; sympathique, les voyous sont s&#233;duisants et virils, les jolies filles nues donnent leur corps aux voyous ; les bourgeois sont vieux, ob&#232;ses, impuissants, d&#233;cor&#233;s de la L&#233;gion d'honneur et leurs femmes sont frigides ; les cur&#233;s sont de r&#233;pugnantes vieilles chenilles qui ont invent&#233; le p&#233;ch&#233; pour nous emp&#234;cher de vivre. On conna&#238;t tout cela ; on peut pr&#233;f&#233;rer Baudelaire. Ou m&#234;me Karl Marx, qui, au moins, ne se trompe pas de cible lorsqu'il &#233;crit que &#171; le triomphe de la bourgeoisie a noy&#233; les frissons sacr&#233;s de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque et de la sentimentalit&#233; &#224; quatre sous dans les eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Lutte des classes en France.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'intelligence n'aide en rien &#224; &#233;crire de bons po&#232;mes ; elle peut cependant &#233;viter d'en &#233;crire de mauvais. Si Jacques Pr&#233;vert est un mauvais po&#232;te c'est avant tout parce que sa vision du monde est plate, superficielle et fausse. Elle &#233;tait d&#233;j&#224; fausse de son temps ; aujourd'hui sa nullit&#233; appara&#238;t avec &#233;clat, &#224; tel point que l'&#339;uvre enti&#232;re semble le d&#233;veloppement d'un gigantesque clich&#233;. Sur le plan philosophique et politique, Jacques Pr&#233;vert est avant tout un libertaire ; c'est-&#224;-dire, fondamentalement, un imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187;, nous y barbotons maintenant depuis notre plus tendre enfance. On peut s'en accommoder, essayer d'y survivre ; on peut aussi se laisser couler. Mais ce qu'il est impossible d'imaginer, c'est que la lib&#233;ration des puissances du d&#233;sir soit &#224; elle seule susceptible d'amener un r&#233;chauffement. L'anecdote veut que ce soit Robespierre qui ait insist&#233; pour ajouter le mot &#171; fraternit&#233; &#187; &#224; la devise de la R&#233;publique ; nous sommes aujourd'hui en mesure d'appr&#233;cier pleinement cette anecdote. Pr&#233;vert se voyait certainement comme un partisan de la fraternit&#233; ; mais Robespierre n'&#233;tait pas, loin de l&#224;, un adversaire de la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Lutte des classes en France&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
