ces voix
6 août 2006





Ces voix n’ont pas de parole à laquelle se rattacher, ou de figure à dessiner dans le noir pour exister. Je ne leur appartiens pas, et au juste, sont-elles ma voix, des instants de ma voix, sont-elles des fragments éparpillés de ma voix dont par éclats, je discerne les élans. Non. Ces voix inventent la mienne, et je suis sans doute ce qu’elles désirent le moins. De leur sortie, elles n’ont qu’une mince appréhension. Ce qu’elles produisent, c’est l’instant de leur effacement, toujours entrepris, toujours recommencé, toujours débordé dans la voix qui la précède, et dans celle qui la suit. Ce qu’elles épuisent, c’est les contours d’un visage désiré – non pas le mien vraiment, plutôt celui qui leur appartient en propre. Ces vois ne tissent pas un faisceau cohérent d’intentions : mais des trouées de sens qu’elles dégagent, elles voudraient s’emparer d’un visage comme d’un masque, et sous un cri, le défigurer.


arnaud maïsetti - 6 août 2006

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu