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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>La Mousson d'&#201;t&#233; 2026 | Temporairement Contemporain [n&#176;0]</title>
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		<dc:date>2026-08-21T12:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le vendredi 21 ao&#251;t 2026&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/moussons-d-ete/mousson-2026/" rel="directory"&gt;MOUSSON | 2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/capture_d_e_cran_2026-08-24_a_14.09_48.png?1787573416' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Une semaine durant, &#224; la Mousson d'&#233;t&#233;, pour la quatri&#232;me ann&#233;e, j'&#233;cris le journal du festival en compagnie cette ann&#233;e de La&#235;titia Guichenu. Ici l'&#233;ditorial et le &lt;i&gt;Temporairement Contemporain&lt;/i&gt; du jour.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_17007 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/pdf/visu_26_08_no0_tempo_web.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-08-24_a_14_10.07.png?1787573441' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Temporairement Contemporain &#8226; n&#176;0
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ditorial &#8226; Braver le temps
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il va pleuvoir, dit-on. Apr&#232;s tant de mois de s&#233;cheresse et de feu, voici que le temps change &#8212; celui qu'il fait, d'abord ; et puis celui qui passe, on peut r&#234;ver ; celui enfin, plus r&#233;tif &#224; tout changement, dans lequel nous sommes pris &#8212; ce gros temps qui menace. Alors le mot mousson retrouve, l'espace d'une semaine, son sens : la saison qui bascule et l'eau qui revient quand on avait cess&#233; d'y croire. Une semaine hors du temps : mani&#232;re de nous arracher &#224; l'ordre du jour commun &#8212; moins une soustraction qu'un d&#233;tour par lequel on se donne une chance d'y revenir plus arm&#233;s, l'oreille plus fine et le regard moins recouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le mauvais temps, lui, ne conna&#238;t pas de tr&#234;ve. Le d&#233;sengagement de l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard de la culture n'est jamais un chiffre parmi d'autres : c'est toujours un aveu &#8212; celui de ce qu'une soci&#233;t&#233;, &#224; l'heure des comptes, d&#233;cide de tenir pour superflu. Comme s'il existait, quelque part, un dehors du monde o&#249; l'art pourrait patienter sans dommage que les urgences soient pass&#233;es ; comme si la barbarie ne commen&#231;ait pas pr&#233;cis&#233;ment l&#224;, dans ce tri entre ce qui compte et ce qui ne compte pas encore. On ampute, on referme, on &#233;conomise sur ce qui, d'ordinaire, permet justement de continuer &#224; vivre quand le reste s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me geste, ailleurs, recommence : le monde s'ass&#232;che et se d&#233;robe ; les eaux se retirent ou d&#233;bordent, les corps d&#233;j&#224; fragiles sont les premiers emport&#233;s, les vies d&#233;j&#224; pr&#233;caires les premi&#232;res sacrifi&#233;es &#224; des &#233;quilibres qu'on ne discute plus. Quelque chose, plus loin encore, avance qui a un nom qu'il faut cesser de taire : le fascisme, ou ce qui s'en approche assez pour qu'on renonce &#224; jouer avec les mots. Ce qu'il menace n'est pas seulement des vies, ni seulement des droits : c'est le pari m&#234;me sur lequel toute existence commune repose &#8212; cette &#233;galit&#233; qui ne se prouve jamais une fois pour toutes, mais se v&#233;rifie, sans rel&#226;che, dans chaque geste qui ose encore la mettre &#224; l'&#233;preuve, et que le temps, discordant, ne cesse de remettre en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste, par exemple, prendre place dans un th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la question n'est peut-&#234;tre plus de savoir ce que peut le th&#233;&#226;tre, mais ce qu'on en fait, de ce pouvoir qu'on lui pr&#234;te depuis si longtemps sans jamais tout &#224; fait le v&#233;rifier. Tenir devient la question qui vaut toutes les autres : savoir &#224; quoi l'on tient et comment on le tient, sur quoi et avec qui &#8212; quand ce &#224; quoi l'on tient est justement la premi&#232;re chose qu'on s'emploie &#224; nous arracher. Questions de saison et de mauvais temps, questions de moussons : elles ne se r&#233;pondent pas une fois pour toutes, mais se reposent, chaque ann&#233;e, avec ceux qui reviennent et celles qui arrivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, ailleurs, des f&#234;tes ont d&#251; se r&#233;inventer