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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Le Theatrum Mundi du web</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;critures num&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>_inventer le web</dc:subject>
		<dc:subject>_N&#238;mes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;performance au colloque &#034;L'auteur.e &#224; l'&#232;re du num&#233;rique&#034;, N&#238;mes&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/ecritures-numeriques-webnotes/" rel="directory"&gt;&#201;CRITURES NUM&#201;RIQUES | WEBNOTES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_theatre" rel="tag"&gt;_th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ecritures-numeriques" rel="tag"&gt;_&#233;critures num&#233;riques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_inventer-le-web" rel="tag"&gt;_inventer le web&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_nimes" rel="tag"&gt;_N&#238;mes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2099.jpg?1522184305' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff2099.jpg?1522184337&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du colloque L'auteur&#8226;e &#224; l'heure du num&#233;rique organis&#233; par Ste&#769;phane Vial et Marcello Vitali-Rosati, qui a lieu &#224; N&#238;mes les 28 et 29 mars, je proposerai ce texte, forme th&#233;&#226;trale pour donner forme &#224; ce qui fabrique en moi les enjeux des &#233;critures num&#233;riques tiss&#233;s dans la m&#233;taphore th&#233;&#226;trale - qui n'est pas seulement m&#233;taphore, mais principe, mais d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_6095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/affiche-a1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/affiche-a1.jpg?1522227966' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre est d'abord vide, plateau nu comme la ville sous la neige apr&#232;s le dernier m&#233;tro quand la nuit la prend et l'emporte, comme on allume l'&#233;cran et que le site est encore &#224; venir, qu'il ne poss&#232;de qu'un nom de domaine, mais que tout est blanc, intact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nuit&lt;/i&gt;, la sc&#232;ne est &#224; l'instant, comme autrefois elle &#233;tait &#224; Buthrote, ville d'&#201;pire : en somme partout, si partout est ici, ailleurs, et maintenant, si maintenant est pour toujours l&#224;, quelque part possible, souterrainement imminent, pr&#234;t &#224; surgir, comme ce qu'on crie en silence, le soir quand on seul &#8212; et que l'&#233;cran clignote dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande toile soudain se dessine au fond, qui l&#232;ve la pr&#233;sence r&#233;elle d'images &#8212; non, pas d'images, mais de visions, et int&#233;rieures et pourquoi pas comme toujours : sauvages, la plupart, et tu sais pourquoi &#8212; ; puis peu &#224; peu sur le plateau presque invisible dans le regard de chacun d&#233;filera l'immobilit&#233; des choses, la lenteur insoutenable de chaque heure emport&#233;e par le flux intarissable de chaque seconde &#8212; en temps r&#233;el, le temps passerait, r&#233;ellement, et le monde, lui, serait comme de l'autre c&#244;t&#233; de soi, en coulisse, un r&#234;ve qui permet l'oubli, un souvenir peut-&#234;tre, quelque chose comme des corps entass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Cour, les corps entass&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Jardin, un jardin qui pousserait sauvagement comme de l'ombre sur la vie enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Centre, rien &#8211; car rien ne bouge au centre, rien ne bouge, jamais, au centre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux bords du centre, tout aux bords, c'est l&#224; soudain que quelque chose fr&#233;mira, le bruit de mains qui s'&#233;chappent le long d'un clavier, avanceraient comme dans le noir pour le repousser des mots qui diraient par exemple qu'aux bords du centre, tout aux bords, c'est l&#224; soudain que quelque chose fr&#233;mit, le bruit de mains qui s'&#233;chappent le long d'un clavier, avanceraient comme dans le noir pour le repousser des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme prend la parole et la jette avant de dispara&#238;tre, un autre la ramasse et voudrait dire qu'il parle, mais que ce n'est pas lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme dit : &lt;i&gt;je parle, mais ce n'est pas moi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il se tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lentement, il regarde ce qui passe autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imaginer que ce qui borde la sc&#232;ne, c'est le monde : et la sc&#232;ne comme un espace, mais int&#233;rieur ; et le monde comme ce qui vient le traverser et s'&#233;chappe, vers le dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce monde &#233;mane le monde : c'est l'&#233;cran, c'est l'&#233;criture : c'est l'&#233;cran quand il se fait &#233;criture et que cette &#233;criture a lieu au lieu m&#234;me o&#249; le monde nous parvient et prend forme et prend corps, et s'amasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa surface tout surgit, tout se l&#232;ve, tout se pr&#233;cipite vers le dedans, ou vers le dehors : on ne sait plus si le site est un dedans ou un