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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Claude R&#233;gy | Exp&#233;rience et usage de la pr&#233;sence</title>
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		<dc:date>2024-12-24T13:27:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Workshop &lt;i&gt;Chantiers d'acteurs&lt;/i&gt; &#8211; d&#233;cembre 2024&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/ressources-documents-theatralites/dramaturges-d-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Dramaturges d'aujourd'hui&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/1200x680_000_par8339062.webp?1735046856' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Les &lt;i&gt;Chantiers d'acteurs&lt;/i&gt; ont eu lieu du 28 novembre au 5 d&#233;cembre, organis&#233;s par Sabine Quiriconi, Chlo&#233; Larmet et Christophe Triau de l'universit&#233; Paris-Nanterre, au Th&#233;&#226;tre de l'Aquarium puis &#224; la Fondation Lucien Paye &#8212; dans le cadre du projet EUR ArTeC. Ces Chantiers proposaient &#224; des actrices et acteurs, chercheuses et chercheurs partenaires du projet et invit&#233;&#183;es, &#224; travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience des artistes pour essayer de penser la pr&#233;sence sc&#233;nique. Voir ici le &lt;a href=&#034;https://eur-artec.fr/evenements/chantiers-dacteurs-penser-les-regimes-de-presence-sur-les-scenes-actuelles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;programme&lt;/a&gt; dense, ambitieux, prometteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre, l'apr&#232;s-midi &#233;tait consacr&#233; &#224; un atelier propos&#233; B&#233;n&#233;dicte Le Lamer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a jou&#233; sous la direction de Claude R&#233;gy en 2001, dans Carnet d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et Yann Boudaud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a jou&#233; sous la direction de Claude R&#233;gy &#224; partir de 1997, avec La Mort de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui proposaient d'aborder &#224; partir d'une pratique au plateau quelques notions d&#233;velopp&#233;es par Claude R&#233;gy pour son travail de mise en sc&#232;ne : le corps, l'espace et la lumi&#232;re ; le silence comme une cat&#233;gorie du langage ; la &#171; d&#233;conventionnalisation &#187; de l'imaginaire autour d'un texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;pose ici quelques notes prises au cours de l'atelier.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_13427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives1-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives1-5.jpg?1735046495' width='500' height='328' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment transmettre ce qu'on ne poss&#232;de pas ? Le travail de Claude R&#233;gy ne rel&#232;ve ni d'une m&#233;thode ni d'une technique, mais, puisqu'il proc&#232;de d'abord d'un d&#233;pouillement, ne peut s'enseigner comme contenu. Ce travail de la n&#233;gativit&#233; &#224; l'&#339;uvre, dans l'&#339;uvre, dans quelle mesure peut-il fournir, malgr&#233; tout, mati&#232;re d'une p&#233;dagogique ? Ce qui s'enseignerait serait cependant moins une somme qu'il s'agirait d'apprendre pour appliquer, qu'une attitude. L'enjeu &#224; chaque fois serait de rendre disponible la possibilit&#233; d'un partage de question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude R&#233;gy : une &#339;uvre qui est aussi une histoire qu'il importe de raconter. Ce r&#233;cit porterait d'abord sur l'histoire d'une &#339;uvre inscrite elle-m&#234;me dans l'histoire du th&#233;&#226;tre : elle plonge en effet ses racines depuis la transmission d'une m&#233;moire de la fin du XIXe s., et se cl&#244;t avec les derni&#232;res exp&#233;rimentations des ann&#233;es 2010 &#8212; soit un travail qui peut s'envisager sur pr&#232;s d'un si&#232;cle et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de semblable &#224; premi&#232;re vue entre le travail de Vsevolod Meyerhold et celui de Claude R&#233;gy. Et cependant, il est troublant de lire les critiques adress&#233;es &#224; Vsevolod Meyerhold dans les ann&#233;es 1920, qui s'appuient sur les m&#234;mes crit&#232;res, et utilisent le m&#234;me vocabulaire, que les contempteurs de R&#233;gy : on d&#233;nonce ici l&#224; un statisme ennuyeux, on d&#233;plore une d&#233;clamation monocorde, on regrette la lenteur excessive. Cela t&#233;moigne autant de la paresse de la critique que d'un travail conduit &#224; la racine du th&#233;&#226;tre &#224; lui cherchant &#224; &#339;uvrer aux nerfs de son acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant cette histoire du th&#233;&#226;tre dans laquelle l'&#339;uvre de Claude R&#233;gy s'inscrit, il est aussi troublant de constater que ce qu'elle met au travail sont les notions &#233;labor&#233;es par le r&#233;alisme psychologique &#8212; th&#233;&#226;tre qui pourrait sembler fort &#233;loign&#233; des