Ce navire à l’ancre tu peux couper la corde, à quoi sert-elle, quelles attaches, pour quels larges, les larges sont désirables tant qu’on les approche, une fois en eux, ce ne sont que des attaches de plus desquelles se défaire pour quels larges de nouveau — pensais-je alors dans ce milieu moite de la nuit noyée sous cette vie morte, absente, au pli régulier de la nuit où l’on respire sans s’apercevoir que l’on dort, finalement, moins d’épuisement que par habitude : et je me suis endormi, (…)
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Articles
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ce navire à l’ancre
13 septembre 2011, par arnaud maïsetti -
louange à l’équinoxe
23 septembre 2014, par arnaud maïsettiMoment donné où le soleil, passant à l’équateur, rend les jours égaux aux nuits dans tous les pays du monde. L’équinoxe du printemps. L’équinoxe d’automne. Au passage, la Place Castellane, furtive ou imprécise, semble bouger dans le soir qui tombe plus rapidement que moi, ce soir — et avec cette lumière, tous ces jours ensemble soudain. Ne pas les avoir écrits les préserve, je le sais — je le désire aussi. Du mois traversé, comme je fais le tour de cette place avec le sentiment que je fais (…)
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Camera obscura (les courses vives)
30 janvier 2014, par arnaud maïsettiCette phrase écrite il y a plusieurs jours sur une page de l’ordinateur, que je retrouve ce soir :
« Là où il y a un espace entre le sol des humains et les murs des humain, nous allons dans des courses vives à la recherche de nourriture ou de nos semblables »
Aucun souvenir de l’avoir écrite, de l’avoir lue, de l’avoir traversée en moi — et cependant ce soir, sa justesse qui foudroie.
Peut-être à cause du temps dehors et du temps passé à l’avoir perdu aujourd’hui, la colère : dehors, (…) -
André Breton | Cet événement (du travail comme valeur morale)
6 février 2023extrait de Nadja
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le temps aura passé (comme une déchirure)
19 août 2013, par arnaud maïsettiNoyer le présent. Nous sommes les poissons de l’air.
Georges Perros, Papiers collés
Dans l’air, la possibilité arrêtée de ce qui va venir, la possibilité des autres qui autour s’éloignent, il est si tard, le matin n’a déjà plus dans le ciel trace de lune ou d’étoile, un seul nuage posé justement entre moi et le soleil, fatalement, arbitrairement, cette phrase qui se laisse écrire pour laisser croire qu’il n’y aura qu’une seule phrase, qu’un seul moment pour la fixer alors qu’elle est (…) -
pas de souvenirs
22 juillet 2010, par arnaud maïsettiRemembering (Avishai Cohen — ’as is...live at the blue note’, 2007) Pas de souvenirs, seulement des projets : ça pourrait faire le programme de toute une vie ; ça pourrait suffire pour rendre acceptable toute une vie. Oui.
Travailler à n’avoir aucun souvenirs, c’est un vieux rêve (et il faut beaucoup de mémoire pour rejeter le souvenir) — c’est une digne tâche : chercher seulement les trajectoires, intercepter les lumières, se mettre en travers de soi : truquer les règles de l’échiquier. (…) -
Galerie Mazarine et labyrinthes
24 mai 2015, par arnaud maïsettiEt leurs caboches vont dans des roulis d’amour.
Rimb.
Il faut entrer par une petite porte, ouvrir son sac, prouver qu’on n’est pas là pour déposer une bombe. Passer un sas, un autre, montrer à chaque fois une carte, une autre. Justifier ce qu’on fait là. On passe finalement. Les bâtiments en pierre rendus invisibles par des algecos provisoires, mais là depuis toujours ; la rumeur des travaux (le chantier est partout, invisible et lointain) ; les corps allongés, cigarette café téléphone, (…) -
Aragon | « Ce printemps des cimetières qu’on appelle l’avenir »
20 janvier 2014, par arnaud maïsettiEt surtout de ce qui va naître de nous
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premier ciels
29 octobre 2016, par arnaud maïsettiL’air et le monde point cherchés. La vie.