dehors, on ne sait plus rien, seulement, on est dans le chaos des affrontements entre soi et ce qu'il faudra bien appeler la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en d&#233;sordre, le monde qui se dresse de l'&#233;cran qu'est le plateau tout entier : des corps et des paroles, le fatras indistinct du r&#233;el, et parfois des beaut&#233;s, et souvent le rien insignifiant des bavardages, les insultes commises en notre nom, tout cela qui se dresse, oui, et se jette sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cela, il poss&#232;de ses visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il s'est arm&#233; d'autres choses ; lentement on comprend qu'on est au-dedans de lui, qu'on est dans le site de l'homme, que le site t&#226;che d'affronter ce qui l'affronte, de mener combat avec le monde et avec lui &#8212; et que ce combat, l'homme a d&#233;cid&#233; de lui donner forme de mots, et d'images.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme au milieu de lui-m&#234;me s'est donc lentement lev&#233; comme le contraire du monde, on le voit sur son visage, et dans le moindre geste ; on le voit dans les gestes qu'il ne fait pas. Lui, il ne passe pas, il demeure. Il dit que c'est &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je demeure, j'&#233;cris.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dira cela, plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraire du monde est partout sur lui et c'est d'abord l'arr&#234;t du temps sur lui, et le regard sur les choses comme si elles allaient mourir, et les regarder les fait mourir, mais c'est tout ce qu'il sait faire &#8211; &#233;crire et regarder les choses mourir, et &#233;crire vient apr&#232;s le regard, comme pour faire de la mort non l'horizon, mais le socle et l'appui, alors il regarde, et on le voit regarder longtemps et que meurent les choses et que passe le temps, r&#233;el et insoup&#231;onn&#233; des choses mortes par lui : mais en retour, regarder toutes ces choses mortes fabrique une vie qu'il accepte comme la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tout ce qui suit ce moment-l&#224;, et jusqu'&#224; la fin, on appellera cela &#233;crire : regarder les choses mortes et prendre la parole qui passe, et faire passer les choses mortes du temps r&#233;el dans le temps vivant et perdu de son corps, par la parole tomb&#233;e &#224; ses pieds comme de la nuit qu'il aura relev&#233; dans ses mains avan&#231;ant dans le noir les mots sur le clavier pris dans la toile de ses visions sauvages, la plupart : &#233;crire, ce serait tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non pas &#233;crire comme sur le papier quand l'encre s&#232;che et que les lettres prennent forme de la fatigue de la main &#8211; non pas &#233;crire comme autrefois on disait &#233;crire, &#233;crire debout &#224; m&#234;me ses l&#232;vres, &#233;crire pencher ou coucher, avec le poignet, avec les doigts tremp&#233;s d'encre noire qui ne s'effaceront pas, avec tout ce qui s'&#233;coule comme du sang et qui nommait le geste d'&#233;crire et plus tard, on se pencherait &#224; notre tour sur les mots &#233;crits avec la main et on devinerait sous la rature la v&#233;rit&#233;, et dans le d&#233;tour d'une lettre trop rapide la peur, l'effroi du mot et de soi &#8211; non pas &#233;crire comme cela, plus jamais : &#233;crire, pour lui qui est l&#224; devant nous, c'est d&#233;sormais frapper avec tous ses doigts comme sur la paroi des murs, et il se souvient que la musique et l'&#233;criture &#233;taient sur les parois d'autres murs dress&#233;s d'ours et de b&#234;tes fantastiques, sauvages toutes, la geste de la musique et de l'&#233;criture ensemble, et que les hommes autrefois aussi crachaient sur les parois et crachaient sur leurs mains la bouche pleine de terre et de cendres qui formeraient ces premi&#232;res lettres insens&#233;es de mains lev&#233;es sur l'aube de tous les temps par quoi on est issu, et lui aussi, qui d&#233;sormais frappe de ses dix doigts sur la paroi horizontale cette fois d'un clavier blanc sans jamais regarder ses mains, mais devant lui les mots qui dressent d'autres b&#234;tes fantastiques, int&#233;rieures, d'autres mains n&#233;gatives qui s'alignent les unes contre les autres sur la paroi tendue de la toile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il demeure et se souvient et songe &#224; ses mains qui frappent dans le vide le vide ; et pendant qu'il regarde devant nous les choses mortes de la vie pass&#233;e, pendant qu'il t&#226;che dans le temps perdu de les regarder lentement et les faire passer dans son corps en visions, en sauvageries, une ligne lentement s'est jet&#233;e en travers de la gorge du monde, et de Cour &#224; Jardin, un faisceau de lumi&#232;re &#224; hauteur d'homme s'est lanc&#233; en pure perte, comme par-dessus le gouffre de l'&#233;poque, la ligne droite qui longe les visions de l'homme, la ligne en droite ligne des choses pass&#233;es, mais qui tracent horizon et qui poss&#232;de m&#234;me &#233;paisseur que celle qui creuse la paume gauche de l'homme, et la m&#234;me direction, et la m&#234;me solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute la pi&#232;ce, la ligne restera fragile et d&#233;sempar&#233;e d'&#234;tre l&#224;, mais l&#224; &#8212; et l'homme qui parlera, qui croisera d'autres hommes parmi les choses lentes du temps r&#233;el, parlera &#224; l'ombre de la ligne, ligne qui indistinctement fabriquera d'autres lignes, lignes faisceaux et lignes d&#233;s&#339;uvr&#233;es, &#233;perdues dans le destin des lignes qui s'en vont, qui s'arrachent de leur propre ligne &#8212; et c'est sous le dessin des lignes que l'homme continuera d'&#234;tre et parlera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrent &#224; Cour et Jardin d'autres hommes que lui, et des femmes et m&#234;me un chien, et m&#234;me, pousse un arbre, soudain, de dessous le plateau &#8211; plateau l&#233;g&#232;rement pench&#233; vers nous, qui le regardons, et plateau qui insensiblement au m&#234;me rythme des lignes continuera de se pencher, sans qu'on s'en aper&#231;oive, plateau qui finira par &#234;tre pente, et m&#234;me clinamen &#8211; il y aurait, peut-&#234;tre vers la fin, les mots transparents qui surgiront sur le mur du fond de la d&#233;finition de clinamen arrach&#233;e &#224; Wikip&#233;dia, d&#233;finition aussi belle que le mot, mot aussi beau que sa r&#233;alit&#233; potentielle : et peut-&#234;tre m&#234;me que l'homme dira la d&#233;finition, mais pour lui-m&#234;me, et inou&#239;e &#224; tous, comme un secret qui dirait le lieu qui se dresse l&#224;, tout autour de lui et de nous, le lieu qui dit le contre-monde de la vie int&#233;rieure de la toile, le lieu qu'il habite quand il &#233;crit, et qui le peuple, en toile, et sa loi, et sa rage : &#171; clinamen : dans la physique &#233;picurienne, le clinamen est un &#233;cart, une division (litt&#233;ralement une d&#233;clinaison) spontan&#233;e des atomes par rapport &#224; leur chute dans le vide, qui permet aux atomes de s'entrechoquer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'il se tient, dans la chute dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire &#224; une all&#233;gorie : et que le plateau soit la toile, et que l'homme celui qui &#233;crit sur la toile les mots qui dirait tout &#224; la fois la toile et le monde, et qui par ces mots appartiendrait &#224; la toile en la tissant &#8211; on pourrait croire que l'homme dont je parle dit tous les hommes qui &#224; la surface de la toile sont &#224; la fois araign&#233;es et insectes pris au pi&#232;ge, et vent dans les membranes de la toile qui la fait fr&#233;mir, et soif de l'araign&#233;e et terreur de l'insecte : on pourrait croire que l'all&#233;gorie est celle de la d&#233;voration et de la piti&#233;, ou celle de la nuit autour indiff&#233;rente aux crimes minuscules qui font le monde de l'&#233;criture quand elle met &#224; mort les choses pour se dresser plus vive, on pourrait croire que l'homme &#233;crivant la toile sur la toile ne serait que cela, homme insecte de proie : on pourrait croire d'autres choses encore auxquels je ne croirais pas davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement il y a un homme au milieu du plateau et tout ce qui l'entoure est son dedans, on le sait imm&#233;diatement : cela tient &#224; la lumi&#232;re, &#224; la sauvagerie des visions derri&#232;re, aux lignes qui s'affrontent, et &#224; la lenteur. Cela tient tout entier &#224; la pr&#233;sence de l'homme ici qui rend pr&#233;sent ce qui l'entoure. On est au-dedans de l'homme, dans la mesure aussi o&#249; ce dedans est l'immense dehors o&#249; il est jet&#233;, lui-m&#234;me. Alors il y a dans cet espace r&#233;duit qu'est le th&#233;&#226;tre la ville et le bruit qu'elle fait, et la mer aussi, et tout le ciel, et aussi les morts, la langue qu'ils parlent, il y a les livres encore, et leur poussi&#232;re, il y a l'Histoire, en armes et en habits de velours, il y a les massacres et il y a toutes les raisons de ne pas en finir avec l'Histoire, par exemple il y a du d&#233;sir, c'est tout cela qu'il y a ici, au dedans du monde de l'homme jet&#233; dans ce dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour, d'autres hommes et des femmes et un chien passent, et il y a du temps qui passe aussi, et il y a devant nous, les mots qu'il va dire en regard des choses mortes qui s'effondrent dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes et les femmes et le chien qui sont entr&#233;s tournent un peu autour de l'homme d'abord qui reste immobile, au milieu de l'immobilit&#233; des choses mortes qu'il regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme s'avance un peu et dit que s'il &#233;crit, c'est aussi pour appartenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'&#233;cris (il parle comme s'il &#233;tait sur le point de tomber), c'est aussi pour appartenir. Je dis &#171; aussi &#187;, et je ne sais pas pourquoi. Je pourrai dire seulement. Si j'&#233;cris, c'est seulement pour appartenir. Mais je dis aussi, parce que finalement, si j'&#233;cris c'est avant tout pour raconter, voil&#224; tout, et que le monde nous appartienne dans les r&#233;cits qu'on tisserait, que raconter fasse cela, &#224; ce monde qui s'enfuit et meurt indiff&#233;rent &#224; lui-m&#234;me : et qu'il fasse retour, voil&#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a dit ces mots sans tristesse, mais avec col&#232;re, et m&#234;me peut-&#234;tre avec le d&#233;sir des vengeances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi il dit je &#8211; mais seulement dans la mesure o&#249; il y fait tenir la parole de l'autre, tout &#224; l'heure, qu'il a ramass&#233;e : et o&#249; il s'invente, o&#249; il se donne naissance, o&#249; quand il dit je : il dit nous aussi, il dit eux. Les corps de ceux qui le peuplent et qui le lancent, comme une douleur, dans sa propre vie que le monde travaille &#224; lui d&#233;poss&#233;der &#8211; &#233;crire, c'est cela aussi : r&#233;pondre &#224; ce monde l&#224;, r&#233;pondre de ce monde l&#224; ; reprendre possession &#224; chaque mot, &#224; chaque instant de chaque instant. Il se souvient d'ailleurs que le pr&#233;sent est cela : le d&#233;sir de s'en &#233;manciper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de lui continueront de marcher les silhouettes, et les silhouettes sont des ombres. Celles qu'il s'est invent&#233; pour pouvoir &#233;crire les mots qu'il &#233;crit, celles qui forment son ombre sous laquelle il se glisse pour mieux aller dans l'incertain et le terrible des vengeances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site qu'on voit devant nous change chaque seconde de lumi&#232;re, et avec la lumi&#232;re, c'est l'espace qui bascule chaque seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images derri&#232;re, les visions, t&#233;moignent aussi, mais d'un &#233;v&#233;nement fragmentaire et hirsute, qui est la vie de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de l'homme est-il sa vie ? On en doute en la regardant et pourtant, toute sa vie est l&#224; : s'y d&#233;posent tout ce qui l'importe et ce qui lui est indiff&#233;rent ; s'y d&#233;pose comme la cendre quand le bois mort s'&#233;teint sans que personne ne regarde &#8212; s'y d&#233;posent comme les souvenirs quand on veut les oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de trajets en train parce que le site est le contraire des trajets en train : il est l'endroit o&#249; le mouvement se nomme ; il y a beaucoup d'images &#8212; de visions &#8212; de villes, de murs de villes banales ; il y a des corps (ceux qui tournent autour de lui) qui sont autant de d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de l'homme devant quoi on se tient est autre chose que le r&#233;cit de la vie de l'homme et autre chose aussi que le r&#233;cit du monde en dehors de la vie de l'homme : il est simplement le dehors quand il est plong&#233; dans ce dedans ; il est comme de la terre sous l'eau ; il est comme on marche dans un cimeti&#232;re et que les noms sont invisibles, alors on les invente avec le risque d'avoir tout juste, la peur d'avoir tout faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site qui l'entoure, il le dessine &#224; chaque pas ; il est cette fragilit&#233; donc d'un monde qui se construit &#224; chaque pas ; &#224; chaque mot qu'il &#233;crit, le site se fabrique &#8211; il n'est pas le monde en amont de lui qu'il va rejoindre, non , ce ne sont pas les Am&#233;riques quand elles auraient d&#251; &#234;tre les Indes, c'est plut&#244;t comme de la mer (il sait que la vague n'avance pas, que c'est le mouvement ondulatoire des atomes d'eau qui se l&#232;vent de haut en bas qui donne l'illusion de l'avanc&#233;e &#8211; il croit &#224; cette illusion plus qu'en sa vie : d'ailleurs, son site est cette image-l&#224;, d'un monde qui ne cesse de se briser sur lui-m&#234;me comme des vagues. Et il dessine son site avec ses mains nues et ses crachats, et &#224; chaque mot qu'il lance contre lui sur les murs de son propre dehors, le site change d'axe, ou se renverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224;, il marche comme il &#233;crit ; il &#233;crit et c'est cela, marcher dans le dehors rageur du r&#233;el qui fait d&#233;faut : et manque &#224; notre d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir, c'est aussi pourquoi il &#233;crit ; et le manque ; et le d&#233;faut de r&#233;el. Et la rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rage et le d&#233;sir et le d&#233;faut de r&#233;el fabrique le site qui l'entoure et l'habite, et le dessine, oui, comme de la mer : quelque chose de trouble et de troubl&#233;, d'instable et de toujours redessin&#233; par le vent et m&#234;me par l'absence de vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la mer, ou comme le ciel, ou comme la toile m&#234;me dans laquelle ce site se fiche ainsi que la fl&#232;che dans une cible mouvante. Quand le vent ou un insecte ou une main fr&#244;le la toile, c'est toute la toile qui vibre, et l'araign&#233;e sait lire les mouvements du vent comme une phrase secr&#232;te, il a seul la cl&#233; de cette parade sauvage - il est, dans cette parade, l'amant et le sauvage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le site est une toile, donc : o&#249; chaque mot qu'il avance, chaque image qu'il d&#233;pose (et durant toute la pi&#232;ce, il en d&#233;posera comme on d&#233;pose ses pas dans la terre glaise pr&#233;historique), le fait trembler. C'est le mot qu'il dira, plus tard, tr&#232;s tard apr&#232;s la fatigue : que le site est un tremblement, ou plut&#244;t : que le site est un trembl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le site, que le plateau saisit tout ensemble comme une cavit&#233; &#8211; plut&#244;t que comme la terre form&#233;e de s&#233;diments en couches successives : non ; le site est plut&#244;t la cavit&#233;, oui, la grotte ancienne. Il sait, l'homme qui est l&#224;, que les crachats de cendres sur les