spectacles de R&#233;gy. Il ne cessait d'&#233;voquer ces notions, qui &#233;tait le repoussoir de ce r&#233;alisme psychologique, mais lui voulait les valoriser et m&#234;me finira par adosser toute sa th&#233;&#226;tralit&#233; sur elles : le silence ou le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une obsession guidait ce travail : transformer les forces de destruction en puissance de vie, comme si la vie n'&#233;tait possible que depuis la destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pourtant tort de r&#233;duire de ce travail &#224; une m&#233;ditation sur ces forces, une r&#233;flexion abstraite, m&#234;me inform&#233;e et historiquement inqui&#232;te, une pure approche sp&#233;culative. Ce travail acharn&#233; &#233;tait d'abord celui en prise avec la mat&#233;rialit&#233; sensible des corps et des espaces, de la lumi&#232;re, des bruits, du langage con&#231;us comme mati&#232;res : on en peut d&#232;s lors approcher ce travail que depuis sa mise en pratique concr&#232;te et r&#233;elle, par une mise &#224; l'&#233;preuve de cette pens&#233;e et de nos corps : une pens&#233;e mise &#224; l'&#233;preuve &#224; nos corps. C'est pourquoi en passer par le plateau s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il lui &#233;tait arriv&#233; de travail avec des acteurs japonais &#8212; pour la mise en sc&#232;ne d'Int&#233;rieur, de Maeterlinck, en 2014 &#8212;, Claude R&#233;gy affirmait qu'il s'agit l&#224; d'une chance : l'avantage, c'&#233;tait que l'on &#233;tait s&#251;r de ne pas se comprendre. Tel est l'id&#233;al. Car le vocabulaire du travail th&#233;&#226;tral (et pas seulement loin) est encombr&#233; et donne l'illusion qu'on parle de la m&#234;me chose, qu'on s'entend sur les mots. Non, on ne se comprend pas ; on utilise un m&#234;me mot pour d&#233;signer des r&#233;alit&#233;s qui sont pour chacun si diff&#233;rentes, et m&#234;me pour soi : si opaque. Il faut donc d'abord se d&#233;faire de l'id&#233;e qu'on parle de la m&#234;me chose, et qu'on se comprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose : consid&#233;rer un espace vide. Partir de l&#224;. Poser devant soi un espace sans rien qui le peuple. Rien que cela. Tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant le vide, on consid&#232;re tout aussit&#244;t la lumi&#232;re et le silence : il n'existe pas de lumi&#232;re et de silence dans l'absolu, mais des variations continues de lumi&#232;res et un silence sans cesse rompu, ou relanc&#233; par tels bruits de fond. De fait, consid&#233;rer un espace conduit &#224; consid&#233;rer d'o&#249; vient la lumi&#232;re qui me fait le consid&#233;rer : les sources en dehors de lui, son hors-champ qui le rend possible. Consid&#233;rer le silence nous livre &#224; l'attention des bruits qui font le monde dehors, de l'autre c&#244;t&#233; du mur, tout pr&#232;s ou tr&#232;s loin : ce monde qui bat et qui &#233;choue jusqu'ici, qui cerne le lieu et finalement le dessine, le d&#233;toure, le rend aussi visible que la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec eux, le silence, la lumi&#232;re et le vide que l'on va jouer : ce seront eux les premiers partenaires, les partenaires essentiels du drame qui va se nouer entre l'acteur et le monde, le texte et les spectateurs &#8212; c'est ce drame-l&#224; qui va avoir lieu et auquel le spectateur va assister, le drame du jeu entre l'acteur et l'espace vide qui l'entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc un espace dont on a fait le vide &#8212; et pour mieux dire, espace &lt;i&gt;qui a &#233;t&#233; vid&#233;&lt;/i&gt;. De fait, il porte en lui une histoire, celle de son plein. Car aucun espace n'est vide par essence, ou nature. Un espace a toujours &#233;t&#233; travers&#233;, peupl&#233;, rempli. C'est cela aussi qu'on regarde quand on consid&#232;re un espace soi-disant vide : son histoire. Un espace d'autant plus plein qu'il aura &#233;t&#233; vid&#233; et qu'on le consid&#232;re comme cette somme d'histoires effac&#233;es. L'espace vide donne une sensation historique : le vide est l'&#233;vidence que quelque chose lui pr&#233;existe et que quelque chose va suivre. Il t&#233;moigne que l'histoire ne commence jamais parce qu'elle commence toujours ; elle a toujours commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que quelque chose arrive, quelque chose est d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis quelque chose arrive, in&#233;vitablement : m&#234;me et surtout quand il ne se passe presque rien, c'est ce presque qui p&#232;se de tout son poids. Plus le vide aura &#233;t&#233; fait, plus la moindre chose sera consid&#233;rable : il n'y aura de consid&#233;rable qu'en vertu d'un vide qui aura &#233;t&#233; accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout part de l&#224;. Tout part du vide ; de cette mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives2-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives2-5.jpg?1735046495' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Est propos&#233; &#224; un participant de s'avancer. Le voici seul ici, livr&#233; aux regards. Il marche.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher dans le vide, c'est marcher &#224; travers lui autant que sur lui, et dans lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer un seuil o&#249; il ne se passe rien, attendre qu'il ne se passe rien, et une fois qu'il ne se passe rien, alors tout peut arriver. Car tout est question de franchissement de seuil. Il faut en passer par ce seuil d'ennui pour s'en d&#233;faire. Si l'on veut combler le temps, on passe son temps &#224; faire quelque chose pour l'occuper, et on ne fait rien, parce qu'on ne laisse le temps &#224; rien. Or, il s'agit de laisser ce temps d&#233;faire quelque chose en nous, refuser de l'occuper, de l'agiter, d'agir sur lui. Alors seulement quelque chose de l'ordre d'une action v&#233;ritable pourra avoir lieu : alors, chaque geste ou mouvement m&#234;me infime, sera un &#233;v&#233;nement bouleversant l'ordre entier des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on regarde : non pas un corps, mais un corps imaginant : un corps occup&#233; &#224; &#233;laborer en lui des images et des pens&#233;es. C'est cela qu'on voit : par ce corps qui r&#234;ve, qui pense, peupl&#233; a des images, on voit les r&#234;ves, les pens&#233;es et les images &#8212; mais des r&#234;ves dont on ignore le r&#234;ve, les pens&#233;es, les images).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir un corps qui marche dans un espace vide, c'est voir ce corps franchir &lt;i&gt;comme pour la premi&#232;re fois&lt;/i&gt; l'espace, quel qu'il soit. D'o&#249; l'importance de consid&#233;rer le vide de l'espace avant toute chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant que ce corps parle, il s'agit de construire les conditions de cette parole par le vide : et pour cela, d&#233;composer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on cherche : voir ce qu'on n'avait pas vu. Or, un homme qui marche, on ne le voit jamais ; car ce n'est pas normal. Le th&#233;&#226;tre part de cette non-&#233;vidence qu'il accomplit comme acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailler dans le silence : ensuite, comment parler ? Le silence rend peu &#233;vidente la parole, car d'o&#249; parler quand on a fait le silence pendant de longues minutes, des heures ? De nouveau : pass&#233; un certain seuil de silence, les minutes paraissent des heures, des si&#232;cles. Puis, on est pass&#233; par tant d'images int&#233;rieures, qu'on ne sait plus comment parler, par o&#249; &#231;a va parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;zanne se posait devant le paysage et ne pouvait pas peindre, parce que le paysage est d&#233;j&#224; peint par le monde : alors, pour peindre, il avait besoin de le d&#233;truire d'abord en lui. Pour que la couleur arrive il faut ainsi qu'il y ait la catastrophe. De m&#234;me, pour Claude R&#233;gy, il s'agit avant tout de se d&#233;faire de ses propres repr&#233;sentations, afin que tout soit refait. Pour que quelque chose advienne, il faut b&#226;tir le chaos en soi afin que tout advienne de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le chaos arrive : il faut en passer par l&#224;, cet &#233;tat premier &#8212; construit par tel, non pas originaire, mais premier en tant qu'il peut refonder &#8212; pour refaire. La destruction est cet espace historique d'o&#249; l'on vient. C'est d'ailleurs ce temps historique d'o&#249; des hommes comme Claude R&#233;gy viennent : la destruction qu'a accomplie la Seconde Guerre mondiale est celle qui lui a donn&#233; naissance et a donn&#233; naissance &#224; ce monde (ce monde qui nous a donn&#233; naissance). De fait, apr&#232;s les massacres, plus rien ne peut &#234;tre &#233;vident et tout devient source de stup&#233;faction. Le th&#233;&#226;tre devient cet espace de miracle o&#249; l'on peut voir des corps d'apr&#232;s les massacres : miracle de voir encore &lt;i&gt;malgr&#233; tout&lt;/i&gt; des &#234;tres vivants qui parlent et qui nous parlent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'&#234;tre un acteur pour &#234;tre sur un plateau : il faut beaucoup plus ; ce qu'on y met est sa vie et davantage, celle des autres et celle des morts. Entrer sur un plateau est cet acte p&#233;rilleux qui met en jeu toute cette vie, et tous ces morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire et refaire. Comment refaire s'il s'agit de faire &#224; chaque fois comme une premi&#232;re fois &#8212; et une derni&#232;re fois ? L&#224; est l'enjeu. C'est comme un fleuve qui trace son courant dans le m&#234;me lit : refaire le courant, repasser donc, et pourtant, c'est une eau autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives3-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives3-5.jpg?1735046495' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;p&#233;tition consiste &#224; &#233;prouver une image (int&#233;rieure) jusqu'&#224; l'&#233;puiser, &#233;puiser cette image int&#233;rieure qui a permis la travers&#233;e, et qui ne sert plus. Par exemple : Marcher, avec une image int&#233;rieure de paysage de neige &#8212; jusqu'&#224; &#233;puiser cette image et se servir d'une autre image : par exemple : un paysage de ruines. Le travail ne consiste pas &#224; trouver une image, mais &#224; s'en d&#233;faire. Et aller de la neige &#224; la ruine, tout en consid&#233;rant que la ruine poss&#232;de en elle l'image de neige (qu'elle en proc&#232;de, qu'elle en est issue.) Certaines images tiennent ainsi plus longtemps que d'autres et restent vivantes plus longtemps. Mais quand des images ne tiennent pas ou plus, il faut en rechercher d'autres. Comment ? Faire appel &#224; des souvenirs, ou les inventer. Inventer une autre m&#233;moire, par la photographie, l'&#233;criture, le dessin. Cette m&#233;moire invent&#233;e n'est pas moins vraie que la m&#233;moire v&#233;cue, elle l'est peut-&#234;tre davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire, et refaire, jusqu'&#224; oublier. D&#232;s lors, marcher devient un geste impossible, oubli&#233;. &#202;tre contraint d'inventer le geste : par exemple, avancer devant soi en reculant int&#233;rieurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire le texte avec ces images int&#233;rieures sans que ces images int&#233;rieures soient &lt;i&gt;jou&#233;es&lt;/i&gt; ou prennent le pas : car ces images permettent de dire, mais ne sont pas dites en tant que telles. D'autant plus quand le texte &#233;voque des images qui peuvent ne pas &#234;tre celles de l'acteur. Ainsi, si le texte &#233;voque l'enfer, l'acteur peut tout &#224; fait travailler ces images avec des images int&#233;rieures de beaut&#233; et de douceur. Ces images ne viennent pas contredire l'image du texte, elles viennent l'habiter et les rendre possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de jouer le texte, mais de le dire : mais le dire implique d'habiter un monde. Puisqu'il ne s'agit en aucun cas de paraphraser le texte, de jouer le mime du texte, de l'ex&#233;cuter en l'illustrant, mais d'en &#233;laborer l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction des images. Par exemple, pendant le spectacle &lt;i&gt;Holocauste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte de Charles Reznikoff, cr&#233;&#233; en janvier 1998.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;tait &#233;voqu&#233;e une sc&#232;ne de meurtres d'enfants. Pendant les r&#233;p&#233;titions, un marchand de glace &#224; l'ext&#233;rieur du th&#233;&#226;tre passait et hurlait sa cri&#233;e. Claude R&#233;gy avait voulu dissuader le marchand de glaces de passer, peine perdue. Alors, il fallait bien prendre en charge cela, ce dehors du th&#233;&#226;tre qui venait en percuter le drame. Il s'agissait d&#232;s lors pour les acteurs qu'on per&#231;oive ces crimes &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; tout &#224; la fois le go&#251;t de la vanille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acteur est pour Artaud cet &#171; athl&#232;te affectif &#187; : il s'entra&#238;ne &#224; &#234;tre atteint sans qu'il en soit an&#233;anti, parce qu'il aura subi et travers&#233; cet entra&#238;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee Stradberg : la pens&#233;e de la chose, qui visualise, imagine, projette, est d&#233;j&#224; l'action. Au th&#233;&#226;tre, chaque chose que l'on dit ne peut pas ne pas &#234;tre &#233;prouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lenteur : parce que le monde se produit dans un tel chaos que la pens&#233;e &#233;value dans ce chaos tout en s'&#233;prouvant dans et comme un chaos, on a besoin de se retrouver. Ainsi, lorsqu'on parle avec quelqu'un, on pense &#224; quelque chose en m&#234;me temps : pour d&#233;plier l'exp&#233;rience, on a donc besoin de ralentir et de d&#233;composer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On joue avec la densit&#233; de l'air aussi, la pesanteur de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perp&#233;tuelle attention aux images, aux textes, aux sensations, permet de se retenir de jouer : l'acteur est tellement occup&#233; &#224; autre chose qu'&#224; jouer le texte qu'il ne peut pas le jouer. Ce qui importe d'abord et avant tout, c'est d'&#234;tre en relation avec l'&#233;criture, et non pas dans la volont&#233; de faire signifier quelque chose par le jeu mim&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle libert&#233;, malgr&#233; tout, offre cette porosit&#233;, cette hi&#233;rarchie d'une m&#233;moire, du texte, de son image, de la possibilit&#233; de se repr&#233;senter du temps : c'est d'une ouverture consid&#233;rable, et non de v&#233;ritables contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment &#231;a commence &#224; parler ? Comment &#231;a parle, et d'o&#249; &#231;a parle ? La parole sert quotidiennement pour renseigner, informer, communiquer. Mais ceci occulte un autre aspect