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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Tempora mutantur et nos mutamur in illis (se consacrer &#224; la mesure du temps)</title>
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		<dc:date>2014-02-17T21:05:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_lumi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_image temps</dc:subject>
		<dc:subject>_temps</dc:subject>
		<dc:subject>_Miranda July</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'attendais le titre de mon film id&#233;al mais j'ai finalement d&#233;cid&#233; de seulement lui donner un nom, il fallait que ce soit bref, un mot court, tr&#232;s familier, j'ai cherch&#233; les noms les plus commun&#233;ment utilis&#233;s. Le nom num&#233;ro un &#233;tait temps, et tout de suite je me suis sentie moins isol&#233;e, je n'&#233;tais pas la seule, tout le monde y pensait aussi. Le num&#233;ro deux &#233;tait personne, le num&#233;ro trois ann&#233;e, le num&#233;ro trois cent vingt &#233;tait futur. Le futur. Je n'avais pas eu l'intention d'&#233;crire un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lumiere" rel="tag"&gt;_lumi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_image-temps" rel="tag"&gt;_image temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_temps" rel="tag"&gt;_temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_miranda-july" rel="tag"&gt;_Miranda July&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2014-02-16_18-33-48.jpg?1392671066' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;J'attendais le titre de mon film id&#233;al mais j'ai finalement d&#233;cid&#233; de seulement lui donner un nom, il fallait que ce soit bref, un mot court, tr&#232;s familier, j'ai cherch&#233; les noms les plus commun&#233;ment utilis&#233;s. Le nom num&#233;ro un &#233;tait &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt;, et tout de suite je me suis sentie moins isol&#233;e, je n'&#233;tais pas la seule, tout le monde y pensait aussi. Le num&#233;ro deux &#233;tait &lt;i&gt;personne&lt;/i&gt;, le num&#233;ro trois &lt;i&gt;ann&#233;e&lt;/i&gt;, le num&#233;ro trois cent vingt &#233;tait &lt;i&gt;futur&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;futur&lt;/i&gt;. Je n'avais pas eu l'intention d'&#233;crire un sc&#233;nario sur le temps, mais plus je mettais de temps &#224; l'&#233;crire &#224; le faire, plus le temps devenait un protagoniste dans ma vie. [&#8230;] Tout mon temps &#233;tait consacr&#233; &#224; la mesure du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/emission-je-deballe-ma-bibliotheque-julie-anne-roth-nous-lit-35-2014-02-12&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Miranda July&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Petites annonces pour vie meilleure&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sur ma liste est couch&#233; le mot &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt; en premier, aussi, mais pas celui qui passe, pas celui qui s'en va qui s'&#233;loigne, pas celui qui vient celui qui arrivera trop t&#244;t, trop tard, pas celui qui se perd est perdu est la perte m&#234;me de ce qui n'arrivera pas, pas celui qui est le temps des autres qu'on voit pass&#233; en passant lentement devant les tombes et les dates et les lieux et les portraits des vivants sur les st&#232;les des morts, pas celui qui dit bient&#244;t, apr&#232;s, avant, peut-&#234;tre, viens, pas celui-l&#224;, et je pourrai continuer d'allonger l'ombre de mon immeuble sur l'immeuble en face tout le temps que cet ombre viendra s'y d&#233;poser pour la d&#233;passer et la recouvrir avec la nuit, je ne pourrai pas faire autrement que de poser mes mains n&#233;gatives sur ce que ne sera jamais le temps pour moi, et je sais bien, je sais bien que vivre est au contraire cette facult&#233; de traverser le n&#233;gatif sur l'image impressionn&#233;e du temps et de poser, devant soi, et pour l'instant accord&#233; &#224; son instant, une parole qui ne serait pas n&#233;gative, et cependant je suis face &#224; ce qui s'&#233;croule et je reste debout il n'y a que des murs autour de moi et le temps qui demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens plus de la phrase de Kafka (&lt;i&gt;Le bonheur, c'est de comprendre que la place que tu occupes ne peut e&#770;tre plus grande que ce que peuvent recouvrir tes deux pieds.&lt;/i&gt;), qui me semble d&#233;signer au plus haut ce que saurait &#234;tre le temps, pour moi, mais comment le dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'habite dans cette ville depuis peu de temps, et les premiers mois, je n'arrivais jamais &#224; savoir o&#249; vraiment &#233;tait mon immeuble : dans cette rue, ils se ressemblent tous. Je m'arr&#234;tais un peu avant, essayais ma cl&#233; sur une porte qui n'&#233;tait pas la mienne, ou un peu apr&#232;s. Maintenant, je sais : je me rep&#232;re &#224; cette lanterne sur l'immeuble d'en face (celui qui me sert de cadran solaire quand je travaille &#224; ma table, face &#224; la fen&#234;tre, que je vois la ligne d'ombre monter face &#224; moi). Cette lanterne (comment l'appeler autrement ?) reconna&#238;t les mouvements. J'aime aller lentement et passer sans qu'elle ne me voit. J'ouvre ma porte &#224; l'aveugle. En pleine nuit parfois, elle s'allume (avant-hier, sous les cris et les pleurs et la rage de ce gar&#231;on (&lt;i&gt;Maud reviens,&lt;/i&gt; toute la nuit) &#8212; je sais que quelqu'un passe, sur le pas de ma porte, que dans ce temps de la nuit quelqu'un veille, et s'&#233;loigne, que nous sommes tous deux seuls peut-&#234;tre &#224; voir cette minute de la nuit la plus lointaine enfonc&#233;e en elle &#8212; jamais je ne saisis mieux le pr&#233;sent que dans ces heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cris cela et avan&#231;ant chaque mot sans savoir quelle sera la prochaine phrase, je reconnais cependant combien alors, dans ce geste simple et ignorant, que je suis l&#224; au pr&#233;sent aussi, que toute ma vie m'aura conduit &#224; ce mot l&#224;, que ce mot-l&#224; porte trace et poids de tout cela, poids qu'il faudrait &#233;vanouir pour ne retenir que la force l&#233;g&#232;re d'une trace de pas dans la neige, qui court rejoindre la neige et d'autres pas. J'&#233;cris ce mot et je ne sais pas que le temps est d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je sais pourtant &#8212; ce savoir est tout ce que je poss&#232;de &#8212; c'est que toute ma vie sera occup&#233;e &#224; aller d'une seconde &#224; l'autre, en prenant soin d'elle, et de chaque minute de chaque heure ; la lumi&#232;re de la lanterne dehors s'&#233;teint soudain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2014-02-16_18-34-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2014-02-16_18-34-22.jpg?1392671071' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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