parois qui dessinaient les ours et la terreur de l'ours &#224; la fois, il sait que les crachats se dirigeait sur la paroi non comme on le croit en fonction de la hauteur des cavit&#233;s, mais de la puissance sonore des parois qui renvoyaient son chant : ici, plus sourdement, l&#224;, plus affaiblit, plus loin encore avec d'effroyables &#233;chos. Les hommes dans les grottes anciennes qui &#233;crivaient chantaient et martelaient avec leurs mains et leurs gorges les sons qui se poursuivaient comme dans les plaines on poursuit l'ours pour chasser la b&#234;te et sa propre terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de l'homme est tout entier dessin&#233; ainsi : en fonction de son chant, et le chant toujours repousse les contours des murs, les fa&#231;onne comme des gouttes d'eau lentement sur des mill&#233;naires creusent les cavit&#233;s : labyrinthes. Son site est cela : une mer, un ciel, une toile et un labyrinthe o&#249; les monstres se terrent et attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un univers : &#171; objet ferm&#233; sans bords ni fronti&#232;re &#187; disait l'autre physique &#8211; non pas celle d'&#201;picure, plut&#244;t celle des hommes de son propre temps : et cet objet ferm&#233; sans bords ni fronti&#232;res, dont chacun de ses mots et de ses visions repense la forme et la nature, comme une silhouette dans la nuit quand on avance et que les lumi&#232;res artificielles de la ville jettent sur le sol l'ombre qui nous devance, puis qu'on traverse, et qu'on d&#233;passe (on se retourne : il n'y a personne &#8211; c'&#233;tait notre ombre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site qui est cette ombre-l&#224; : on ne saute pas au-dessus de son ombre, dit la pens&#233;e rationnelle qui ignore tout de ces ombres mouvantes que dessinent la ville, la nuit ; ville et nuit qui ne font que mimer affreusement le dessin d'un site, par exemple, celui de l'homme qui est ici, qui marche dans son propre temps et son propre d&#233;sir de le poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la pi&#232;ce se d&#233;roulera ici, et l'homme parlera donc, rien de ce qu'il dira ne sera vrai &#8211; pas vrai comme on dit la v&#233;rit&#233; dans le monde, ou dans les cours de justice, dans les amphith&#233;&#226;tres des universit&#233;s. Non, mais vrai comme on parle dans les r&#234;ves &#224; ceux qui nous manquent, &#224; ceux qui ont disparu, &#224; ceux qui n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le site jet&#233; en vrac sur le plateau poss&#233;dera les mots et les images qu'il faut pour raconter le monde autour, et ce n'est pas le monde qui sera racont&#233; : mais la vengeance du monde, plut&#244;t, le monde poss&#233;d&#233; : les d&#233;mons qui exorcise la peine que le monde nous fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le site jet&#233; en vrac avec aussi les corps de ceux qu'il croise : et le site est aussi le miroitement d'une d&#233;voration, prend la forme des draps froiss&#233;s du matin apr&#232;s la chair quand la chair repose et qu'elle est encore insatiable ; tout le site comme le corps &#224; corps acharn&#233; du corps vers le corps de l'autre, comme une morsure aussi &#8211; comme sur les l&#232;vres le go&#251;t des l&#232;vres et sa m&#233;lancolie que tout est pass&#233;, que rien ne reviendra jamais : et c'est cela &#233;crire, relancer le d&#233;sir de la vie dont l'&#233;criture ne peut marquer que la s&#233;paration, le pass&#233; et la mort. Le site comme les draps froiss&#233;s d'un pass&#233; &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site partout ici dans l'espace errant de l'homme qui marche, et parlera comme si c'&#233;tait nous qui ici parlions en silence t&#233;moigne que l'homme n'a pas renonc&#233; tout &#224; fait &#224; se r&#233;fugier en lui-m&#234;me seulement, sinon, il &#233;crirait encore sur les carnets &#224; mains nues avec l'encre qui lui d&#233;truit le poignet : mais il n'a pas renonc&#233;, alors il affronte la ligne et jette son site dans la toile habit&#233;e par d'autres que lui, et qui t&#226;che, avec m&#234;me lenteur et m&#234;me impatience de s'affronter au monde et &#224; leur vie &#8211; et tous ces sites ensemble, parfois il y pense dans sa solitude comme enfant il pensait, les pieds dans l'oc&#233;an, &#224; l'enfant sur l'autre bord du monde qui aurait les pieds plong&#233;s dans le m&#234;me oc&#233;an, et que l'un &#233;tait le matin, et l'autre le soir &#8211; et cela lui donnait une juste image du monde ; et celui lui donne une juste image des solitudes en partage sur les r&#233;seaux &#233;clat&#233;s de la toile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre ne cessera pas m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part du dernier des spectateurs : seulement, l'&#233;criture qui se poursuit cherche comme une ligne &#224; fuir, &#224; s'&#233;chapper dans le d&#233;sordre d'autres vies, &#224; provoquer des adversaires qui finiront peut-&#234;tre par l'abattre, &#224; danser avec lui comme les ombres tout &#224; l'heure, &#224; raconter simplement ce qui est notre pr&#233;sent et comment ne pas s'en tenir l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Google Ngram | l'activit&#233; sismique des mots</title>
