<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
	<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?id_mot=872&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
		<url>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/banniere_site.jpg?1748268196</url>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
		<height>81</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Rue d'Aubagne | &#171; &#192; nos morts, &#224; vos murs &#187;</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/article/rue-d-aubagne-a-nos-morts-a-vos-murs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/article/rue-d-aubagne-a-nos-morts-a-vos-murs</guid>
		<dc:date>2019-11-06T13:22:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Interventions</dc:subject>
		<dc:subject>_col&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_foules</dc:subject>
		<dc:subject>_Marseille, Noailles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;5.11, un an apr&#232;s&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/" rel="directory"&gt;INTERVENTIONS | COMMUNES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_interventions" rel="tag"&gt;_Interventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_colere" rel="tag"&gt;_col&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_foules" rel="tag"&gt;_foules&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_marseille-noailles" rel="tag"&gt;_Marseille, Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2485.jpg?1573046480' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff2485.jpg?1573046495&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un an apr&#232;s. Au lieu du 65-69 de la Rue d'Aubagne, la dent creuse dont la morsure ne cesse pas fore encore sa violence : la ville a construit un charnier ici. Il ne pleut pas. Ce n'est pas la pluie, et il ne fait pas encore froid. La foule d&#233;borde de part et d'autre de la place au pied de la colonne d'Hom&#232;re. Les discours ont commenc&#233;, autour du groupe &#233;lectrog&#232;ne b&#226;ti rapidement apr&#232;s l'effondrement &#8212; l&#224; o&#249; il y avait un arbre. Des torches sont br&#251;l&#233;es. Et puis le silence prend toute la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une minute de silence par victime &#8212; mais les huit minutes d&#233;bordent comme la foule, et le silence est tenu vingt minutes, peut-&#234;tre davantage. Les regards ne se croisent pas. Il y a ceux qui pleurent, et ceux qui portent leur col&#232;re, il y a ceux qui se retrouvent, ceux qui passent, ceux qui se tiennent la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait l'inscription, au pied de l'immeuble qui jouxte la dent creuse : &lt;i&gt;&#192; nos morts, &#224; vos murs&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;partition des signes, tout un partage : une ligne de qui d&#233;termine, dans la d&#233;chirure, deux mondes. &lt;i&gt;&#192; nos morts, &#224; vos murs&lt;/i&gt; : de part et d'autre, ce qui demeure irr&#233;conciliable ; et le rappel d'une m&#233;moire, l'inscription d'une histoire, le choix de se situer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis avec le possessif, l'attribution de propri&#233;t&#233;s, comme l'&#233;crivait Michaux : des possessions qui seraient des facult&#233;s. Celles de se ranger du c&#244;t&#233; des morts, et d'agir au nom d'eux : de les rappeler &#224; soi pour conjurer l'oubli, de faire de l'absence un scandale. Et la facult&#233; d'attribuer aux autres l'arrogance de dresser des murs &#224; trois cent m&#232;tres de l&#224;, &#224; la Plaine, et de ne pas les avoir bien dress&#233;s, ici &#224; Noailles : de les avoir laiss&#233; tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; nos morts, &#224; vos murs &lt;/i&gt; : &#234;tre l&#224; sans &#234;tre d'ici tient peut-&#234;tre au choix de se placer d'un c&#244;t&#233; de la ligne de partage, et d'en tirer les cons&#233;quences. &#202;tre l&#224;, aupr&#232;s de ceux qui vivent ici, ce n'est pas s'approprier une m&#233;moire, mais choisir d'en relever. Relever d'une histoire, oui, si c'est affirmer collectivement ce &#224; quoi on tient. Comprendre pourquoi on se sait affect&#233; par une violence qui n'est pas commise contre nous, mais qu'on re&#231;oit parce que commise contre ce qui nous importe davantage que nous. Ce &#224; quoi ils tiennent, au contraire, les d&#233;signe, dans l'ordre des choses, comme de l'autre c&#244;t&#233; de nous : &lt;i&gt;&#192; nos morts, &#224; vos murs. &lt;/i&gt; Et l'adresse est aussi un renvoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence dure tant que durent les pens&#233;es et les larmes, int&#233;rieurement vers&#233;es au nom de ceux qu'on ne connaissait pas, aupr&#232;s de qui on se choisit exister.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6592.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6592.jpg?1573046543' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;chire soudain un cri, d'une voix comme d'enfant, et repris par tous ensuite, lentement, f&#233;rocement, terriblement. Ni oubli ni pardon comme une relance de ce que j'avais lu au passage. Ce &#224; quoi on tient : une histoire qui ne sera pas oubli&#233;e au nom du pass&#233; et au nom de l'avenir : ce qu'on nomme la col&#232;re ? Le refus &#224; l'indiff&#233;rence et &#224; l'oubli. Entre l'oubli et la promesse, quelque chose qui tient dans le cri &#224; la force d'un serment tenu : ni oubli ni pardon, une mani&#232;re d'&#234;tre pris &#224; t&#233;moin, et qu'il s'agit l&#224; de tenir parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit qu'on d&#233;chire le silence. Ce n'est pas vrai : on en fait usage. Du recueillement au cri, des morts aux murs &#224; abattre, tout le parcours du deuil vers la col&#232;re, celle qui permet d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre cot&#233; de la place, on entend d'autres cris, et les bruits de casserole : les politiques sont l&#224;, toute honte bue, qui r&#233;clameraient peut-&#234;tre leur part, de passer la ligne des partages pour franchir les murs qu'ils ont eux-m&#234;mes participer &#224; lever entre nous et eux, et sur nous-m&#234;mes, jusqu'&#224; les faire tomber rue d'Aubagne, sur huit hommes et femmes d'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cris qui les chassent consolent un peu, recouvrent la provocation de leur pr&#233;sence, l'arrogance qui les m&#232;ne &#224; penser que tout leur est d&#251;, m&#234;me le deuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arrogance dira le soir-m&#234;me : &#171; la foule n'est pas la peuple &#187;.Il y avait foule ici, c'est vrai : et on saura d&#233;sormais que pour l'arrogance politique, le peuple est toujours ce qui demeure sous condition de ses propres ressources. La foule, c'est le terme qu'on utilisait pour &#233;tarquer les draps, affermir les toiles : foule, c'&#233;tait cette longue perche qui poussait la ralingue du vent pour ouvrir les voiles le plus possible. Et il fallait &#234;tre nombreux pour fouler : il faut &#234;tre foule pour &#234;tre une foule. La foule foule au pied ce qui lui fait violence : c'est sa nature ; sa dignit&#233; de foule qui foule, refoule.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6593.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6593.jpg?1573046543' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; o&#249; je suis, les familles se prennent dans les bras, une fleur &#224; la main. Il n'y a pas de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuil n'existe pas, il n'y a que des m&#233;moires qu'on refuse de les voir effac&#233;es, et des vies port&#233;es plus loin qu'elles, au nom desquelles la vie est digne apr&#232;s elle, au nom des morts. Ces jours, ce mot de dignit&#233; revient sans cesse ici pour dire les conditions de vie. C'est que la vie est &#224; condition de la dignit&#233; : que l'indignit&#233; des conditions des vie jette sur les pouvoirs l'indignit&#233; sans condition de leur pr&#233;sence parmi nous. Aux normes de qualit&#233; de vie, ils avaient oubli&#233; qu'il &#233;tait l&#224; question de vie et de mort. De morts surtout. Les qualit&#233;s de mort ne rel&#232;vent d'aucun &#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'&#233;poque confond se loger et habiter : on ne sait plus habiter les villes qui sont construites contre nous. On peine &#224; trouver &#224; se loger, et on n'habite rien. Quand un immeuble s'effondre, il entra&#238;ne &#224; lui tous les autres autour. Marseille n'avait pas besoin de m&#233;taphore : une organisation urbaine suffisait &#224; dire que la solidarit&#233; joue aussi dans la d&#233;struction. Les jours suivant l'effondrement, les forces de l'ordre avaient &#233;t&#233; contraint de proc&#233;der &#224; la d&#233;construction des immeubles pour ne pas qu'ils effondrent tout le quartier. Le mot de d&#233;construction, on le pensait r&#233;serv&#233; &#224; de la th&#233;orie critique des ann&#233;es 70. D&#233;sormais, on avait appris &#224; vivre autour de lui, &#224; son rythme. Les d&#233;log&#233;s sont des milliers &#224; n'&#234;tre pas encore relog&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; nos morts, &#224; vos murs&lt;/i&gt; : ce n'&#233;tait pas seulement un constat, une accusation, une morsure, un crachat, c'&#233;tait aussi le r&#233;cit d'une histoire, celle qui continue d'avoir lieu et n'aura pas de fin, d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6594.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6594.jpg?1573046543' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>que notre force exc&#232;de notre malheur</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/que-notre-force-excede-notre-malheur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/que-notre-force-excede-notre-malheur</guid>
		<dc:date>2019-03-11T20:48:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_foules</dc:subject>
		<dc:subject>_col&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_joie &amp; douleur</dc:subject>
		<dc:subject>_Ingeborg Bachmann</dc:subject>
		<dc:subject>_Marseille, La Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>_Marseille, Noailles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;11 mars 2019&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_solitudes" rel="tag"&gt;_solitudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_desir-demeure-desir" rel="tag"&gt;_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_foules" rel="tag"&gt;_foules&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_colere" rel="tag"&gt;_col&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_joie-douleur" rel="tag"&gt;_joie &amp; douleur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ingeborg-bachmann" rel="tag"&gt;_Ingeborg Bachmann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_marseille-la-plaine" rel="tag"&gt;_Marseille, La Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_marseille-noailles" rel="tag"&gt;_Marseille, Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6408_-_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6408_-_copie.jpg?1552336019' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Qui, sinon ceux d'entre nous qui ont souffert, pourrait t&#233;moigner que notre force exc&#232;de notre malheur, que l'on sait se relever apr&#232;s avoir perdu et que l'on peut vivre sans illusions.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Ingeborg Bachmann&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;373&#034; height=&#034;210&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/YCruB1aKhoc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_7158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6449.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6449.jpg?1552335289' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne prendrai pas de photo des masques, des corps, des postures, je manquerai in&#233;vitablement les cris et la lumi&#232;re, l'intensit&#233; des circulations, la fluidit&#233; de la ville autour qui semblait naviguer avec les mouvements de la foule. Je marcherai seulement comme si c'&#233;tait possible. D'ailleurs, ce ne l'est pas : d&#232;s le premier pas, on m'arr&#234;te et m'enfarine. Evidemment, je n'&#233;tais d&#233;guis&#233; qu'en moi-m&#234;me, et &#231;a ne prend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/carnavaldelaplainenoaillesreformes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carnaval Ind&#233;pendant de La Plaine Noailles R&#233;form&#233;s &amp; Belle de Mai&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, les m&#233;dias diront le lendemain (aujourd'hui) qu'il a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; vers la fin. Comme si les insultes chaque jour du pouvoir, les violences partout visibles dans le quartier &#8211; le mur qui donne envie de pleurer &#224; chaque fois &#8211;, et qu'&#224; deux pas la rue d'Aubagne effondr&#233;e n'&#233;taient pas les signes d'une politique d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e jusqu'aux crimes. Le soir, si le grotesque arc de triomphe est badigeonn&#233; de phrases joyeuses et terribles, c'est pour la terrible joie, pleine de col&#232;re, quand il faut reprendre possession des murs de la ville. La nuit plus tard encore, &#233;videmment, les affrontements auront lieu sur la ZAD devenu ce chantier, ce charnier de ville o&#249; les flics balanceront les grenades d&#233;fensives en d&#233;sespoir de cause. &lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/actualite/marseille-le-carnaval-degenere-7-personnes-interpellees-1649836.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;g&#233;n&#233;r&#233;&lt;/a&gt; ? Je cherche le contraire de ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le deuxi&#232;me pas dans le &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/pour-ses-20-ans-le-carnaval-de-la-plaine-brule-gaudin-dans-lallegresse/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;carnaval&lt;/a&gt;, on m'arr&#234;te : je me suis rendu coupable d'avoir d&#233;pass&#233; et franchi le cort&#232;ge. Me voil&#224; puni. Une cartomancienne magnifique me tend un jeu de cartes, un peu d&#233;sol&#233;e. Je dois tirer une carte au hasard (il n'y a pas de hasard). Cette carte est &#233;videmment la plus belle du jeu &#8211; je n'ai pas besoin de voir les autres pour le savoir. La cartomancienne proc&#232;de &#224; la lecture dans la fureur de l'orchestre d&#233;saccord&#233; autour de moi. Elle dit : c'est la quatri&#232;me carte, celle de la force et de l'harmonie. Et elle s'en va.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6475.jpg?1552335289' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Devant les murs de La Plaine, je suis trop loin. Je regarde et ce soir &#233;crire me fait honte, j'&#233;cris pourtant, peut-&#234;tre &#224; cause de la honte. J'&#233;coute les chants et les col&#232;res, et l'ivresse de la joie d'&#234;tre de ce c&#244;t&#233; des choses, de la vie librement l&#226;ch&#233;e sur la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce n'est pas vrai que je suis &#233;merveill&#233; soudain. Seulement, l'&#233;merveillement est mon regard natif sur toutes chose quand je regarde pour la premi&#232;re fois le jour qui venge. Alors je regarde, avec mes yeux &#233;merveill&#233;s qui sont les miens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied des murs de La Plaine, je ne vois pas &lt;a href=&#034;https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5404986/carnaval-de-la-plaine-a-marseille-scene-confuse-place-jean-jaures.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les compagnies de CRS&lt;/a&gt; derri&#232;re tout pr&#232;s, seulement les taches rouges que font les costumes au loin, au pr&#232;s, qui dansent la danse folle de toute la vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6451.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6451.jpg?1552335289' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_7160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6457.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6457.jpg?1552335289' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le soir, je dessine sans intention particuli&#232;re : les visages, sauvages la plupart, sont tendres aussi. Je sais ce qu'il regarde. Quelque chose derri&#232;re moi qui est aussi en moi : et qui tremble, doucement, simplement, terriblement. Je ne cherche pas l'harmonie en moi : seulement &#224; m'ajuster &#224; ce chaos que fabrique le monde d&#233;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la force, je sais aussi que c'est ma carte au tarot &#8211; la jeune fille qui ouvre la gueule du lion comme une caresse, cette carte &#224; l'&#233;rotisme d&#233;lirant &#8211;, je sais que d'une force, on ne per&#231;oit que les effets, et qu'elle reste invisible. Je sais que je suis aussi la faiblesse et qu'il faut lui accorder une grande part pour traverser l'une et l'autre, que cette travers&#233;e est seule celle qui vaille : et je ne sais peut-&#234;tre que cela.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6468.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6468.jpg?1552335289' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille, de Noailles &#224; La Plaine | et je regarde tomber la pluie</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/article/marseille-de-noailles-a-la-plaine-et-je-regarde-tomber-la-pluie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/article/marseille-de-noailles-a-la-plaine-et-je-regarde-tomber-la-pluie</guid>
		<dc:date>2019-03-07T21:54:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_politiques &amp; commune</dc:subject>
		<dc:subject>_murs</dc:subject>
		<dc:subject>_Interventions</dc:subject>
		<dc:subject>_col&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_Marseille, La Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>_Marseille, Noailles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Effondrements&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/" rel="directory"&gt;INTERVENTIONS | COMMUNES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_politiques-commune" rel="tag"&gt;_politiques &amp; commune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_murs" rel="tag"&gt;_murs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_interventions" rel="tag"&gt;_Interventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_colere" rel="tag"&gt;_col&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_marseille-la-plaine" rel="tag"&gt;_Marseille, La Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_marseille-noailles" rel="tag"&gt;_Marseille, Noailles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2311.jpg?1551992847' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff2311.jpg?1551992889&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Chaque