Rimb. Bob Dylan, Forever Young
du 26 octobre, ce premier ciel – et d’une nuit à l’autre jusqu’à ce soir sans sommeil, jour qui aura duré ces cinq jours d’un seul tenant ; retrouver trace des derniers jours sans souvenir en regardant les images prises à ce qui m’entoure : ce ciel du 26, le premier, que j’ai regardé longtemps en sortant pour mesurer cette vie passée et vers quoi elle allait : jeter un regard au ciel au nom de ce ciel seul, et de (…) -
La ville écrite | la vie est partie
11 février 2019, par arnaud maïsetticours lui après
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légendes urbaines #3
10 novembre 2013, par arnaud maïsettiune semaine dans la ville — reprise des images déposées sur twittpic — semaine du 4 au 10 novembre 10 novembre 9 novembre
18h29 — la Preuve
10h20 — le soleil Narcisse
09h42 — vérification de présence du dehors 8 novembre
08h17 — mes mains sont des moufles #2
08h16 — mes mains sont des moufles #1 7 novembre
10h54 — Un jour nous serons vieux, et nous nous souviendrons de toutes les histoires qu’on se racontait alors
09h37 — les hurlements des enfants
09h36 — à la (…) -
Rimbaud, une vie | Prologue. L’inavouable désir
4 août 2016, par arnaud maïsettiPrologue. L’inavouable désir
Et l’impossible tâche -
en attendant le bateau (folie des assauts)
26 août 2013, par arnaud maïsettiIl n’y a que l’eau, les femmes et la mort, qui nous prennent dans notre nudité. Nous changent.
G. Perros
La rentrée comme une grande retraite au large. Dans les regards des gens, je le voyais, c’était aujourd’hui : aujourd’hui qu’on concéderait sa vie à la vie réelle. Me suis assis au même café, au même endroit, à la même table, repris la ligne là où je l’avais laissée hier, l’ai tirée là où je l’ai pu ce soir, là où je la reprendrai demain matin ; j’avais oublié qu’il pouvait faire (…) -
comme d’un mort son visage
4 octobre 2010, par arnaud maïsettiDeath to birth (Michael Pitt, ’Last Days’)
Narcisse fut heureux, mourant sur la fontaine, Abusé du mirouër de sa figure vaine : Au moins il regardoit je ne sçay quoy de beau.
L’erreur le contentoit, voyant la face aimée : Et la beauté que j’aime, est terre consumée. Il mourut pour une ombre ; et moy pour un tombeau. Ronsard, Sur la mort de Marie
N’approcher cela qu’avec la plus infime prudence ; on risquerait plus que soi. Ne parler ni du mort ni du visage, ni de ses dernières (…) -
mille passus meare (désormais)
25 février 2014, par arnaud maïsettiMarcher, ce n’est que tomber, un pas après l’autre, une jambe après l’autre lancer pour interrompre le déséquilibre. Aller, ce n’est rien d’autre que retarder la chute qui n’aura pas lieu. Devant la fontaine s’arrêter et les deux pieds posés sur le sol, attendre que la terre tourne encore un peu, à sa vitesse qui nous emporte sans qu’on s’en rende compte, amoureusement, et sentir contre soi non pas l’instant qui s’échappe, mais celui qui va venir, c’est certain, qui est déjà là, bientôt. (…)
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où tout plonge, abandonne-toi
7 avril 2015, par arnaud maïsettiÉcoute en abandon et le son et l’ombre du son dans la conque de la mer où tout plonge.
Victor Segalen
Cette pensée : qu’on ne pense pas assez à l’abandon ; on l’imagine comme renoncer au mouvement, ou plutôt se laisser emporter par sa propre faiblesse – cette image aperçue hier à l’écran, un skieur dévale la pente, poursuivie par une avalanche, il tombe, se redresse, peut repartir, regarde derrière lui, voit la furie de la neige le rejoindre, et la regarde une seconde de trop peut-être, (…) -
fuir la peste, organiser les rencontres,
5 juin 2019, par arnaud maïsetti6 juin 2019
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Aut viam inveniam aut faciam (un trajet)
14 février 2014, par arnaud maïsettiPour me souvenir de ce jour, je n’ai rien d’autre : quelques images prises à la volée du ciel, en passant vite entre deux portes, deux heures, deux moments où la ville s’ouvre et où je m’engouffre, je crois que c’est cela : une brèche.
Je suis la brèche elle-même, et le mouvement en elle, et la force d’en retenir quelques fragrances, quelques épars dans l’étoilement des choses, la lapidation des regrets, et sur tout cela pèse comme le sentiment de ce qui passe, et ne reviendra plus, et (…) -
Henri Michaux | Moments
22 décembre 2015, par arnaud maïsettiéclats
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d’une saison l’autre, oubli, ravage
22 septembre 2016, par arnaud maïsetti22 septembre