de la parole qui n'est pas fonctionnel quand on veut transmettre autre chose que des informations, mais des sensations ou des images, des pens&#233;es. Et tout ce que les mots ne disent pas et qui disent quand m&#234;me, et qui ne sont pas dicibles. Non seulement le mot &#171; chien &#187; n'aboie pas, mais il ne dira jamais tout ce que le mot &#171; chien &#187; est. Le mot &#171; neige &#187; ne dira jamais ce que la neige est. Il y a ce que les mots disent et tout ce que les mots ne disent pas. Ces choses complexes n&#233;cessitent d'&#234;tre complexes dans leur &#233;nonciation. Ainsi ces autres choses doivent-elles passer par un autre canal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole ne vient pas rompre le silence, mais se propose de le continuer par d'autres moyens. Puisque le silence est habit&#233; de mots, la parole viendra en prolonger la trace. C'est pourquoi on ne prend pas la parole : dans l'espace du silence, quelque chose du silence se fait entendre dans la parole. Il y a du silence avant le mot, apr&#232;s le mot et pendant le mot.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives4-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/archives4-5.jpg?1735046495' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Images &#169;Pascal Victor &#8212; &lt;i&gt;R&#234;ve et folie&lt;/i&gt;, d'apr&#232;s Georg Trakl, ultime mise en sc&#232;ne de Claude R&#233;gy, interpr&#233;t&#233; par Yann Boudaud, d&#233;cembre 1998.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle a jou&#233; sous la direction de Claude R&#233;gy en 2001, dans &lt;i&gt;Carnet d'un disparu&lt;/i&gt; (po&#232;me anonyme, traduction du tch&#232;que par Eug&#232;ne Hartmann-Moussu) ; en 2003, dans &lt;i&gt;Variations sur la mort&lt;/i&gt; de Jon Fosse et en 2007, dans &lt;i&gt;Homme sans but&lt;/i&gt; d'Arne Lygre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il a jou&#233; sous la direction de Claude R&#233;gy &#224; partir de 1997, avec &lt;i&gt;La Mort de Tintagiles&lt;/i&gt; de Maurice Maeterlinck ; puis en 1998, dans &lt;i&gt;Holocauste&lt;/i&gt; de Charles Reznikoff ; en 1999 &lt;i&gt;Quelqu'un va venir&lt;/i&gt; de Jon Foose ; en 2000 &lt;i&gt;Des couteaux dans les poules&lt;/i&gt; de David Harrower ; en 2001 &lt;i&gt;Melancholia&lt;/i&gt; de Jon Fosse ; en 2001, &lt;i&gt;Carnet d'un disparu&lt;/i&gt; (po&#232;me anonyme, traduction du tch&#232;que par Eug&#232;ne Hartmann-Moussu) ; en 2012, &lt;i&gt;La Barque Le Soir&lt;/i&gt;, d'apr&#232;s Tarjei Vesaas ; en 2016, &lt;i&gt;R&#234;ve et folie&lt;/i&gt; de Georg Trakl.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte de Charles Reznikoff, cr&#233;&#233; en janvier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pauline Sauveur | Presqu'&#238;l-e</title>
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		<dc:date>2024-11-02T13:23:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#201;ditions Quartett
&lt;br&gt;Un avant-propos&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/ressources-documents-theatralites/dramaturges-d-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Dramaturges d'aujourd'hui&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/img_0381_2.jpg?1730553875' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/img_0382_2.jpg?1730553884&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Vient de para&#238;tre &lt;i&gt;Presqu'&#238;le&lt;/i&gt; de Pauline Sauveur aux belles &#233;ditions Quartett. J'avais d&#233;couvert ce texte, laur&#233;at de l'aide &#224; la cr&#233;ation d'Artcena, &#224; la Mousson d'&#233;t&#233; en 2023 &#8212; sa droiture, sa douceur intransigeante, sa langue attentive, cette travers&#233;e comme seul peut-&#234;tre le th&#233;&#226;tre peut le proposer des enjeux de l'identit&#233; quand elle s'&#233;prouve dans l'alt&#233;rit&#233; qui la f&#233;conde, sa joie qui n'est pas dupe de l'hostilit&#233; du monde autour et qu'elle d&#233;fie sans arrogance, mais dignement, &#224; la seule faveur d'une obstination &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauline m'avait ensuite propos&#233; de r&#233;diger l'avant-propos du livre &#224; para&#238;tre et je la remercie de nouveau : l'occasion de poser des mots sur cette lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce suit maintenant son voyage : en esp&#233;rant qu'elle puisse autant que possible &#234;tre lue et port&#233;e sur les sc&#232;nes.