protestation politique fondamentale est un appel &#224; une justice absente et s'accompagne de l'espoir que dans le futur cette justice sera &#233;tablie : cet espoir, cependant, n'est pas la raison premi&#232;re de la protestation. On proteste parce que ne pas protester serait trop humiliant, trop rabaissant, trop mortif&#232;re. On proteste (en construisant une barricade, en prenant les armes, en faisant la gr&#232;ve de la faim, en se tenant par les bras, en criant, en &#233;crivant) afin de sauver le moment pr&#233;sent, quoi que l'avenir r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Berger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;merci B. M.-C.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=nWGoCc7AiWQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On est quatre mois apr&#232;s l'effondrement&lt;/a&gt;. Pass&#233;es la sid&#233;ration, puis la tristesse, la col&#232;re et la rage, vient peut-&#234;tre un autre temps. Ce cinq mars, au pied de la rue d'Aubagne d&#233;vast&#233;e, invisible presque, cach&#233;e par ces barri&#232;res tandis que cr&#233;pitent les radios des flics tout pr&#232;s, les voix des habitants dans le soir qui tombe lentement disent la vie d'apr&#232;s, qui n'a pas lieu. Arr&#234;t&#233;e nette ce quatre novembre, la vie d'ici, introuvable ou quelque part sous les d&#233;combres avec les huit corps. Des immeubles effondr&#233;s &#224; vingt pas, on voit &#224; peine les gravats. On dit que la rue sera de nouveau ouverte, bient&#244;t, mais quand ? On dit tant de choses et on a tant menti. Nous, nous nous tenons &#224; distance, nous gardons le silence : c'est le jour de &lt;i&gt;l'hommage &#224; nos morts&lt;/i&gt;, appel&#233;s tous les cinq du mois. Quatre mois apr&#232;s, on est o&#249; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre mois, pas un jour sans une pens&#233;e pour ces corps sous l'immeuble, sous la ville m&#234;me : non parce que c'est une image, mais parce que ce sont des corps, sous la ville sur laquelle je marche. Pas un jour : pas un jour non plus sans recevoir une insulte crach&#233;e par les pouvoirs, sans m&#233;pris,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;twitter-tweet&#034; data-conversation=&#034;none&#034; data-cards=&#034;hidden&#034; data-partner=&#034;tweetdeck&#034;&gt;&lt;p lang=&#034;fr&#034; dir=&#034;ltr&#034;&gt;Nous sommes effondr&#233;s par ce qui vient de se passer. Nous sommes en pleine compassion avec les familles et leurs amis. Nous nous inclinons devant ces huit personnes qui ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Jean-Claude GAUDIN (@jcgaudin) &lt;a href=&#034;https://twitter.com/jcgaudin/status/1061644103530627073?ref_src=twsrc%5Etfw&#034;&gt;November 11, 2018&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;sans qu'on d&#233;couvre la &lt;i&gt;logique&lt;/i&gt; abjecte, la construction lente et concert&#233;e de ce qui est le contraire de la fatalit&#233;, et qu'on nomme cela politique publique, ou strat&#233;gie d'am&#233;nagement du territoire, ou criminalit&#233; organis&#233;e, peu importe. Importent les corps, et les gravats autour, et les crachats sur eux, et sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre mois, nous avons eu d'autres raisons d'&#234;tre habit&#233;s par cette col&#232;re : les marches dignes sur lesquelles ils ont l&#226;ch&#233;s les chiens, les coups, les grenades et les lacrymog&#232;nes. Et d'autres insultes encore, et d'autres crachats. Les d&#233;log&#233;s, les mal-relog&#233;s : les oublis ; les enfants perdus, les familles disloqu&#233;s ; les &#233;tudiants &#233;parpill&#233;s. Les insultes. Pas un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ont su trouver les mots, les gestes et les pratiques de contre-offensive qui ont pu nous donner de la dignit&#233; : c'&#233;tait l'invention de formes de solidarit&#233;, c'&#233;tait soudain se vouer, donner du temps et des forces, c'&#233;tait se livrer &#224; l'accueil. C'&#233;tait aussi po&#232;mes, des enqu&#234;tes, des t&#233;moignages, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCKP-GPfCzs4vLYHb0cYtS6w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des recueils de t&#233;moignages&lt;/a&gt; : c'&#233;tait tout cela : c'&#233;tait partout une fa&#231;on de faire corps, donner la parole, et de la faire entendre : de