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4 janvier 2010


De n’être tenu par aucune identité : ni sociale, ni nationale : et ni morale, ni rien ; de n’avoir pas d’adresse ; d’occuper le temps depuis le matin sans réveil jusqu’à épuisement du dossier le soir ; de n’avoir besoin que de six heures la nuit : et pas de compteur pour le jour ; d’avoir pour seul rêve de confort, une table où poser des livres, une autre pour écrire leur lecture (et de la musique pour faire passer l’énergie de l’une à l’autre table) — et une fenêtre, avec vue sur les toits : et une porte, donnant sur une rue, et les visages vers lesquels aller, partager la rue, le temps qui la fait passer d’un trottoir à l’autre : et qu’on échangerait bien plus que le temps ;

Dans le reflet de mes désirs, de mes seules revendications à la réalité pour que je l’accepte — et pour que je l’autorise à me passer sur le corps — je ne vois rien de plus ; pour l’année qui vient, j’ajouterai seulement : soifs, au-dehors comme au-dedans ; et soifs encore pour tout ce qui pourrait servir à faire barrage aux formes d’identité, d’adresse, de fatigue de toute sorte.

Sur la façade de verre, les corps ne bougent pas, ils restent assis à leur bureau à l’intérieur, mais on voit de temps en temps, remuées par le vent, des longues branches sans raisons vibrer la surface, dessiner d’étranges rêves sur les peaux du réel. Belle leçon. Alors, comme on visite en esprit les chairs passées de nos vies, s’agira de trouver au-devant de soi les mouvements de ce dehors qui vient troubler et renouveler les plaques trop immobiles du temps.

arnaud maïsetti - 4 janvier 2010

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