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		<dc:subject>_google</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;mesurer la chair du temps&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/ecritures-numeriques-webnotes/" rel="directory"&gt;&#201;CRITURES NUM&#201;RIQUES | WEBNOTES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_internet" rel="tag"&gt;_internet&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1306.png?1388773291' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1306.png?1388773298&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
De la r&#233;currence de certains mots dans les livres - bien s&#251;r, cela ne veut rien dire. (je pense &#224; ce texte de Genette sur l'usage du vocabulaire de Racine, et de comment la raret&#233; de ces termes poss&#233;dait en soi une richesse de sens, un syst&#232;me au sein duquel tout trouvait une place par jeux d'&#233;chos et de reprises). Mais quand m&#234;me : comment ne pas &#234;tre fascin&#233;, quand on met sur une &#233;chelle de temps tel mot pour en mesurer l'activit&#233; sismique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre ce soir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;il existe depuis 2010, une antiquit&#233;, donc&#8230;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://books.google.com/ngrams&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet outil de Google,&lt;/a&gt; &#233;vident, simple, et &#8212; j'imagine &#8212; pas si complexe que cela &#224; mettre en place (m&#234;me si j'aimerais savoir comment il a &#233;t&#233; constitu&#233;, et s'il enregistre encore) : dans l'ensemble des ouvrages num&#233;ris&#233;s par les machines, ce ne devait pas &#234;tre trop d&#233;licat &#224; faire. Soit un mot qu'on appelle, et en s&#233;lectionnant les bornes du temps, le voir onduler &#224; la surface des si&#232;cles selon sa r&#233;manence, ses permanences et ses disparitions, et ses retours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesurer ainsi, oui, l'ondulations sismiques de quelques mots, r&#234;ver &#224; certains d'entre eux comme des vies fauch&#233;es, d'autres pr&#233;serv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas le go&#251;t des mots (rares ou pr&#233;cieux), je l'avoue, le f&#233;tichisme du vocabulaire : des mots, je m'en sers comme tout le monde, voil&#224; tout, et ce ne sont que des outils. Je n'ai pas la religion de la langue (morte), j'aime quand elle est port&#233;e &#224; son plus haut, mais en raison de l'intensit&#233;, et non pas &#224; cause de la langue elle-m&#234;me. Et je me m&#233;fie quand je crois lire, dans le choix de tel mot, une pr&#233;f&#233;rence du mot et non de la chose, de la vie qui bat en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des mots qui justement parce qu'ils portent en eux davantage qu'eux sont des signes, et des traces : signes d'un syst&#232;me qu'ils traversent et incarnent ; traces d'un usage qui t&#233;moigne que la vie passe aussi, par certains d'entre eux plus fragiles ou plus f&#233;roces, qui r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si &#233;crire c'est aussi le faire contre les mots, c'est avec eux qu'on les travaille, non pour les faire avouer je ne sais quelle v&#233;rit&#233;, mais parce qu'on esp&#232;re (on croit) que par eux quelque chose advient qu'on ne savait pas &#8212; et ce qu'on d&#233;pose (nous qui t&#226;chons lentement et simplement de d&#233;poser des mots en raison de la vie dehors qui appelle) c'est tout un trajet, je le mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; sismique des mots (mesurer ici depuis 1780, c'est un caprice personnel qui ne regarde que moi), c'est par exemple le mot de dieu, une montagne haute &#224; deux cols, qui descend lentement en pente douce avant de s'enfoncer interminablement vers la mer ; c'est les vagues courtes et pr&#233;cises du mot silence ; c'est la lente mont&#233;e en puissance de la solitude ; c'est la persistance du sacr&#233; ; c'est l'&#233;mergence des affrontements ; ou la d&#233;cr&#233;pitude du corps ; c'est la ville qui s'&#233;l&#232;ve au c&#339;ur des ann&#233;es 1835, avant de tomber paisiblement ; c'est la fin du monde qui se dresse en pleine R&#233;volution, celle qui fut le commencement du monde ; c'est &#233;crire qui demeure comme un haut plateau, ouvert aux vents.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3092 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/1amour_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/1amour_1780-2.png?1388773555' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/2politique_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/2politique_1780-2.png?1388773663' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/3economie_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/3economie_1780-2.png?1388773666' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/4Silence_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/4Silence_1780-2.png?1388773671' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/5roi_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/5roi_1780-2.png?1388773674' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/6solitude_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/6solitude_1780-2.png?1388773677' width='500' height='231' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/7sacre_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/7