fabriquer une ville depuis les corps. Une mani&#232;re de venger chaque jour o&#249; on recevait les insulte, en disant : il y a des corps, et au dedans, des voix, et en travers de la gorge de ce monde, il y a des mots qui disent que face aux insultes, il y a des vies dignes qui savant parler en leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/copiecarbone/sets/minutes-la-plaine-noailles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;clats pr&#233;cieux&lt;/a&gt;, des traces puissantes et fragiles de ces voix n&#233;cessaires comme autant d'armes, des armes si puissantes parce qu'elles datent la col&#232;re et ces jours, parce qu'elles sont des appuis pour d'autres jours qui sauront traverser la col&#232;re en m&#233;moire, et la m&#233;moire en devenir possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain des effondrements des immeubles de la rue d'Aubagne, les pouvoirs ont dit : c'est la pluie. &lt;i&gt;La faute &#224; la fatalit&#233;&lt;/i&gt; avait cela d'injurieux qu'ils attribuaient aux puissances hasardeuses les crimes qu'ils avaient eux -m&#234;mes pr&#233;par&#233;s &#8211; on sait cela maintenant, d'&#233;vidence, comme on se doute qu'ils ne paieront jamais. &lt;i&gt;Et toujours la pluie, la pluie, la pluie, la pluie&lt;/i&gt;, &#233;crivait le po&#232;te &#8211; &lt;i&gt;et je ne sais toujours pas comment il faudrait te le dire, camarade, je t'aime, et je te tiens le bras&lt;/i&gt;. Les camarades sont sous la terre &#233;cras&#233;s par ce qui leur servait de toit et d'abri pour les nuits froides de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6205.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6205.jpg?1551980099' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais toujours pas comment il faudrait le dire. J'&#233;coute les voix de Noailles, et r&#233;sonnent en &#233;cho celles de la Plaine : c'est de l'autre c&#244;t&#233; de la longue route qui d&#233;chire Marseille dans le sens de la largeur comme une fermeture &#233;clair dans le v&#234;tement trop grand de cette ville. On enjambe, on se retrouve sur les hauteurs, La Plaine : ce qu'il en reste. Apr&#232;s des ann&#233;es de lutte, digne aussi, et &#226;pre, les pouvoirs (les m&#234;mes) ont d&#233;cid&#233; que non : ce quartier qui appartenait &#224; ceux qui y vivaient reviendrait aux promoteurs. Le saccage de la Plaine commencerait par la d&#233;coupe des arbres : ensuite, on y coulerait une grande dalle de b&#233;ton, on poserait dessus des commerces, les loyers monteraient, on chasserait ceux d'ici, d'autres viendraient, qui d&#233;penseraient l'argent qui finira de nettoyer le quartier, la ville, ce monde autrefois vivant. Mais personne ne s'est laiss&#233; faire. Quand un mur s'est lev&#233; pour prot&#233;ger la &lt;i&gt;requalification&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;zone&lt;/i&gt;, ceux d'ici ont fait les gestes dignes et lanc&#233;s les mots justes sur les b&#233;tons. &#199;a n'a pas emp&#234;ch&#233; le mur de se dresser, mais &#231;a a veng&#233; l'humiliation. C'&#233;tait rest&#233; debout aussi, davantage que le mur des Assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment le dire, parce que j'&#233;tais loin alors &#8211; de Marseille, de cette vie-l&#224;. Qu'&#224; rebours des mois, la solidarit&#233; de fait ne suffisant pas, j'ai beaucoup march&#233; dans ces rues, beaucoup appris d'elles. On n'appartient comment ? et par quels pores de la peau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire tient &#224; ceux, celles, qui vivent face &#224; ces murs : je les regarde aussi, et dans la beaut&#233; terrible de leur geste, de leurs mots, se dire que le monde n'aura peut-&#234;tre pas le dernier mot, finalement, surtout si on lui jette en boucle et &lt;i&gt;en blocs&lt;/i&gt; les mots &lt;i&gt;hurl&#233;s&lt;/i&gt; quand les murs se dressent, ou s'effondrent : que si ce monde s'effondre, ce sera de se dresser face &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le vertige, je ne sais pas comment il faudrait le dire, encore, et je pense encore aux huit de la rue d'Aubagne, qui dorment sans r&#234;ve, &#233;touff&#233;s par les pierres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6208.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6208.jpg?1551980100' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, je regarde la pluie qui ne tombe pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6212.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_6212.jpg?1551980100' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;merci B. M.-C.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