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_13073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_0383_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_0383_2.jpg?1730553699' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_0384_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_0384_2.jpg?1730553705' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;sentation par &lt;a href=&#034;https://quartetteditions.fr/2024/10/07/presquil-e/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;diteur&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se construire et s'identifier comme masculin, s'atteindre soi-m&#234;me. &#192; travers de nouveaux gestes, des r&#233;flexions des coll&#232;gues ou d'amis, des regards et des postures, et vivre les op&#233;rations, le traitement hormonal, les d&#233;marches administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure du dialogue l'&#233;volution se fait, l'&#233;quilibre entre les deux personnages se modifie. La pi&#232;ce raconte cette travers&#233;e, de la premi&#232;re injection &#224; l'obtention des nouveaux papiers d'identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/463192619_854116283568691_6420681543383106151_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/463192619_854116283568691_6420681543383106151_n.jpg?1730553721' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un entretien de l'autrice pour Artcena&lt;/h2&gt;&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/839641384?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Pauline Sauveur &#171; presqu'&#238;le &#187;&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Terzieff, la voix de Claudel</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/ressources-documents-theatralites/dramaturges-d-aujourd-hui/article/terzieff-la-voix-de-claudel</link>
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		<dc:date>2014-05-05T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_voix</dc:subject>
		<dc:subject>_lectures critiques</dc:subject>
		<dc:subject>_th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>_Paul Claudel</dc:subject>
		<dc:subject>_Laurent Terzieff</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notes sur la disparition de Laurent Terzieff&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/dramaturgies-scenes-travaux/ressources-documents-theatralites/dramaturges-d-aujourd-hui/" rel="directory"&gt;Dramaturges d'aujourd'hui&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_voix" rel="tag"&gt;_voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lectures-critiques" rel="tag"&gt;_lectures critiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_theatre" rel="tag"&gt;_th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_paul-claudel" rel="tag"&gt;_Paul Claudel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/mot/_laurent-terzieff" rel="tag"&gt;_Laurent Terzieff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton379.jpg?1278514782' class='spip_logo spip_logo_right' width='129' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;L. Terzieff dans &lt;i&gt;Philoct&#232;te&lt;/i&gt;, mise en sc&#232;ne de Christian Schiaretti printemps 2010 | photo&#169;Bernard Michel Palazon - CDDS Enguerand&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note du 5 mai 2014&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette vid&#233;o de Laurent Terzieff, que m'adresse ce jour &lt;a href=&#034;http://lesnuitsechouees.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh-Mat&lt;/a&gt; : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=sHtxBVBEN6A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;on y entend l'acteur&lt;/a&gt; lire des textes de Claudel et de Rilke, et sa pr&#233;sence &#224; vif.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/sHtxBVBEN6A&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte du 7 juillet 2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, coup de fil de mon fr&#232;re : Laurent Terzieff est mort. Je le savais, oui &#8212; dimanche, les journaux en avaient parl&#233;, un peu, comme de quelque chose d'anodin, sous le m&#234;me titre &#233;trange que la presse utilise quand on annonce de tels morts : la &lt;i&gt;disparition&lt;/i&gt; de Laurent Terzieff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon fr&#232;re ajoute : &#171; On n'entendra plus le verset claud&#233;lien, c'est fini &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'apr&#232;s-midi, je relis &lt;i&gt;T&#234;te d'Or&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Echange&lt;/i&gt; &#8212; j'ai dans la t&#234;te la voix de Terzieff, pour les r&#233;pliques de C&#233;b&#232;s, celles de Louis Laine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re voix de Claudel, donc &#8212; c'est ainsi. &#192; la radio, quelqu'un dira : apr&#232;s la mort de Cuny, c'est la seconde corde vocale de Claudel qui s'&#233;teint. Si Cuny et Terzieff se sont sauv&#233;s la vie avec Claudel, c'est parce que de tels acteurs n'avaient pas un rapport d'ex&#233;cution avec les textes, mais de salvation, de r&#233;demption. Vocabulaire religieux qui m'est &#233;tranger mais qui me semble juste : si on enl&#232;ve toute transcendance &#224; ces termes, et qu'on les place sur le plan horizontal du corps, du plateau, du souffle, tout est &#224; sa place, et je suis l&#224; pour l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais vu Terzieff sur sc&#232;ne &#8212; Olivier Py parle de ce miracle de l'acteur qui plus que d'autre appara&#238;t : arrive &#224; appara&#238;tre &#8212; l&#224; encore, syntaxe