en quelques jours &#224; peine &#8212; d&#233;placer leurs sc&#232;nes, resserrer leurs programmes, jouer parfois dans des conditions qu'elles n'avaient pas choisies. On voudrait leur dire, depuis ici, que cette obstination-l&#224; nous regarde aussi : que tenir une f&#234;te, un festival, une rencontre, quand tout pousse &#224; y renoncer, est d&#233;j&#224;, en soi, un acte qui nous exc&#232;de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize &#233;critures, cette ann&#233;e, se r&#233;pondent &#224; l'Abbaye des Pr&#233;montr&#233;s, du 21 au 27 ao&#251;t &#8212; treize, comme on brave le sort plut&#244;t qu'on ne le craint. Venues d'Australie, du Qu&#233;bec, de Belgique, d'Allemagne, de Serbie, de Catalogne, du Portugal, de Croatie, d'Autriche, d'Italie, de Russie et de France, elles portent une g&#233;n&#233;ration de dramaturges europ&#233;en&#183;nes pour beaucoup in&#233;dite ici. On y verra l'effondrement du climat moins comme sujet que comme d&#233;cor concret du vivre ; la violence faite aux femmes telle que les institutions savent si bien la nier ou la requalifier ; nos solitudes contemporaines et les dispositifs qui pr&#233;tendent y rem&#233;dier et les amplifient ; le deuil, et comme il est impossible ; et partout ou presque, cette question qui ne se referme jamais : qui raconte l'histoire de qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de lecture qui a choisi ces textes compte, cette ann&#233;e, une absence : celle de Charlie Nelson, com&#233;dien fervent, lecteur infatigable, dont la voix a longtemps port&#233; celle des autres avant la sienne propre, et qui manque &#224; cette Mousson comme manquerait au milieu d'une phrase la voix qui la portait &#8212; nous lirons, cette ann&#233;e encore, un peu avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize lectures, donc, deux cr&#233;ations hors les murs, des cabarets et des conversations &#8212; l'une sur ce que veut dire &#233;diter le th&#233;&#226;tre aujourd'hui, l'autre port&#233;e par de jeunes autrices des Balkans regardant, &#224; leur tour, la sc&#232;ne contemporaine &#8212;, une universit&#233; d'&#233;t&#233;, et une conf&#233;rence o&#249; Olivier Neveux viendra interroger ce que peuvent l'&#233;criture dramatique et la sc&#232;ne par ces mauvais temps nouveaux. Toute la semaine, une attention presque physique se porte au son, &#224; l'&#233;coute, aux voix qu'on invente pour se doubler ou se remplacer soi-m&#234;me &#8212; comme s'il fallait, cette ann&#233;e plus qu'une autre, apprendre &#224; tendre l'oreille avant de reprendre la parole. Puisque lire, ici, n'est jamais affaire de seule intelligence : le corps y pense autant que l'esprit, et la pens&#233;e elle-m&#234;me, quand on l'&#233;prouve ainsi, &#224; voix haute, devant d'autres, redevient une sensation. Elle dit la joie de se retrouver pour penser ensemble, et se compter : v&#233;rifier, chaque ann&#233;e, combien nous sommes encore &#224; vouloir tenir cela et tenir &#224; cela, avant d'affronter, dehors, ce qui nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas impuissants ; nous ne sommes pas d&#233;munis : nous ne sommes pas seuls. Nous avons pour nous la charge des mots et le d&#233;sir de les tenir, pour mieux leur faire porter ce que le monde, d&#233;sormais, ne dit plus qu'en &#233;touffant. S'il faut, par ces mauvais temps, continuer de parler, nous parlerons de cela m&#234;me et de ces mauvais temps, pour ne pas nous y r&#233;soudre : avec ce monde et contre lui, en ce monde et en d&#233;pit de lui. Nous sommes de ce temps, sur le point de le braver : qu'il pleuve sur l'Abbaye et les Tilleuls, sur les Marronniers et les pages, sur la Moselle et sur le reste &#8212; rien ne sera lav&#233;, ni consol&#233;. Qu'il pleuve. Qu'il vente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Mousson d'&#233;t&#233; 2026 | &#171; Braver le temps &#187;</title>
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		<dc:date>2026-08-21T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Mousson s'ouvre, la Mousson est ouverte. Je reprends ici l'&#233;ditorial que j'ai &#233;crit pour le num&#233;ro 0 du journal Temporairement Contemporain qui accompagne le Festival, ses lectures et ses rencontres. &#201;ditorial &#8226; Braver le temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Il va pleuvoir, dit-on. Apr&#232;s tant de mois de s&#233;cheresse et de feu, voici que le temps change &#8212; celui qu'il fait, d'abord ; et puis celui qui passe, on peut r&#234;ver ; celui enfin, plus r&#233;tif &#224; tout changement, dans lequel nous sommes pris &#8212; ce gros temps qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/moussons-d-ete/mousson-2026/" rel="directory"&gt;MOUSSON | 2026&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/img_1721.jpg?1787573652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Mousson s'ouvre, la Mousson est ouverte. Je reprends ici l'&#233;ditorial que j'ai &#233;crit pour le num&#233;ro 0 du journal Temporairement Contemporain qui accompagne le Festival, ses lectures et ses rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ditorial &#8226; Braver le temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il va pleuvoir, dit-on. Apr&#232;s tant de mois de s&#233;cheresse et de feu, voici que le temps change &#8212; celui qu'il fait, d'abord ; et puis celui qui passe, on peut r&#234;ver ; celui enfin, plus r&#233;tif &#224; tout changement, dans lequel nous sommes pris &#8212; ce gros temps qui menace. Alors le mot mousson retrouve, l'espace d'une semaine, son sens : la saison qui bascule et l'eau qui revient quand on avait cess&#233; d'y croire. Une semaine hors du temps : mani&#232;re de nous arracher &#224; l'ordre du jour commun &#8212; moins une soustraction qu'un d&#233;tour par lequel on se donne une chance d'y revenir plus arm&#233;s, l'oreille plus fine et le regard moins recouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le mauvais temps, lui, ne conna&#238;t pas de tr&#234;ve. Le d&#233;sengagement de l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard de la culture n'est jamais un chiffre parmi d'autres : c'est toujours un aveu &#8212; celui de ce qu'une soci&#233;t&#233;, &#224; l'heure des comptes, d&#233;cide de tenir pour superflu. Comme s'il existait, quelque part, un dehors du monde o&#249; l'art pourrait patienter sans dommage que les urgences soient pass&#233;es ; comme si la barbarie ne commen&#231;ait pas pr&#233;cis&#233;ment l&#224;, dans ce tri entre ce qui compte et ce qui ne compte pas encore. On ampute, on referme, on &#233;conomise sur ce qui, d'ordinaire, permet justement de continuer &#224; vivre quand le reste s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me geste, ailleurs, recommence : le monde s'ass&#232;che et se d&#233;robe ; les eaux se retirent ou d&#233;bordent, les corps d&#233;j&#224; fragiles sont les premiers emport&#233;s, les vies d&#233;j&#224; pr&#233;caires les premi&#232;res sacrifi&#233;es &#224; des &#233;quilibres qu'on ne discute plus. Quelque chose, plus loin encore, avance qui a un nom qu'il faut cesser de taire : le fascisme, ou ce qui s'en approche assez pour qu'on renonce &#224; jouer avec les mots. Ce qu'il menace n'est pas seulement des vies, ni seulement des droits : c'est le pari m&#234;me sur lequel toute existence commune repose &#8212; cette &#233;galit&#233; qui ne se prouve jamais une fois pour toutes, mais se v&#233;rifie, sans rel&#226;che, dans chaque geste qui ose encore la mettre &#224; l'&#233;preuve, et que le temps, discordant, ne cesse de remettre en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste, par exemple, prendre place dans un th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la question n'est peut-&#234;tre plus de savoir ce que peut le th&#233;&#226;tre, mais ce qu'on en fait, de ce pouvoir qu'on lui pr&#234;te depuis si longtemps sans jamais tout &#224; fait le v&#233;rifier. Tenir devient la question qui vaut toutes les autres : savoir &#224; quoi l'on tient et comment on le tient, sur quoi et avec qui &#8212; quand ce &#224; quoi l'on tient est justement la premi&#232;re chose qu'on s'emploie &#224; nous arracher. Questions de saison et de mauvais temps, questions de moussons : elles ne se r&#233;pondent pas une fois pour toutes, mais se reposent, chaque ann&#233;e, avec ceux qui reviennent et celles qui arrivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, ailleurs, des f&#234;tes ont d&#251; se r&#233;inventer en quelques jours &#224; peine &#8212; d&#233;placer leurs sc&#232;nes, resserrer leurs programmes, jouer parfois dans des conditions qu'elles n'avaient pas choisies. On voudrait leur dire, depuis ici, que cette obstination-l&#224; nous regarde aussi : que tenir une f&#234;te, un festival, une rencontre, quand tout pousse &#224; y renoncer, est d&#233;j&#224;, en soi, un acte qui nous exc&#232;de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize &#233;critures, cette ann&#233;e, se r&#233;pondent &#224; l'Abbaye des Pr&#233;montr&#233;s, du 21 au 27 ao&#251;t &#8212; treize, comme on brave le sort plut&#244;t qu'on ne le craint. Venues d'Australie, du Qu&#233;bec, de Belgique, d'Allemagne, de Serbie, de Catalogne, du Portugal, de Croatie, d'Autriche, d'Italie, de Russie et de France, elles portent une g&#233;n&#233;ration de dramaturges europ&#233;en&#183;nes pour beaucoup in&#233;dite ici. On y verra l'effondrement du climat moins comme sujet que comme d&#233;cor concret du vivre ; la violence faite aux femmes telle que les institutions savent si bien la nier ou la requalifier ; nos solitudes contemporaines et les dispositifs qui pr&#233;tendent y rem&#233;dier et les amplifient ; le deuil, et comme il est impossible ; et partout ou presque, cette question qui ne se referme jamais : qui raconte l'histoire de qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de lecture qui a choisi ces textes compte, cette ann&#233;e, une absence : celle de Charlie Nelson, com&#233;dien fervent, lecteur infatigable, dont la voix a longtemps port&#233; celle des autres avant la sienne propre, et qui manque &#224; cette Mousson comme manquerait au milieu d'une phrase la voix qui la portait &#8212; nous lirons, cette ann&#233;e encore, un peu avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize lectures, donc, deux cr&#233;ations hors les murs, des cabarets et des conversations &#8212; l'une sur ce que veut dire &#233;diter le th&#233;&#226;tre aujourd'hui, l'autre port&#233;e par de jeunes autrices des Balkans regardant, &#224; leur tour, la sc&#232;ne contemporaine &#8212;, une universit&#233; d'&#233;t&#233;, et une conf&#233;rence o&#249; Olivier Neveux viendra interroger ce que peuvent l'&#233;criture dramatique et la sc&#232;ne par ces mauvais temps nouveaux. Toute la semaine, une attention presque physique se porte au son, &#224; l'&#233;coute, aux voix qu'on invente pour se doubler ou se remplacer soi-m&#234;me &#8212; comme s'il fallait, cette ann&#233;e plus qu'une autre, apprendre &#224; tendre l'oreille avant de reprendre la parole. Puisque lire, ici, n'est jamais affaire de seule intelligence : le corps y pense autant que l'esprit, et la pens&#233;e elle-m&#234;me, quand on l'&#233;prouve ainsi, &#224; voix haute, devant d'autres, redevient une sensation. Elle dit la joie de se retrouver pour penser ensemble, et se compter : v&#233;rifier, chaque ann&#233;e, combien nous sommes encore &#224; vouloir tenir cela et tenir &#224; cela, avant d'affronter, dehors, ce qui nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas impuissants ; nous ne sommes pas d&#233;munis : nous ne sommes pas seuls. Nous avons pour nous la charge des mots et le d&#233;sir de les tenir, pour mieux leur faire porter ce que le monde, d&#233;sormais, ne dit plus qu'en &#233;touffant. S'il faut, par ces mauvais temps, continuer de parler, nous parlerons de cela m&#234;me et de ces mauvais temps, pour ne pas nous y r&#233;soudre : avec ce monde et contre lui, en ce monde et en d&#233;pit de lui. Nous sommes de ce temps, sur le point de le braver : qu'il pleuve sur l'Abbaye et les Tilleuls, sur les Marronniers et les pages, sur la Moselle et sur le reste &#8212; rien ne sera lav&#233;, ni consol&#233;. Qu'il pleuve. Qu'il vente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Mousson d'&#233;t&#233; 2026 | Un programme</title>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/moussons-d-ete/mousson-2026/article/la-mousson-d-ete-2026-un-programme</link>
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		<dc:date>2026-08-10T12:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ces jours se tiennent, &#224; l'Abbaye des Pr&#233;montr&#233;s de Pont-&#224;-Mousson, la 32e Mousson. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la quatri&#232;me ann&#233;e, je tiendrai le journal du Festival, Temporairement Contemporain, cette ann&#233;e de nouveau avec Laetitia Guichenu : chemins de lecture et entretiens, des notes, et &#8211; encore &#8211; ce qu'on essaie de retenir de ces jours, la nuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, le programme est l&#224;.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/moussons-d-ete/mousson-2026/" rel="directory"&gt;MOUSSON | 2026&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ces jours se tiennent, &#224; l'Abbaye des Pr&#233;montr&#233;s de Pont-&#224;-Mousson, la 32e Mousson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la quatri&#232;me ann&#233;e, je tiendrai le journal du Festival, &lt;i&gt;Temporairement Contemporain,&lt;/i&gt; cette ann&#233;e de nouveau avec Laetitia Guichenu : chemins de lecture et entretiens, des notes, et &#8211; encore &#8211; ce qu'on essaie de retenir de ces jours, la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, le programme est l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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