sacre_1780-2.png?1388773682' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/8affrontements_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/8affrontements_1780-2.png?1388773685' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/9corps_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/9corps_1780-2.png?1388773689' width='500' height='227' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/10vie_1780-2.png?1388773692' width='500' height='236' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/11la_republique_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/11la_republique_1780-2.png?1388773695' width='500' height='234' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/12Dieu_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/12Dieu_1780-2.png?1388773699' width='500' height='234' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/13ville_1780-2.png?1388773702' width='500' height='229' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/14temps_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/14temps_1780-2.png?1388773707' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/15litterature1780-2.png?1388773710' width='500' height='232' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/16internet_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/16internet_1780-2.png?1388773714' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/17la_vie_la_mort_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/17la_vie_la_mort_1780-2.png?1388773717' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/18la_vie_est_ailleurs_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/18la_vie_est_ailleurs_1780-2.png?1388773721' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/19la_fin_du_monde_1780-2.png?1388773738' width='500' height='234' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_3111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/20ecrire_1780-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/20ecrire_1780-2.png?1388773742' width='500' height='235' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;il existe depuis &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ngram_Viewer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2010&lt;/a&gt;, une antiquit&#233;, donc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>vers Montpellier (et sa lumi&#232;re nette)</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/vers-montpellier-et-sa-lumiere-nette</link>
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		<dc:date>2013-11-28T23:01:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;critures num&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>_lumi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_ciels</dc:subject>
		<dc:subject>_inventer le web</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Long ciel de tra&#238;ne, de Paris jusqu'&#224; la neige : quand la neige appara&#238;t sur la vitre du train, le ciel se l&#232;ve, &#233;videmment ; et c'est immense, on ne le mesure pas, c'est l&#224;. S'isoler des conversations vulgaires dans la rame de la voiture, cette personnalit&#233; qui tient salon au milieu de nous autres, bas peuple, qui nous fait tant sentir qu'on n'est pas du m&#234;me monde. J'augmente la musique dans mes oreilles, doucement, ferme les yeux. Puis, c'est sur le quai, dehors, un froid plus vif de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_francois-bon" rel="tag"&gt;_Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ecritures-numeriques-56" rel="tag"&gt;_&#233;critures num&#233;riques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lumiere" rel="tag"&gt;_lumi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ciels" rel="tag"&gt;_ciels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_inventer-le-web" rel="tag"&gt;_inventer le web&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-11-28_15-47-34.jpg?1385678667' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Long ciel de tra&#238;ne, de Paris jusqu'&#224; la neige : quand la neige appara&#238;t sur la vitre du train, le ciel se l&#232;ve, &#233;videmment ; et c'est immense, on ne le mesure pas, c'est l&#224;. S'isoler des conversations vulgaires dans la rame de la voiture, cette &lt;i&gt;personnalit&#233;&lt;/i&gt; qui tient salon au milieu de nous autres, bas peuple, qui nous fait tant sentir qu'on n'est pas du m&#234;me monde. J'augmente la musique dans mes oreilles, doucement, ferme les yeux. Puis, c'est sur le quai, dehors, un froid plus vif de n'&#234;tre prot&#233;g&#233; par aucun couvercle, je ne m'y attends pas. Montpellier, tout au bout de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage d'une ville inconnue, c'est toujours en se perdant. Apr&#232;s l'arriv&#233;e &#224; l'h&#244;tel, une longue heure dans les rues qui m'entourent, &#233;trange de sentir les circulations neuves, et tout &#224; la fois, cette ville qui semble d'autres mieux connues (un peu Bordeaux, un peu Rennes, un peu Metz, un peu Grenoble). Oui, d&#233;cid&#233;ment les villes de cette taille paraissent ob&#233;ir aux m&#234;mes lois, j'ai l'impression : autour de la gare une place qu'on &#233;largit, le choix min&#233;ral pour des dalles grises qui d&#233;shumanisent tout, font place nette : chaque ville semble l'autre. Des tramways hideux passent silencieusement, et cependant on ne voit qu'eux. Mais