claud&#233;lienne de la lev&#233;e des corps qui approche de ce myst&#232;re, la transfiguration du corps de l'acteur par le texte, et comment le moment du th&#233;&#226;tre aborde cela dans la lat&#233;ralit&#233; du plateau, corps glorieux qui ne nous ach&#232;te aucune de nos fautes, mais les expulse, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Py dit aussi son &#233;tonnement devant la facult&#233; Terzieff &#224; changer la qualit&#233; du silence et de pr&#233;sence autour lui, et dont la seule apparition ralentit le temps pour le spectateur saisi &#8212; comme il est &#233;trange que cet &#234;tre fasse entrer le public dans un &#233;tat de m&#233;ditation aussi grand que celui qu'on &#233;prouve &lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF89031160/extrait-de-tete-d-or.fr.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;face &#224; la mer ou aux &#233;toiles.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas vu Terzieff au th&#233;&#226;tre, mais j'ai sa voix, beaucoup d'enregistrements : on va me dire que &#231;a ne remplace pas le corps &#8212; quoique. Dans cette voix, d'une gravit&#233; aride, &#233;vidente, coul&#233;e de pierre dans la gorge, quelque chose du corps, sa suffisance, transpara&#238;t : se laisse montrer &#224; nu ; et cela est assez. Le visage, la silhouette, l'&#233;maciement du corps dress&#233; semblable &#224; un nerf, je l'ai pour moi, en moi, ce corps habite suffisamment la m&#233;moire (le r&#244;le du centaure dans le &lt;i&gt;Medea&lt;/i&gt; de Pasolini)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa voix qui d&#233;ploie sur le champ de la pr&#233;cision, de la folie de Claudel, toute une naissance sans cesse recommenc&#233;e : que chaque verset soit une unit&#233;, quelle que soit la longueur de ce verset, et qu'&#224; chaque verset appartiennent une scansion, un rythme, une syntaxe propre, c'est cela qui rend Claudel in&#233;puisable, essentiel. Qu'&#224; chaque verset se redonne la langue dans un effondrement diff&#233;rent &#8212; la foudre ne tombe jamais deux fois au m&#234;me endroit, ni deux fois &#224; m&#234;me vitesse.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;small&gt;Laurent Terzieff lit le d&#233;but de &lt;i&gt;T&#234;te d'or&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 17 ans (on n'a encore rien lu), sur la table arrive par hasard ou presque deux livres : &lt;i&gt;Illuminations&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;T&#234;te d'or&lt;/i&gt;. Il y a eu un peu avant &lt;i&gt;La Nuit juste avant les for&#234;ts&lt;/i&gt; et il y aura juste apr&#232;s &lt;i&gt;La Presqu'&#238;le&lt;/i&gt;. On n'aura jamais rien d'autre &#224; lire : ce qui na&#238;t d'un rapport au monde et &#224; soi, et l'intransigeance que ces textes exigent, je ne sais pas comment le dire &#8212; seulement, dans le d&#233;sir d'&#233;crire ensuite (et seulement ensuite), c'&#233;tait aussi une fa&#231;on de rejoindre ce qui s'est donn&#233; &#224; soi comme &#233;vident, dans l'&#233;nigme que cela constitue, et qu'on se donne t&#226;che de poursuivre : la voix qui imprime au dehors son rythme &#224; la pes&#233;e du pas qui va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Terzieff redonne le verset, il souffle sur quelque chose de neuf, les vieux mondes emport&#233;s, et devant soi tout le possible. &#171; Homme nouveau devant les choses inconnues &#187; dit le jeune C&#233;b&#232;s, au tout d&#233;but de &lt;i&gt;T&#234;te d'Or&lt;/i&gt;. &#171; Et je tourne la face vers l'Ann&#233;e et l'arche pluvieuse, j'ai plein mon c&#339;ur d'ennui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la voix de Claudel s'est tue avec Terzieff, elle n'a pas disparu &#8212; elle reste seulement en suspens, dans l'attente et le d&#233;sir qu'un vienne la prendre avec violence, et la souffler de nouveau.&lt;/p&gt;
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		<title>Patrice Ch&#233;reau | &#171; parce qu'un homme meurt d'abord, puis cherche sa mort et la rencontre finalement &#187;</title>
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		<dc:date>2013-10-07T19:15:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_deuil</dc:subject>
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		<dc:subject>_Patrice Ch&#233;reau</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;disparition de Patrice Ch&#233;reau&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1230.jpg?1381173327' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Patrice Ch&#233;reau, les bras crois&#233;s &#224; l'entr&#233;e de la majestueuse salle du Louvre, regardant les spectateurs passer l'un apr&#232;s l'autre devant lui pour gagner les rang&#233;es, quelques minutes avant &lt;i&gt;La Nuit juste avant les for&#234;ts&lt;/i&gt; mise en sc&#232;ne avec Thierry Thie&#251;-Niang ; m&#234;me image, trois mois plus tard, &#224; la Ville, avant la repr&#233;sentation de &lt;i&gt;I'm The Wind&lt;/i&gt; de Jon Fosse. C'est un regard, comme une pr&#233;sence &#8212; et tout le reste qui se tait, ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on travaille, de si pr&#232;s, comme je l'ai fait ces derni&#232;res ann&#233;es avec les livres de Kolt&#232;s, ce n'est pas comme l'on dit trop souvent, que s'&#233;tend &lt;i&gt;l'ombre&lt;/i&gt; de Ch&#233;reau enveloppant tout cela, mais c'est plut&#244;t une forme de magnifique compagnonnage, un si puissant champ de forces qui rend possible de part et d'autre de l'&#233;criture et de la sc&#232;ne l'invention d'une &#339;uvre, celle qui rend pr&#233;hensible le monde qui nous entoure, celle qui rend possible son appartenance.