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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>nocturne # 1 </title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;j'ouvre les yeux soudain&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;J'ouvre les yeux, soudain. Je ne sens rien. Je touche ma paupi&#232;re, l'autre. Comme si en ouvrant les yeux, j'avais arrach&#233; des fils cousus &#224; mes cils. Je dessine avec le bout de mes doigts la trace de la douleur. Je poursuis son chemin le long du cr&#226;ne jusqu'aux tempes, battues jusqu'&#224; l'affolement. Je ne sais pas o&#249; je suis ; peut-&#234;tre dans un immeuble. Il fait nuit. Ou peut-&#234;tre plein jour. Comment savoir : aux murs, les fen&#234;tres closes derri&#232;res des volets lourds de cette pi&#232;ce (pi&#232;ce vide, vide jusqu'&#224; l'&#233;touffement) ne laissent rien passer. Je me l&#232;ve - je ne regarde pas je me l&#232;ve je ne peux pas fermer les yeux sans marcher je me l&#232;ve - et m'en vais. Je passe une porte. Puis une autre, une autre encore : des dizaines et derri&#232;re chacune, des couloirs comme un h&#244;tel, un paquebot de cent &#233;tages ; je descends des escaliers, m'engouffrent dans les couloirs, les &#233;tages infinis : et partout les fen&#234;tres mur&#233;es, le silence travers&#233; de pi&#233;tinements confus, au loin, plus bas, ou plus haut ; je vais et mes yeux continuent de s'ouvrir peu &#224; peu, de s'habituer &#224; la douleur qui m'arrache du sang, et me couvre la vue - la douleur s'en va, je continue ; les couloirs ne cessent pas - les pi&#233;tinements au loin se font plus nets.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>nocturne # 2 </title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;je traverse des couloirs vides&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/2008-nocturnes/" rel="directory"&gt;36. nocturnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je traverse des couloirs vides les uns apr&#232;s les autres, passe entre des murs croulants plus ou moins larges, un marron gris presque ocre tapisse partout le pl&#226;tre effiloch&#233; ; les plafonds tombent par endroits, il faut &#233;viter de tr&#233;bucher sur les pans de murs effondr&#233;s qui jonchent le sol. Soudain, en tournant le coin d'un couloir plus large qu'un autre, comme un attroupement, mais silencieux, et attendant l&#224; sans bruit : une file d'hommes, costumes et chapeaux, et comme devant un magasin ferm&#233; attendant l'ouverture, attendant comme chez le m&#233;decin son tour d'y passer, mais debouts, immobiles, silencieux ; attendant - des dizaines d'hommes, l'un derri&#232;re l'autre, ou presque, et jusqu'au bout d'un couloir dont pr&#233;cis&#233;ment je ne vois pas le bout. En quinconce, ces hommes attendent comme un rendez vous. Une salle d'attente interminable d&#233;borde jusque dans le couloir ; o&#249; commence la file &#8211; je ne vois pas de porte o&#249; il s'agirait d'entrer. Je voudrais interroger l'un d'eux mais rien ne sort de ma bouche ; les silhouettes ne bougent pas, ne parlent pas, se tiennent debout ; attendant, demeurant, respirant l&#224; sans doute depuis des heures l'attente qui se prolonge ;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>nocturne # 3 </title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;il me semble que&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que la file grossit &#224; vue d'oeil sans que j'aper&#231;oive l'endroit d'o&#249; l'on vient, ni qui vient. Je me faufile entre les corps immobiles, somnambules chauds attendant la porte invisible qui ne s'ouvre pas. Personne ne dit rien. J'avance. N'arrive pas &#224; lever les yeux et voir les visages ; ne per&#231;ois que les corps, les troncs ; les jambes ; les pieds ; leurs chaussures cir&#233;s noirs impeccables et arrim&#233;s au sol comme jamais. Me faufile, j'emprunte d'autres couloirs. La file se poursuit. Je continue. Il y en a d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>nocturne # 4 </title>
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		<dc:date>2008-07-15T15:49:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;quand je monte&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/2008-nocturnes/" rel="directory"&gt;36. nocturnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quand je monte, quand je descends, toujours ces files d'hommes, costumes propres et sombres sur chemises blanches, et je ne peux regarder leur visage, ma t&#234;te viss&#233;e au sol ne pouvant voir que leur tronc, hommes troncs sans visage sur des kilom&#232;tres de couloirs dans cet immeuble de long en large parcouru comme d'une seule glissade. Sur la droite soudain, un couloir plus vide qu'un autre, un couloir avec un homme seul, un homme grand et droit comme tous les autres, aussi grand et droit que tous les autres - debout seul au milieu de ce couloir ni plus grand ni plus enfonc&#233; dans le r&#234;ve que les autres. Un homme seul - et &#224; c&#244;t&#233; de lui, cette porte entr'ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>nocturne # 5 </title>
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		<dc:date>2008-07-14T15:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;la porte entr'ouverte&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/2008-nocturnes/" rel="directory"&gt;36. nocturnes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La porte entr'ouverte ne laisse passer qu'un rayon de lumi&#232;re &#233;chou&#233; aux pieds de ce type immobile comme les autres, droit, valise &#224; la main, costume noir sans pli. Je pousse la porte comme on ouvre un ventre, sans vraiment regarder la douleur qu'on est s&#251;r d'y trouver - sur le lit, draps d&#233;faits par la nuit, l'ombre chaude de son corps &#224; elle &#233;vanouie ; et sur le mur, crevasses allong&#233;es, mon ombre &#224; moi sans forme et sans d&#233;sir - &#224; la fen&#234;tre, le jour lev&#233; depuis longtemps d&#233;j&#224; sur le point de dispara&#238;tre du cadre. La nuit a dur&#233; jusqu'ici et je vais me r&#233;veiller. Je regarde juste mon corps encore &#233;tendu dans le sommeil, seul maintenant qu'elle est partie, et je compte les respirations comme les moutons tomb&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; du trou, et qui s'entassent. A cinq je me r&#233;veille. A dix, j'oublierai tout.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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