en chacune, du singulier, imperceptible, &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remarque imm&#233;diatement l'absence de fleuve, rien qu'&#224; l'organisation des rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande place du th&#233;&#226;tre, je la vois aussi, m'y arr&#234;te longuement &#8212; &#224; cause de la lumi&#232;re qu'elle laisse filer, diffuse, tranch&#233;e, rasante comme effil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir tombe vite, &#233;croul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rentre en m&#234;me temps que lui &#8212; travailler de nouveau quelques heures pour le texte de demain : une d&#233;rive qui m'emm&#232;ne loin, un r&#234;ve &#233;gar&#233; (o&#249; ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit, lire dans une chambre &#233;trang&#232;re, impersonnelle, et pour cela habitable, l'accueil m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain, la curiosit&#233; du ciel, et &lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1274&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le d&#233;sir des lignes de partage.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-11-28_16-28-25.jpg?1385679625' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Publie.net | Bulletin n&#176;13</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/publie-net-editions-numeriques/le-bulletin/article/publie-net-bulletin-no13</link>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>_lir&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;critures num&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>_inventer le web</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#233;t&#233; 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/publie-net-editions-numeriques/le-bulletin/" rel="directory"&gt;Le Bulletin&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_publie-net" rel="tag"&gt;_publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lirecrire" rel="tag"&gt;_lir&#233;crire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ecritures-numeriques" rel="tag"&gt;_&#233;critures num&#233;riques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_inventer-le-web" rel="tag"&gt;_inventer le web&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-18_a_16-02-56.png?1376834762' width='500' height='617' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://publie-net.com/wp-content/uploads/2013/04/publienet-lettre-13.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bulletin n&#176;13&lt;/a&gt; est en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informations sur les nouveaux ouvrages, en num&#233;rique et papier, nouvelles du site, les projets, et regards sur quelques auteurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot de Roxane Lecomte pour l'&#233;quipe publie.net&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Comme vous le savez, publie.net est en pleine r&#233;organisation structurelle et &#233;ditoriale. Vous pouvez lire un r&#233;sum&#233; du billet de Fran&#231;ois Bon qui concerne &#8212; entre autres &#8212; le futur de la structure et la cession de publie.net. Plus que jamais, nous continuons &#224; travailler d'arrache-pied ; de nombreuses am&#233;liorations voient le jour, petit &#224; petit, et de belles surprises vous attendent d&#232;s la rentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions tous ceux qui nous soutiennent, nos lecteurs et nos abonn&#233;s, auteurs et partenaires. Cette lettre d'info reprend son rythme mensuel, avec l&#224; aussi quelques changements. Plus que la seule actualit&#233; de publie.net, nous souhaitons que celle-ci tisse entre nous un lien fort et p&#233;renne. Rapprochement d'autant plus essentiel dans cette p&#233;riode charni&#232;re. Voici donc un r&#233;capitulatif des nouveaut&#233;s, ainsi que des titres &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parutions num&#233;riques et/ou papier, op&#233;rations promotionnelles en cours et mise &#224; jour du catalogue, derniers articles du blog, retrouvez tout ce qui fait la vie de publie.net en ce mois d'ao&#251;t ensoleill&#233;. Il vous suffit de cliquer sur les couvertures pour acc&#233;der aux fiches descriptives sur notre librairie en ligne. Tous nos livres sont bien entendu disponibles sur les plateformes de t&#233;l&#233;chargement habituelles. Nous vous souhaitons une bonne lecture et une tr&#232;s bonne fin d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Au sommaire ce mois-ci :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les op&#233;rations promotionnelles
&lt;br /&gt;&#8212; Les sorties num&#233;riques de l'&#233;t&#233;
&lt;br /&gt;&#8212; Les sorties papier+epub
&lt;br /&gt;&#8212; John Barnett
&lt;br /&gt;&#8212; Publie.net s'invite &#224; Ouessant&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;&#224; t&#233;l&#233;charger ci-dessous &lt;br/&gt;ou sur &lt;a href=&#034;http://publie-net.com/blog/2013/08/16/la-lettre-dinfo-n13-des-nouvelles-dete/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog de publie.net ici&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2538 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/pdf/publienet-lettre-13.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773500871' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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