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Rien &#224; dire, aux centaines d'hommage d&#233;j&#224; qui ne vont pas manquer &#8212; &#233;videmment qu'on lui doit. Rien &#224; ajouter, ici, dans la solitude, si ce n'est d&#233;j&#224; le manque, en partage de tous ceux qui n'ont jamais connu Patrice Ch&#233;reau, mais dont le travail &#233;tait si essentiel. Rien d'autre que la pens&#233;e de ce soir-l&#224;, quand en retard pour &lt;i&gt;La Nuit&lt;/i&gt;, je rejoins parmi les derniers la salle du Louvre, et qu'il attend, patiemment, tendrement, simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, je retrouve et relis le court texte qu'il avait r&#233;dig&#233; quelques jours apr&#232;s la mort de Bernard-Marie Kolt&#232;s : &#171; Un ami &#187;, c'&#233;tait le titre, ce 19 avril 1989, de cet article publi&#233; dans le Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;es &#224; nos solitudes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;C'est une dure loi, celle qui veut qu'on ne doit pas se contenter de subir la perte ignoble d'un ami, mais qu'il faut t&#233;moigner, en quelques lignes &#233;crites h&#226;tivement, de l'affection et de l'admiration profondes qu'on lui porte &#8212; et pourtant on le fait parce qu'on se dit qu'un mort ne doit pas &#234;tre oubli&#233;, pas tout de suite. Surtout un jeune mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; une m&#233;t&#233;orite qui a travers&#233; notre ciel avec violence dans une grande solitude de pens&#233;e et avec une incroyable force, &#224; laquelle il &#233;tait parfois difficile d'avoir acc&#232;s. Il m'intimidait et aujourd'hui encore plus que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas toujours d'accord avec mon interpr&#233;tation de ses pi&#232;ces. Il me le faisait rarement savoir : il avait la courtoisie de penser que je commettais plut&#244;t moins de fautes que les autres. De mon c&#244;t&#233;, j'ai voulu rendre compte le moins mal possible et avec l'enthousiasme que procure le travail quotidien avec un &#233;crivain, un vrai, de son monde &#224; lui &#8212; une lame tranchante &#224; laquelle je me suis souvent coup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que dire ? Au moins ceci auquel il tenait : il ne supportait pas que l'on qualifie ses pi&#232;ces de sombres ou d&#233;sesp&#233;r&#233;es, ou sordides. Il ha&#239;ssait ceux qui pouvaient le penser. Il avait raison, m&#234;me si parfois c'&#233;tait plus facile, dans l'instant, de les monter ainsi. Elles ne sont ni sombres ni sordides, elles ne connaissent pas le d&#233;sespoir ordinaire, mais autre chose de plus dur, de plus calmement cruel pour nous, pour moi. Tchekhov aussi, apr&#232;s tout, &#233;tait f&#226;ch&#233; qu'on ne voie que des trag&#233;dies dans ses pi&#232;ces. &#171; J'ai &#233;crit une com&#233;die &#187;, disait-il de &lt;i&gt;La Cerisaie,&lt;/i&gt; et il avait raison, lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas d'amour il n'y a pas d'amour &#187;, dit l'un des deux personnages de &lt;i&gt;Solitude dans les champs de coton&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;]. Bernard demandait qu'on ne coupe surtout pas cette phrase qui le faisait sourire de sa fa&#231;on si incroyablement lumineuse parce qu'il voulait qu'on la regarde, cette phrase, bien en face sans faire trop de sentiments. &#192; nous de nous d&#233;brouiller, nous autres pauvres metteurs en sc&#232;ne sentimentaux, avec ce paradoxe, o&#249; se tient peut-&#234;tre enferm&#233;e une part de sa v&#233;rit&#233;. D'ailleurs, voici le reste de la phrase : &#171; Non, vous ne pourrez rien atteindre qui ne le soit d&#233;j&#224;, parce qu'un homme meurt d'abord, puis cherche sa mort et la rencontre finalement, par hasard, sur trajet hasardeux d'une lumi&#232;re &#224; une autre lumi&#232;re, et il dit donc ce n'&#233;tait que cela &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que dire ? C'&#233;tait un desperado joyeux, voil&#224;. Moi, je ne suis pas un desperado et j'&#233;tais souvent moins joyeux que lui qui savait si bien rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardon, Bernard, pour ma maladresse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2011-10-07_22-15-43-2.jpg?1381173335' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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